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Soral ment sur les viols : la preuve par les chiffres officiels

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-07
Illustration: Soral ment sur les viols : la preuve par les chiffres officiels
© YouTube

Le multirécidiviste en fuite continue de propager ses mensonges

Alain Soral — 68 ans, né le 2 octobre 1958 à Aix-les-Bains — est un idéologue d'extrême droite franco-suisse. Actuellement en fuite en Russie pour échapper aux justices française et suisse, il cumule les condamnations pour antisémitisme, négationnisme, homophobie. (source: Wikipedia)

Pourtant, il continue. Entre deux procédures, il produit des vidéos. Dans l'une d'elles, il s'attaque aux femmes. Aux victimes. Aux chiffres.

Et ça fonctionne.

Ses vidéos, devenues payantes en 2014, « ont rapporté 15 538 euros en août 2014 et 12 256 euros sur les 5 premiers jours de septembre de la même année », selon StreetPress. Son empire médiatique — Égalité & Réconciliation, la société Culture pour tous — génère des revenus substantiels. En 2012, la société a déclaré un chiffre d'affaires de 640 400 euros pour un résultat net de 64 300 euros. (source: Wikipedia)

Soral possède 80 % des parts de Culture pour tous, gérée par Julien Limes, secrétaire d'Égalité et Réconciliation. Une machine bien huilée pour diffuser la haine.

Mais concentrons-nous sur son dernier mensonge.

Le travail des femmes : un piège capitaliste ?

Dans une vidéo récente, Soral affirme : « Le féminisme, c'est la réduction psychologiste du politique. » Il développe : « La vraie femme balaise, c'est celle qui dit “Moi, j’échappe au travail, je me fais entretenir par un mec”. »

Traduction : les femmes ne devraient pas travailler. Travailler serait une « arnaque capitaliste ». Rester dépendante financièrement d'un homme serait la liberté.

C'est absurde. Les femmes ont toujours travaillé. Au XIXe siècle, plus de la moitié des femmes travaillaient dans les usines textiles, les fermes, les commerces familiaux. Sans salaire. Sans droits. Sans indépendance.

Ce que Soral ignore — ou feint d'ignorer — c'est que l'indépendance financière est la clé pour échapper aux violences conjugales. Une femme sans revenus ne peut pas partir. Elle reste. Elle subit.

En France, près d'une femme sur quatre a déjà subi des violences économiques de la part de son conjoint. Interdiction d'avoir un compte bancaire. Contrôle des dépenses. Détournement de revenus. Parmi elles, 36 % ont eu des difficultés à se nourrir, à assurer les dépenses d'hygiène essentielles, à accéder aux soins médicaux.

Soral invite les femmes à la dépendance. Il le sait. Il le fait sciemment.

Nous Toutes accusées de manipulation

Soral attaque ensuite le collectif Nous Toutes. Selon lui, le chiffre de « un viol ou une tentative toutes les 2 minutes 30 » serait un mensonge. Une manipulation. Un « complot des féministes propagandistes ».

Il affirme : « Ce chiffre vient de Nous Toutes qui a pris tous les chiffres des violences physiques, c'est-à-dire n'importe quel contact physique indésiré comme taper sur le cul, des bisous. » Il ajoute : « Ils ont décidé que c'était toutes des femmes et tous des viols avec de bons féministes propagandistes. »

Deux accusations. Deux mensonges.

Premièrement, le chiffre ne porte pas sur « toutes les violences physiques ». Il porte exclusivement sur les viols et les tentatives de viol. Deuxièmement, il ne concerne que les femmes — pas les hommes. Les données sont issues du ministère de l'Intérieur. Pas d'une « propagande ».

C'est là que ça devient intéressant.

Le calcul qui détruit la théorie du complot

Reprenons depuis le début. Les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur pour 2021 sont :

  • 58 000 femmes victimes d'au moins un viol
  • 89 000 femmes victimes d'au moins une tentative de viol

Soit 147 000 victimes minimum.

