Sénégal: la chasse aux homosexuels plonge le pays dans la psychose du sida

La loi qui a tout déclenché
Cinq à dix ans de prison. Voilà la peine encourue désormais pour toute relation homosexuelle au Sénégal. L'Assemblée nationale a voté cette loi dans un climat d'homophobie exacerbée. Les arrestations se multiplient. Les réseaux sociaux s'enflamment. Et pourtant, la suite est édifiante.
Pape Chèque Dialo, célèbre animateur sénégalais, a été arrêté en février dernier. Accusé d'"actes contre nature". Soupçonné de transmettre volontairement le VIH. Une première vague de psychose a submergé le pays. Les influenceurs ont publié leurs tests de dépistage. Négatifs, bien sûr. Pour se disculper de toute présomption d'homosexualité ou de séropositivité.
Le médecin accusé
Le 1er avril, un nouveau coup de tonnerre. Un médecin de 38 ans est arrêté à l'aéroport. Soupçonné d'avoir eu des relations sexuelles avec Pape Chèque Dialo. Son nom fuit. Les enquêteurs du web tombent sur son profil LinkedIn. Il n'est pas n'importe quel docteur. C'est un hématologue clinicien. Spécialiste de la transfusion sanguine au CNTS — le Centre National de Transfusion Sanguine.
La panique atteint son paroxysme. Les internautes s'interrogent. Les poches de sang sont-elles contaminées ? Le VIH serait-il volontairement propagé ? Le CNTS publie un communiqué. Chaque unité de sang collectée est systématiquement testée. Pour le VIH, l'hépatite B, l'hépatite C, la syphilis. Les tests sont standardisés. Indépendants des individus.
Les conséquences sanitaires
Le Sénégal a longtemps été un modèle dans la lutte contre le sida. Gratuité des dépistages dès 2004. Accès aux antirétroviraux pour 79% des séropositifs. Mais entre 2010 et 2024, les nouvelles infections au VIH ont augmenté de 36%. Les chercheurs s'inquiètent. Les amalgames se multiplient. Homosexualité et sida sont systématiquement associés.
Les associations tirent la sonnette d'alarme. Les personnes atteintes du VIH ne se font plus dépister. Ne vont plus chercher leurs traitements. Le climat est anxiogène. La chasse aux homosexuels dissuade toute démarche médicale. La psychose a des conséquences dramatiques. La santé publique est en danger.
La pénurie de sang
Le CNTS alerte sur une pénurie de sang. Classique en post-Ramadan. Les dons ont légèrement augmenté en 2025. Mais ils restent insuffisants. Le Sénégal a besoin de 180 000 poches par an. Toute poche non conforme est immédiatement détruite. Les tests biologiques sont rigoureux. Mais la confiance est ébranlée. Les rumeurs persistent.
Les réactions politiques
Les personnalités publiques saisissent la justice. Pour faire cesser les atteintes à leur réputation. Les appels au calme se multiplient. Mais la loi répressive reste en place. Les arrestations continuent. La psychose ne retombe pas. Le gouvernement joue avec le feu. La santé publique est prise en otage.
Cette affaire commence ici. À suivre.
Sources
- Communiqué du CNTS
- Loi sur la transfusion sanguine en 2020
- Profil LinkedIn du médecin arrêté
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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