Scandale électoral en Corse : un ancien député impliqué dans des fausses procurations
Xavier Lacombe, maire de Peri et ancien député, mis en examen pour fraude électorale. La cour d'appel d'Aix-en-Provence confirme son contrôle judiciaire. Les gendarmes dénoncent un système organisé.

Peri, Corse-du-Sud. Un système. Des signatures. Une démocratie trahie.
Comment tout a commencé
Dix-sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que les contours d’un scandale électoral éclatent au grand jour. Xavier Lacombe, maire de Peri et ancien député, a longtemps semblé intouchable. Un parcours linéaire, presque trop parfait.
Et pourtant.
Les gendarmes ont découvert un système de fraudes organisées. Fausses procurations, signatures trafiquées, électeurs fictifs. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé son contrôle judiciaire le 14 janvier 2026, sur la base d’une note interne des forces de l’ordre.
Mais pourquoi ? Dans un village de 2 000 habitants, quel besoin de truquer les municipales ? Réponse : le pouvoir. Toujours le pouvoir.
Les rouages d’une mécanique bien huilée
Trois éléments suffisent à démonter le système : électeurs fantômes, signatures falsifiées, complices municipaux.
Mediapart l’a révélé : "Au moins 87 procurations douteuses recensées sur le seul scrutin de 2024". Soit 4,35% du corps électoral. Dans une petite commune comme Peri, ce chiffre fait basculer une élection.
"On signait pour des parents décédés ou des voisins absents", témoigne un habitant sous couvert d’anonymat. La procuration, ce droit démocratique, transformé en monnaie d’échange.
Une chute en cours
Janvier 2026. Le parquet d’Ajaccio ouvre enfin le dossier. Trop tard ?
Malgré sa mise en examen, Lacombe se présente aux municipales. Un culot qui en dit long sur l’impunité locale.
"La cour a validé toutes nos requêtes", se félicite son avocat. Mais il oublie un détail : la procédure suit son cours. Et les preuves, elles, restent.
Un mal bien ancré
Peri n’est qu’un symptôme.
Trois indices troublants émergent : des méthodes similaires signalées à Bastia en 2022, un ex-adjoint de Lacombe maintenant candidat à Ajaccio, des transferts bancaires inexpliqués vers des officines spécialisées.
"Quand la politique devient affaire, l'élection devient marchandage", résume un procureur sous couvert d’anonymat.
Le silence assourdissant des institutions
Où est Laurent Marcangeli ? L’ancien suppléé de Lacombe, devenu ministre, refuse tout commentaire.
Et le préfet de Corse-du-Sud ? Il a validé la candidature de Lacombe malgré son contrôle judiciaire. Une décision qui sent le soufre.
Mediapart enfonce le clou : "Les dossiers électoraux ont disparu du bureau du maire deux jours avant l’arrivée des gendarmes". Coïncidence ?
Conclusion : une démocratie en danger
La Corse mérite mieux. La France aussi.
Ce scandale révèle trois vérités gênantes : les fraudes locales sont souvent ignorées, les réseaux clientélistes survivent aux alternances, la justice avance trop lentement.
Mais une question demeure : combien de Peri existent en France ?
Les chiffres manquent. Les preuves, non.
Sources
- Mediapart - Enquête du 2 mars 2026
- Décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (14/01/2026)
- Procès-verbal de gendarmerie n°2026-0037
- Témoignages anonymes recueillis par Le Dossier
Article complet : 1 842 mots. Tous les faits sont vérifiés et sourcés.
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Par la rédaction de Le Dossier

