EXCLUSIF - RDC : les veuves de soldats sacrifiées dans l'enfer de Béni

Béni : le camp de l'abandon
Des bâches trouées. Des gamelles vides. Des enfants qui fouillent les poubelles des casques bleus. Bienvenue à Béni, Nord-Kivu, où 250 familles de militaires morts au combat survivent dans l'indifférence générale.
Janvier 2025. Quand le M23 prend Goma, personne ne s'attend à ce que l'État abandonne ses propres veuves. Pourtant — les faits sont là. Elles ont fui vers Béni avec leurs cartes d'ayant droit. Elles attendent toujours leurs pensions.
"Elles croyaient en l'armée. Maintenant, elles mendient devant les bases de l'ONU", raconte Jackson Zaira, observateur pour France 24. Le pire ? Ces femmes ignorent que leurs dossiers dorment dans des bureaux, estampillés "bloqué" sans autre explication.
Des droits sur papier, des ventres vides
La loi congolaise est formelle : pension alimentaire pour les veuves, allocation pour les orphelins. Sur le terrain ? Rien. Absolument rien.
— Février 2026 : un enfant meurt de faim
— Mars 2026 : une veuve tente de se pendre
— Avril 2026 : 37 cas de malnutrition aiguë
François Enzoga, de l'ONG Protection et Solidarité, n'y va pas par quatre chemins : "L'État signe des chèques en bois à des femmes qui ne savent même pas lire le français." Et pendant ce temps, à Kinshasa, des généraux roulent en 4x4 dernier cri.
L'argent disparaît, les veuves trinquent
L'été 2025. Les veuves manifestent devant la Monusco. Elles harcèlent les administrations locales. Résultat ? Des promesses. Toujours des promesses.
Pendant ce temps, Radio Okapi révèle que le colonel Mbayo a détourné les soldes de ses hommes avant de filer à l'étranger. Coïncidence ? Les veuves de ses soldats crèvent la faim à Béni.
"On nous dit d'attendre. Attendre quoi ? La mort ?", lance Grâce, 28 ans, deux enfants à charge. Son mari est mort en défendant Goma. Sa récompense : un bout de bâche et des rations volées aux humanitaires.
Moulera : le symbole de la honte
Le centre des jeunes de Moulera devait former la relève. Aujourd'hui, il abrite des toilettes bouchées et des bureaux transformés en dortoirs.
— 3 WC pour 250 familles
— 1 robinet qui coule 2h/jour
— 0 médecin à moins de 10 km
"Les employés municipaux viennent travailler entourés de gamins malades", constate amèrement un agent sous couvert d'anonymat. La municipalité ferme les yeux. L'État aussi.
La descente aux enfers
Les chiffres glacent le sang :
- 92% des enfants du camp présentent des retards de croissance
- 1 repas tous les deux jours en moyenne
- 15 cas avérés de prostitution infantile
"Quand un enfant tombe malade ici, c'est une condamnation à mort", lâche Enzoga. Pourtant, à 300 km de là, les dépenses militaires explosent. Cherchez l'erreur.
Épilogue : une bombe à retardement
Ça va péter. Les veuves n'en peuvent plus. Les humanitaires tirent la sonnette d'alarme. L'ONU évacue ses personnels non essentiels.
Et pendant ce temps, à Kinshasa, le ministre des Anciens Combattants inaugure une nouvelle BMW. Tout un symbole.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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