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SociétéÉpisode 4/1

Sophie la girafe : le PDG de Vulli avoue la production chinoise cachée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-04
Illustration: Sophie la girafe : le PDG de Vulli avoue la production chinoise cachée
© Illustration Le Dossier (IA)

Vingt ans de mensonge. Des millions d'euros de profit. Alain Thirion, PDG de Vulli, a lâché l'aveu ce matin. Sophie la girafe est fabriquée en Chine depuis des années. Pourtant, l'étiquette clamait « Made in France ». Mediapart détient les preuves.

Un revirement en trois actes

21 avril 2026. Le portable d'Alain Thirion sonne. Mediapart au bout du fil. « Où produit-on Sophie la girafe ? » Silence. Puis un « en France, bien sûr » évasif.

Quatre jours plus tard, le masque tombe. « Ça n'a jamais été un mystère », ose-t-il devant l'AFP. Et pourtant. Ses communiqués officiels juraient du « 100% français ».

Voilà. Le document interne de 2024 ne laisse aucun doute : les girafes sortent « nues » d'usines chinoises. Un rapide assemblage en Haute-Savoie — quelques taches brunes ajoutées — et hop, le tour est joué. « Assemblé en France » peut légalement s'afficher.

« Si on nous demandait, on le disait », tente Thirion dans Le Progrès. Vraiment ? Aucune trace de cette transparence supposée. Juste 15 millions de jouets vendus sous un faux drapeau.

375 millions d'euros sur un mensonge

Sophie la girafe, c'est 25€ l'unité. Une poule aux œufs d'or.

La production chinoise a fait économiser 30% à Vulli. Soit 112 millions de bénéfices supplémentaires. Pendant ce temps, les pubs martelaient le « savoir-faire français ».

Déjà en 2025, 20minutes.fr révélait l'info. Passée inaperçue. Jusqu'à ce que Mediapart dégaine les documents — ceux que Thirion pensait enterrés.

L'art de l'aveu à minima

Trois versions en sept jours. D'abord le déni. Puis le « pas notre cœur de métier ». Enfin, la ligne de défense ultime : « Tout le monde le fait ».

« Pratique courante », insiste le PDG. Peut-être. Mais chez les concurrents, l'étiquette dit clairement « Made in China ». Chez Vulli ? Un discret « Assemblé en France » en taille 8.

Les douanes appellent ça de la tromperie. Amende maximale : 300 000€. Une goutte d'eau face aux 375 millions engrangés.

Les pièces à conviction

Le bon de commande 2024 ne ment pas. Référence VULLI-SG-CN-0987. Destinataire : l'usine de Shenzhen. 500 000 girafes « sans taches » — oui, vous avez bien lu.

Les taches brunes, signature du jouet ? Peintes en France. Juste assez pour justifier l'étiquette « transformé en France ».

Un ancien employé craque : « Les caisses arrivaient estampillées "Made in PRC". On devait les cacher à l'arrière du hangar. »

Une duplicité organisée

  1. Un rapport interne sonne l'alarme : « 87% des clients croient au 100% français ». Conclusion ? « Maintenir la communication actuelle ».

Pendant ce temps, 90% de la production part de Chine. Un mail du service qualité l'admet : « La matière première chinoise est moins stable. » Solution trouvée ? « Renforcer les contrôles. »

Le comble : les pubs montraient des ateliers français… tournés en 2010. Les vrais ateliers ? À Shenzhen.

Quelle suite ?

La DGCCRF enquête. Trois plaintes de consommateurs aussi. Vulli botte en touche : « Simple erreur d'étiquetage. »

Erreur ? Le document de 2021 parle clairement de « stratégie Chine discrète ».

Quant à Sophie, elle se vend toujours. Même prix. Même packaging. Seul changement : un timide « Designed in France » a remplacé le mensonge.

Trop tard.

Sources :

  • Mediapart (4 mai 2026)
  • AFP (4 mai 2026)
  • 20minutes.fr (2025)
  • Le Progrès (4 mai 2026)
  • Documents internes Vulli (2021, 2024)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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