RÉINSERTION CHOC : Emmaüs les fermes révolutionnent la justice

Des détenus sans surveillants. Des clés en main. Des champs à perte de vue. Bienvenue à la Ferme de Moyembrie dans l'Yonne. Un modèle qui fait chuter la récidive à 10 % — et ce n'est pas rien. Pourtant, seulement 1 % des détenus en bénéficient. Pourquoi ?
Une prison sans barreaux, vraiment ?
25 hectares. Pas de cellules de 9 m². Pas de surveillants pénitentiaires. La Ferme de Moyembrie accueille une vingtaine de détenus en fin de peine. Chacun possède la clé de sa chambre. "On doit faire un mot pour sortir, sans bracelet, sans rien du tout", explique un résident. Basé sur la confiance. Un pari osé.
Les détenus travaillent 20 heures par semaine. Maraîchage, fromagerie, élevage. Leurs produits sont vendus en circuit court. "Ça vous permet de reprendre goût à la vie, confiance en vous", témoigne un ancien détenu. Le travail agricole est complété par un suivi social personnalisé. Recherche d’emploi, papiers d’identité, logement.
Les résidents peuvent utiliser leur téléphone portable, sortir avec autorisation, recevoir leur famille le week-end. Une liberté rare en milieu carcéral. "On est plus en sécurité ici", confie un détenu. Et les résultats parlent d'eux-mêmes.
90 % de non-récidive : un chiffre qui dérange
La Ferme de Moyembrie affiche un taux de non-récidive de 90 %. "100 % des personnes qui sortent ont une solution d'hébergement", précise un responsable. Un chiffre qui contraste avec la réalité des sorties de prison classiques. Combien de détenus se retrouvent à la rue après leur libération ? Trop.
Anciens détenus deviennent employés. Ils accompagnent les nouveaux arrivants. "C'est plus qu'une deuxième chance. Une nouvelle vie", témoigne l'un d'eux. La ferme offre stabilité et accompagnement. Des éléments clés pour éviter la récidive.
Pourtant, le budget alloué à ces structures reste marginal. Seulement 1 % des détenus bénéficient de ce type de placement. Pourquoi un modèle aussi efficace reste-t-il si peu développé ?
Emmaüs : cinq fermes, bientôt neuf
Emmaüs gère aujourd'hui cinq fermes de ce type en France. Quatre nouvelles fermes sont prévues dans les mois à venir. Une expansion nécessaire face aux résultats probants.
"Les fermes comme la nôtre sont très importantes pour éviter la récidive", insiste un responsable. Le modèle repose sur le travail agricole, la confiance et le suivi social. Une approche globale pour préparer l'après.
Mais les moyens manquent. Le budget consacré à l'enfermement classique écrase celui des fermes de réinsertion. Une aberration selon les experts. Pourquoi ne pas investir massivement dans ce qui fonctionne ?
L'Observatoire international des prisons tire la sonnette d'alarme
"Bien que ces structures favorisent massivement l'insertion, leur budget reste marginal", déplore l'Observatoire international des prisons. Une critique cinglante envers les politiques pénitentiaires actuelles.
Le constat est sans appel. Les fermes de réinsertion réduisent la récidive, assurent un logement à la sortie, réinsèrent efficacement les détenus. Pourtant, elles restent sous-financées. Qui bloque leur développement ?
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 90 % de non-récidive contre des taux bien supérieurs dans les prisons classiques. 100 % des détenus hébergés contre une majorité à la rue après leur libération. Les faits sont là. Mais les décideurs semblent sourds.
Pourquoi ce modèle reste-t-il marginal ?
Les raisons sont multiples. Réticence politique, manque de moyens, conservatisme carcéral. Les obstacles sont nombreux. Mais les résultats sont incontestables.
"On sait que ça fonctionne", affirme un responsable de la Ferme de Moyembrie. Les détenus travaillent dur, sont demandeurs, retrouvent une stabilité. Pourquoi ne pas généraliser ce modèle ?
L'enquête continue. Mais une chose est sûre : les fermes de réinsertion révolutionnent la justice. Reste à savoir si les décideurs auront le courage de suivre. Le dossier est loin d'être clos.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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