Mais Soral confond nombre de victimes et nombre d'actes. Une femme peut être victime plusieurs fois dans l'année. C'est ce qu'on appelle la multivictimation.

L'étude sur la multivictimation (2021-2022) révèle que 40 % des femmes victimes de viol le sont au moins trois fois dans l'année. Pour les tentatives, c'est 44 %. Viol conjugal compris — près d'un viol sur deux. Quand on vit avec son agresseur, le risque de récidive est permanent.

Le calcul devient alors :

  • 40 % des 58 000 femmes victimes de viol → au moins deux viols chacune
  • 44 % des 89 000 femmes victimes de tentative → au moins deux tentatives chacune

Résultat : 209 360 viols ou tentatives de viol en 2021.

Soit 573 par jour. Soit un viol ou une tentative toutes les 2 minutes 30.

CQFD.

Les chiffres sont dans le rapport du ministère de l'Intérieur. Les pourcentages de multivictimation sont dans l'étude officielle. Nous Toutes n'a rien inventé. Rien gonflé.

La multivictimation, angle mort du déni

Soral refuse de comprendre la multivictimation. Pourtant, le phénomène est documenté. Il est même central dans la compréhension des violences sexuelles.

Une femme violée par son conjoint ne l'est pas une fois. Elle l'est des dizaines, parfois des centaines de fois. Chaque acte est un viol. Chaque acte compte.

L'étude de 2021-2022 précise que les femmes sont considérées comme multivictimes « dès lors qu'elles ont subi trois fois ou plus ce même fait entre 2021 et début 2022 ». Trois fois minimum. Le calcul de Nous Toutes est donc conservateur. Il sous-estime très probablement la réalité.

Pourquoi Soral ment-il ?

Parce que reconnaître l'ampleur des violences sexuelles, c'est reconnaître la nécessité des luttes féministes. C'est reconnaître que les femmes ont besoin de protection. De lois. De moyens. Tout ce qu'il combat.

Soral ne se trompe pas. Il sait ce qu'il fait.

Il mente pour maintenir un système patriarcal où les femmes sont dépendantes, vulnérables, silencieuses. Il mente pour que ses partisans continuent de croire que les féministes sont des « propagandistes ». Il mente pour éviter la case prison, en Russie.

Viol conjugal : la statistique que Soral ignore

Le viol conjugal représente près d'un viol sur deux. C'est une donnée qui explose le taux de multivictimation. Pourquoi ? Parce que la victime vit avec son agresseur. Elle ne peut pas fuir. Elle ne peut pas se cacher. Elle est violée régulièrement, parfois quotidiennement.

Soral, qui prône le retour de la « femme entretenue par son mari », encourage directement ce système. La dépendance financière est le terreau de l'emprise. Et l'emprise, c'est la porte ouverte aux violences. À tous les types de violences.

Le manque d'autonomie financière est l'une des principales raisons pour lesquelles les femmes restent avec un conjoint violent. Les chiffres le prouvent. La logique aussi.

Mais Soral s'en fout.

Ce qu'il veut, c'est que les femmes restent à la maison. Sous la coupe d'un homme. Sans salaire. Sans recours. Sans voix.

Voilà le projet politique derrière ses « théories antiféministes ». Ce n'est pas une blague. Ce n'est pas de la provocation. C'est un programme.

Où est l'argent de Soral ?

Pendant qu'il ment sur les viols, Soral continue d'engranger. Ses sociétés génèrent des centaines de milliers d'euros. Culture pour tous, gérée par Julien Limes, diffuse ses vidéos. Les abonnements payants rapportent gros.

En 2012, la société a déclaré un chiffre d'affaires de 640 400 euros pour un résultat net de 64 300 euros. (source: Wikipedia)

Depuis, les revenus ont augmenté. Les procès aussi. Soral a été condamné des dizaines de fois. Il doit des centaines de milliers d'euros d'amendes et de dommages et intérêts. Il ne paie pas. Il fuit.

Aujourd'hui, il est en Russie. Il continue de produire. De mentir. De nuire.

