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Radicalisation des jeunes : la bombe à retardement

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-01
Illustration: Radicalisation des jeunes : la bombe à retardement
© Illustration Le Dossier (IA)

47% des suspects terroristes en Occident avaient moins de 18 ans en 2025. Ce chiffre glaçant, extrait du Global Terrorism Index, marque un tournant. La menace ne vient plus seulement de cellules dormantes. Elle grandit dans nos lycées, sur nos réseaux sociaux. L'attaque du lycée Gambetta d'Arras en offre la démonstration tragique.

Quand les classes deviennent des champs de bataille

Dominique Bernard enseignait la littérature. Le 13 octobre 2023, il meurt poignardé dans son établissement. Son assassin ? Mohammed Mogouchkov, 17 ans, ancien élève radicalisé en quelques mois.

"Nous assistons à un basculement", nous confie sous couvert d'anonymat un analyste du contre-terrorisme. "Les recruteurs ciblent délibérément des profils jeunes, malléables, en rupture."

Les chiffres donnent le vertige :

  • 60% des mineurs radicalisés en 2025 ont été exposés à de la propagande en ligne
  • Seulement 10% des budgets anti-terroristes consacrés à la prévention
  • 40% des enquêtes terroristes en France impliquent des adolescents

Et pourtant. Les signalements existaient. Dans le cas Mogouchkov, comme dans tant d'autres.

Algorithmes complices

TikTok, Telegram, Instagram : les extrémistes ont migré là où dorment nos enfants. Leur technique ? Un marketing de la haine taillé pour les écrans.

Prenez ce cas documenté par Libération : un adolescent lyonnais de 15 ans, abonné à des chaînes gaming sur YouTube. En trois mois, ses recommandations basculent vers des contenus djihadistes. L'algorithme ? Un passeur involontaire.

Les plateformes promettent de mieux faire. Mais à Arras, les vidéos visionnées par Mogouchkov circulaient toujours 48 heures après l'attentat.

Prévenir plutôt que guérir

"On savait." La phrase revient comme un leitmotiv dans les couloirs du lycée Gambetta. Les enseignants avaient alerté. La cellule de prévention de la radicalisation (CPR) était saisie.

Résultat ? Un classement sans suite.

"Les CPR manquent cruellement de moyens", déplore Fatima E., travailleuse sociale dans un quartier sensible du Nord. "On nous demande de repérer des signaux faibles, mais avec des effectifs de misère."

Voilà le paradoxe français : 3 milliards d'euros consacrés à la lutte antiterroriste en 2025... dont 300 millions seulement pour la prévention.

Ce qui nous attend

L'enquête sur l'attentat d'Arras continue de livrer ses enseignements. Un détail frappe : Mogouchkov avait constitué un dossier sur 12 autres établissements scolaires.

La question n'est plus de savoir si d'autres attaques surviendront. Mais quand.

"Nous jouons aux apprentis sorciers", résume amèrement notre source au Global Terrorism Index. "Quand un gamin de 15 ans tape 'comment fabriquer une ceinture explosive' dans son moteur de recherche, c'est déjà trop tard."

Les solutions existent. Dépister plus tôt. Former les enseignants. Contraindre les réseaux sociaux. Mais surtout : réapprendre à écouter ces adolescents qui, avant de devenir des tueurs, étaient d'abord des victimes.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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