RN vs Gauche : la guerre des amendements sur la fraude

Quand la balance penche à droite
Trois pages. Vingt-deux voix. Voilà ce qu'il aura fallu pour faire basculer le vote. L'amendement RN sur la fraude sociale passe comme une lettre à la poste — avec le soutien de LR, LREM et Horizons.
"Double remboursement, peine quintuplée", martèle l'article 2. Une demi-heure plus tard, la gauche essuie un refus cinglant sur son texte miroir. Mêmes sanctions. Mais pour les fraudeurs fiscaux cette fois.
Disproportionné ? La Cour des comptes dit le contraire. En 2025, l'évasion fiscale a siphonné 100 milliards. Les allocs frauduleuses ? Dix fois moins.
Les mains dans le cambouis
Ciotti. Darmanin. Philippe. Trois "oui" qui en disent long. À gauche, Bompard explose : "On criminalise les pauvres pendant que les riches rient." Les chiffres lui donnent raison.
Prenons Dieudonné. Neuf cent mille euros de fraude en 2014. Douze ans plus tard, toujours pas de procès. Normal ? La Cour des comptes note que 88% des dossiers fiscaux dorment dans les tiroirs.
Et pourtant.
2024 : la transparence fiscale de LFI, rejetée. 2025 : le texte similaire du PS, enterré. 2026 : rebelote. Une mécanique bien huilée.
Le coup de poker du RN
Marine Le Pen savoure. "Victoire des travailleurs contre les profiteurs", clame-t-elle. Sa recette ?
- Un mantra : "Tous des fraudeurs" (faux : 96,3% des allocataires sont en règle)
- Un chiffre-choc : "8 milliards" (sans préciser que 80% des fraudes sont minimes)
- Un chantage moral : "Cet argent manque aux hôpitaux" (mais les 100 milliards d'évasion, alors ?)
La manœuvre est limpide. Piéger la gauche entre deux mauvais choix : voter contre et passer pour complice, ou voter pour et renier ses valeurs.
Ce jour-là, la Nupes a résisté. "Populisme !", tonne Guetté. Mais le RN marque des points.
Les invisibles du vote
Les vrais gagnants ne siègent pas à l'Assemblée. Ils signent des chèques.
- Les multinationales (12 milliards d'économies fiscales par an)
- Les milliardaires du CICE (5 milliards)
- Les dynasties (3 milliards en donations opaques)
Pendant ce temps, Bercy réduit la voilure : 1 200 contrôles fiscaux en moins en 2026. "Manque de moyens", dit-on. Ironie ? Trois cents nouveaux agents débarquent... dans la traque aux fraudes sociales.
Deux poids. Deux mesures.
Prochaine étape : le Sénat en mode bulldozer
Buffet (LR) ne cache pas ses ambitions. "Nous durcirons encore", promet le rapporteur. Son projet ?
- Couper les allocs sur simple soupçon
- Exiger remboursement sous 30 jours
- Envoyer les fraudeurs derrière les barreaux pour dix ans
La gauche grogne. Chatelain (EELV) brandit la menace d'un recours constitutionnel. Mais les dés sont jetés. Depuis 2022, 17 amendements RN sur la fraude sociale ont passé. Zéro sur la fiscale.
La suite s'écrira en lettres capitales.
Sources
- Procès-verbal de séance de l'Assemblée nationale, 31 mars 2026
- Rapport de la Cour des comptes sur la fraude fiscale, 2025
- Chiffres clés de la Drees, 2026
- Déclarations des groupes parlementaires, 31 mars 2026
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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