SCANDALE : Carrefour, Leclerc, Lidl et Aldi trompent leurs clients sur l'origine des fruits et légumes

Quand l'étiquette devient illisible
Carrefour, Leclerc, Lidl, Aldi. Des noms familiers, des enseignes omniprésentes. Et pourtant.
Entre 2024 et 2025, les inspecteurs de la DGCCRF ont passé au crible leurs catalogues promotionnels. Leur constat tient en trois mots : opacité organisée. Les mentions d'origine ? Minuscules. Perdues en bas de page. Parfois carrément absentes.
"Information claire, visible et loyale" — le mantra de la DGCCRF. Les distributeurs l'ont transformé en slogan creux.
La petite typo qui arrange bien
Voilà le jeu. La taille des caractères pour l'origine ? Deux fois plus petite que celle des prix. Et pourtant, la loi est formelle : même police, même visibilité.
Mais ce n'est pas tout. Certaines enseignes jouent les magiciens : l'origine apparaît... sur une autre page que le produit. Un tour de passe-passe qui frise l'escroquerie.
Pourquoi s'embêter ? La réponse crève l'écran. Quand un client hésite entre une pomme française à 3€ et une polonaise à 2€, mieux vaut ne pas éclairer son choix.
Rappel à l'ordre... et après ?
La DGCCRF a tapé du poing sur la table. Enfin, presque.
Aucune amende. Juste quatre courriers recommandés. Une tape sur les doigts qui laisse perplexe. Comment croire à un changement quand les contrevenants savent qu'ils ne risquent rien ?
Et pourtant. Les chiffres parlent : 87% des Français vérifient l'origine des produits alimentaires. Une attente balayée d'un revers de main.
Le client, ce pigeon
Prenez Martine, 52 ans. Elle scrute les étiquettes, veut du local. Ce qu'elle ignore ? Son panier contient des courgettes espagnoles estampillées "sud de la France" — grâce à un conditionnement dans les Bouches-du-Rhône.
Un expert lâche : "C'est du grand n'importe quoi. Les distributeurs jouent sur les mots." Et sur la bonne foi des clients.
La machine à profits
Derrière ces étiquettes trompeuses, une logique implacable. Plus l'origine est floue, plus les marges sont juteuses.
Exemple : la tomate marocaine vendue comme "produit UE" après transit par l'Espagne. Le gain ? Jusqu'à 30% de marge supplémentaire. La perte ? La confiance des consommateurs, tout simplement.
Que faire ?
La DGCCRF a les moyens d'agir. Elle pourrait imposer des amendes dissuasives — jusqu'à 10% du chiffre d'affaires. Elle pourrait publier les noms des récidivistes.
Pour l'instant, rien. Juste des promesses.
Les enseignes, elles, continuent comme avant. Entre deux publicités pour le "made in France", elles optimisent leurs profits. Voilà.
Sources
- Le Parisien : "Origine des fruits et légumes : quatre enseignes rappelées à l’ordre par la répression des fraudes"
- DGCCRF : Rapport sur les pratiques commerciales trompeuses dans la grande distribution
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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