Et ses victimes — les femmes qu'il insulte, les associations qu'il calomnie, les chiffres qu'il travestit — n'ont pas de recours. La justice française ne peut pas l'atteindre. Il est hors de portée.

Les masculinistes et la guerre des chiffres

Soral n'est pas seul. Il est le parrain d'une mouvance masculiniste qui prospère sur les réseaux sociaux. Des comptes, des chaînes, des forums qui répètent les mêmes mensonges.

Leur méthode est toujours la même :

  • Choisir une statistique gênante
  • L'attaquer sans preuve
  • Accuser les féministes de manipulation
  • Conclure que tout est un complot

Ils jouent sur l'ignorance. Sur la complexité des données. Sur la fatigue informationnelle.

Mais les chiffres sont têtus. Les sources sont publiques. Le ministère de l'Intérieur publie chaque année ses rapports. Les études de multivictimation sont en ligne. Nous Toutes détaille sa méthodologie.

N'importe qui peut vérifier. À condition de le vouloir.

Soral ne veut pas vérifier. Il veut convaincre. Il veut que ses partisans doutent des institutions. Qu'ils rejettent les associations féministes. Qu'ils croient que les violences sexuelles sont un mythe.

C'est un projet politique. Il s'appelle la haine des femmes.

Ce que disent les sources officielles

Le ministère de l'Intérieur, dans son rapport 2021, confirme les chiffres utilisés par Nous Toutes. L'étude sur la multivictimation, réalisée par l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, valide les pourcentages de récidive.

Les sources sont :

  • Ministère de l'Intérieur : 58 000 viols, 89 000 tentatives en 2021
  • Étude multivictimation 2021-2022 : 40 % des victimes de viol sont multivictimes, 44 % pour les tentatives
  • Nous Toutes : calcul vérifié aboutissant à 209 360 actes, soit 573 par jour, soit un toutes les 2 minutes 30

Rien n'est inventé. Tout est vérifiable.

Soral affirme que les chiffres incluent les hommes. Faux. Il affirme qu'ils incluent toutes les violences physiques. Faux. Il affirme que Nous Toutes manipule. Faux.

Trois mensonges. Trois réfutations par les sources officielles.

Alain Soral n'est pas un dissident. C'est un menteur. Un menteur en fuite qui utilise sa notoriété pour nier les violences faites aux femmes.

Pourquoi Le Dossier publie cet article

Parce que le mensonge a des conséquences. Des femmes qui entendent Soral dire que les violences sexuelles sont un « complot féministe » peuvent hésiter à porter plainte. Des conjoints violents peuvent se sentir légitimés. Des victimes peuvent douter de leur propre expérience.

C'est le but. Détruire la parole des femmes. Nier leur souffrance. Maintenir l'ordre patriarcal.

Nous publions les chiffres. Nous publions les sources. Nous publions la vérité.

Soral ment. Les chiffres officiels le prouvent. Les études le confirment. La justice française l'a condamné.

Il est temps que ses partisans arrêtent de le croire.

Il est temps que les femmes arrêtent d'avoir peur.

Il est temps que la vérité l'emporte.

Les violences sexuelles existent. Elles sont massives. Elles sont documentées. 209 360 actes en 2021. Un toutes les 2 minutes 30.

C'est la réalité.

Soral peut fuir en Russie. Il peut continuer à mentir. Il peut encaisser l'argent de ses abonnés crédules.

Les chiffres, eux, restent.

Sources

  • Ministère de l'Intérieur — chiffres 2021 (France)
  • Nous Toutes — calcul multivictimation (2022)
  • StreetPress — enquête sur les revenus de Soral
  • lalsace.fr — information judiciaire pour « faits de viols et d'agressions sexuelles sur mineur »
  • Wikipedia — fiche biographique d'Alain Soral (mise à jour mars 2026)
  • Étude sur la multivictimation — Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (2021-2022)
  • Le Média en 4-4-2 — citation de Soral : « Le féminisme, c'est la réduction psychologiste du politique »

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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