« On me fait passer pour une folle » : le sexisme ordinaire des casernes

« On me dit que j’exagère, on me fait passer pour une folle. » Une jeune pompier volontaire résume ainsi des années de silence. Les casernes françaises n’échappent pas au sexisme systémique. Dans une enquête vidéo, plusieurs pompières volontaires témoignent de comportements discriminatoires répétés. Remarques dévalorisantes, mise à l’écart, pression psychologique. Le pire ? Aucun dispositif efficace pour signaler ces faits.
Des témoignages qui se ressemblent
La même mécanique revient dans chaque récit. Des jeunes femmes engagées comme sapeurs-pompiers volontaires racontent : des collègues masculins minimisent leur compétence. « On me dit que j’exagère », confie l’une d’elles. Leur parole est tournée en dérision. Le sentiment d’être considérées comme moins capables, moins légitimes — cela les isole. Certaines évoquent une pression psychologique constante. Personne ne les croit. Ou personne ne veut les croire.
Le détail qui tue ? Aucun dispositif interne ne permet de signaler ces agissements sans risquer des représailles. D’après l’enquête, les jeunes pompières se heurtent à un mur : le dossier est « classé sans suite » ou la victime est invitée à « relativiser ».
Un problème chiffré, une réalité étouffée
Le phénomène ne s’arrête pas aux casernes. Selon l’Observatoire des violences faites aux femmes du Var (ovff34.fr), 84 % des femmes déclarent avoir vécu une situation de sexisme – dans les transports, au travail, dans les services publics. Les pompiers ne font pas exception. Pourtant, aucune enquête officielle n’a, à ce jour, quantifié l’ampleur du sexisme dans les SDIS. Les témoignages restent la seule boussole.
Le Service départemental d’incendie et de secours du Vaucluse (SDIS 84) a annoncé le 5 juin 2026 sur son compte X qu’une trentaine de jeunes sapeurs-pompiers volontaires allaient s’engager à compter du 1er juillet. Ces recrues, fraîchement brevetées, rejoignent un corps confronté à une question brûlante. Où est le signal d’alarme ?
Un système qui protège ceux qui n’ont pas besoin de protection
Autre chiffre : selon e‑sante.fr, 63 % des 25‑34 ans déclarent une insatisfaction dans leur vie intime. Mais ici, il ne s’agit pas d’intimité. Il s’agit de respect professionnel. Les jeunes femmes qui portent l’uniforme devraient pouvoir s’attendre à être jugées sur leur compétence, pas sur leur genre.
L’enquête ne cite aucun contre‑témoignage. Les cadres des SDIS interrogés ? Pas de réponse. Les collègues masculins mis en cause ? Pas de version alternative. La présomption d’innocence s’applique. Mais l’absence de démenti laisse un vide.
Voilà la question : combien de « folles » faut‑il croire avant d’admettre qu’elles disent vrai ?
Sources
- Vidéo YouTube « Enquête sur le sexisme chez les pompières volontaires » (lien intégré ci‑dessus, analyse du transcript).
- Données web vérifiées : chiffres du sexisme général (ovff34.fr), statistiques démographiques (e‑sante.fr), annonce SDIS 84 (info.fr).
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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