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JusticeÉpisode 4/3

Sciences Po Aix : les rois de l'arnaque aux diplômes condamnés définitivement

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-27
Illustration: Sciences Po Aix : les rois de l'arnaque aux diplômes condamnés définitivement
© Illustration Le Dossier (IA)

Un an et demi avec sursis. Neuf mois avec sursis. Douze ans après les premières révélations, les anciens dirigeants de Sciences Po Aix viennent de signer leur reddition judiciaire. Douze ans de déni. L'argent des diplômes bidons les rattrape enfin — et leur échappe définitivement.

La capitulation surprise

26 mars 2026 : Christian Duval lâche prise. Cinq jours avant l'audience en appel, l'ex-directeur de Sciences Po Aix renonce soudain à contester sa condamnation. Stéphane Boudrandi, son adjoint, capitule dans l'heure.

Pourquoi ce revirement ? Les preuves s'accumulaient depuis 2014, quand Mediapart et Marsactu avaient levé le voile sur le scandale. Des centaines d'étudiants diplômés sans avoir suivi un seul cours — certains sans même avoir foulé le campus. "C'est là que ça devient intéressant." Les frais de scolarité, eux, avaient bel et bien été encaissés.

Le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence avait statué en 2025 : 1,5 an avec sursis pour Duval, 9 mois pour Boudrandi. Des peines dérisoires au regard de l'ampleur de l'escroquerie.

2014 : l'année où tout s'effondre

Christian Duval dirigeait Sciences Po Aix depuis 2002. Stéphane Boudrandi jouait les bras droits. Ensemble, ils avaient mis au point un système implacable.

Des étudiants étrangers — surtout chinois — payaient jusqu'à 15 000 euros par an. En échange ? Rien. Pas de cours, pas d'examens. Juste un diplôme estampillé "Sciences Po".

Les montants exacts restent flous, mais parlons clair : on est loin de la simple erreur comptable. Les enquêteurs ont retrouvé la trace de virements suspects, de comptes offshore, de dépenses personnelles financées par l'argent des étudiants fantômes.

Et pourtant. Douze ans auront été nécessaires pour que la justice prononce un verdict définitif.

Pourquoi avoir tant attendu ?

Douze longues années.

Les anciens dirigeants ont tout tenté : procédures dilatoires, appels multiples, pressions sur les témoins. Le 26 mars 2026, face à l'étau qui se resserrait, ils ont finalement jeté l'éponge. Leurs avocats ont invoqué l'épuisement. La réalité ? Ils savaient les preuves accablantes.

Résultat : les condamnations sont devenues définitives. Christian Duval rejoint le club des escrocs en col blanc protégés par le sursis. Stéphane Boudrandi aussi.

Mais l'affaire est-elle vraiment close ? Loin de là. D'autres responsables pourraient être mis en cause — enseignants complices, administratifs complaisants.

Une institution en lambeaux

Sciences Po Aix traîne désormais cette affaire comme un boulet.

L'établissement forme pourtant l'élite française : hauts fonctionnaires, futurs ministres, cadres supérieurs. Comment a-t-on pu laisser faire ? Les contrôles ont été défaillants. La direction actuelle assure avoir tout réformé. Trop peu, trop tard.

"Où était le rectorat ?" "Qui a fermé les yeux ?" Les questions fusent. Les réponses, elles, se font attendre.

Une certitude : le prestige de Sciences Po Aix est entaché. Pour longtemps.

L'argent fantôme

80 000 euros.

C'est le minimum détourné selon les premières estimations. En réalité ? Le chiffre pourrait être dix fois supérieur.

Où est passé cet argent ? Une partie a servi à financer l'établissement. Le reste ? Les enquêteurs traquent toujours les comptes offshore.

Christian Duval vivait dans une villa à Aix. Stéphane Boudrandi roulait en Porsche. Simple coïncidence ?

Les relevés bancaires, eux, ne mentent jamais.

Et maintenant ?

L'affaire est loin d'être enterrée.

D'autres responsables pourraient tomber. Des enseignants. Des administratifs. La justice a enfin rendu son verdict, mais le dossier reste ouvert.

Douze ans trop tard ? Sans doute. Mais mieux vaut tard que jamais.

Les rois de l'arnaque aux diplômes ont chuté. Enfin.

Sources

  • Dossier judiciaire consulté par Marsactu
  • Archives de Mediapart (2014-2026)
  • Jugement du tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence (2025)
  • Décision de non-appel du 26 mars 2026

📰Source :youtube.com

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Épisode 4 · 2026-03-27

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