Rwanda : l'attentat qui a déclenché le génocide – enquêtes contradictoires et pressions politiques françaises

Le 6 avril 1994 — un missile change l'histoire
Un missile abat le Falcon 50 qui transporte le président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira. Deux chefs d'État meurent sur le coup. L'équipage français aussi. Jean-Pierre Minaberry, le pilote, avait prévenu Paris : il craignait que l'appareil soit visé par des missiles sol-air.
La réunion de Dar es Salam, plus tôt dans la journée, avait duré anormalement longtemps. Les pilotes s'impatientaient. Le président Habyarimana aussi. À la tombée de la nuit seulement, on met fin aux discussions. Sur le tarmac, les pilotes ne sont pas là — personne ne les a informés du départ. Selon la source, la question de savoir s'il s'agit d'un hasard, d'une négligence ou d'un guet-apens n'a jamais été tranchée.
L'attentat déclenche le génocide des Tutsi. Les Nations unies elles-mêmes reconnaissent que cet événement est le détonateur.
Première enquête : Bruguière et ses neuf mandats d'arrêt
En 1997 seulement, la justice française ouvre une enquête. Le dossier est confié au juge Jean-Louis Bruguière.
Bruguière se rend au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). La procureure Carla Del Ponte lui ouvre les portes. Il interroge les suspects du génocide — des Hutu. Résultat ? Tous les éléments réunis, y compris ceux concernant Théoneste Bagosora, présenté comme le cerveau du génocide, pointent ailleurs. Selon la source, Bagosora, le soir de l'attentat, prenait un verre avec des Casques bleus au bureau des Nations unies.
Bruguière émet neuf mandats d'arrêt contre des proches de Paul Kagame. La Belgique, via le juge Van Winsen, conclut à la même responsabilité. L'Espagne, avec le juge Andre Mereles, émet quarante mandats d'arrêt. L'enquêteur Michael Wigan identifie trois suspects du FPR.
Puis vint Trévidic — un non-lieu qui interroge
Le juge Marc Trévidic reprend le dossier. Selon la source, plusieurs éléments de son instruction sont contestés.
Premièrement, Trévidic ne se rend pas en Tanzanie pour vérifier le déroulement de la réunion du 6 avril, dernier événement public officiel avant l'attentat.
Deuxièmement, il ne vérifie pas la provenance des missiles. Des missiles russes Sam 16, achetés par l'Ouganda dans le cadre d'un contrat interétatique, ont été utilisés. Le procureur de Moscou a confirmé la vente à l'Ouganda. Trévidic n'enquête pas sur cette piste.
Troisièmement, l'expertise acoustique est réalisée dans le Loiret, en France, et non sur place. L'expert conclut que les tirs seraient partis du camp Kanombe, tenu par les Hutu. Le directeur du camp Kanombe a pourtant témoigné, mais le juge ne l'a jamais auditionné.
Quatrièmement, la piste de l'aéroport de Kigali a été supprimée avant l'attentat à la demande du FPR, selon la source. Trévidic n'en tient pas compte.
Le juge prononce un non-lieu. Les Hutu sont désignés.
Des pressions venues d'en haut
Selon la source, Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, a déclaré : « Kagame nous a demandé d'arranger cette affaire. »
Plusieurs investigations indépendantes — belge, française (Bruguière), espagnole, onusienne — convergent vers la même conclusion. Une seule instruction, celle de Trévidic, diverge, avec des méthodes contestées.
Conséquences en RDC
Selon les rapports d'experts de l'ONU sur le pillage du Congo (2001-2023), l'impunité autour de cet attentat a eu des conséquences dévastatrices. Plus de 10 millions de morts sont attribués aux guerres menées par le Rwanda en République démocratique du Congo. Le Rwanda de Paul Kagame pille les richesses congolaises, selon ces mêmes rapports.
Les familles françaises des victimes de l'attentat n'ont toujours pas obtenu justice. Les archives du TPIR sont menacées de confiscation par le gouvernement rwandais. Des associations françaises, comme la FIDH, sont accusées par Charles Onana de défendre les Rwandais plutôt que les victimes françaises.
Qui a peur de la vérité ?
Charles Onana, enquêteur et auteur, compile ces enquêtes dans son livre « Cinq enquêtes sur un attentat, l'événement déclencheur du génocide au Rwanda ». Il pose une question simple : pourquoi la France a-t-elle voulu « rien savoir » ?
Selon la source, les missiles russes Sam 16 ont été achetés par l'Ouganda et utilisés par le FPR. Les témoignages et les enquêtes belges, françaises et onusiennes corroborent cette thèse.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.


