Préfet du 92 : 18 expulsions de dealers des HLM déjà exécutées

18 sur 24 : le chiffre qui parle
Les faits sont simples. C'est ce qui dérange. Selon l'article de Jean-Marc Leclerc publié dans Le Figaro le 2 août 2026, le préfet du 92 a obtenu 24 autorisations judiciaires d'expulsion de locataires perturbateurs dans le parc social du département. Sur ces 24, 18 ont déjà été exécutées. Pas un projet, pas une intention, pas un vœu pieux — des déménagements forcés, des clés rendues, des appartements repris.
Le journal qualifie la méthode de « choc ». Elle l'est. Parce qu'elle rompt avec l'habitude française : la plainte déposée, le signalement, le rapport, la commission, la réunion, le classement sans suite. Ici, on passe à l'acte. Le préfet utilise les nouveaux pouvoirs de la loi dite Narcotrafic, adoptée le 13 juin 2025. Une loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », précise le texte officiel.
Pourquoi ça marche ? Parce qu'elle combine des outils jusqu'ici dispersés : interdictions de paraître sur les points de deal, expulsions locatives en lien avec les bailleurs sociaux, fermetures administratives de commerces. Le tout piloté par un seul homme, le préfet, qui coordonne et exécute. Finie la dilution des responsabilités entre mairies, police, bailleurs, justice, associations.
Le narcotrafic comme ennemi commun
Les villes concernées ? Rueil-Malmaison, Gennevilliers, Meudon, Issy-les-Moulineaux, Saint-Cloud, Asnières. Chacune a son lot de points de deal, de halls de HLM confisqués par des réseaux, de locataires transformés en guetteurs ou en nourrices. On connaissait la situation. Les habitants déposaient des plaintes. Les enquêteurs ouvraient des dossiers. Les procédures se lançaient. Mais rien ne bougeait. Jusqu'à ce que le préfet décide de coordonner.
C'est là que ça devient intéressant. La loi Narcotrafic de 2025 a été votée dans un consensus politique rare — droite, gauche, centre, tout le monde a applaudi. Mais les résultats ne sont pas arrivés partout. Pourquoi ? Parce qu'une loi ne suffit pas. Il faut un homme, une méthode, une volonté politique locale. Le préfet du 92 a eu les trois.
La suite est édifiante. Sur 24 autorisations, 18 exécutées. Les 6 restantes sont en cours. 75 % de taux de succès — un chiffre que n'atteint aucune administration classique. Dans la justice, le taux de classement sans suite des violences urbaines dépasse 80 %. Dans le logement social, les procédures d'expulsion pour occupation illicite prennent en moyenne 18 mois. Ici, on compte en semaines, pas en années.
Une comparaison qui interpelle
Regardons ailleurs. En Italie, le gouvernement Meloni a fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité. Résultat : 12 000 expulsions de locataires liés à la drogue en 2025, selon le ministère de l'Intérieur italien. En France, sur la même période, on en était à quelques centaines, concentrées dans le 92. Le ratio est édifiant : l'Italie a 60 millions d'habitants, la France 68 millions. L'Italie expulse pourtant 15 fois plus.
Pourquoi ? Parce que le préfet italien a les pouvoirs que le préfet français n'a pas eus avant 2025. Parce que la loi italienne de 2023 autorise l'expulsion immédiate des locataires impliqués dans le trafic, sans passer par des mois de procédure judiciaire. La France a enfin rattrapé son retard. Mais timidement, ville par ville, dépendant de la volonté de chaque préfet.
Et pourtant. Le résultat est là. 18 expulsions. Autant d'appartements repris, de halls sécurisés, de familles qui peuvent sortir sans peur, d'enfants qui peuvent jouer sans risque. Le coût ? Quelques mois de travail d'équipe, quelques arrêtés préfectoraux. Le rapport qualité-prix est imbattable. Quand l'État se décide à agir, il agit vite et bien.
Le vrai problème : pourquoi ça n'arrive pas partout ?
Question qui tue : pourquoi cette méthode n'est-elle pas généralisée à toute la France ? La réponse tient en une phrase : l'administration française est organisée pour ne pas agir. Le millefeuille — État, collectivités, bailleurs, justice, associations — crée une dilution des responsabilités qui paralyse l'action. Chacun peut dire « ce n'est pas moi ». Chacun peut attendre que l'autre bouge.
Le préfet du 92 a brisé ce cercle. Il a pris le leadership, coordonné, exigé. Résultat : 18 expulsions. Mais pour cela, il a fallu une loi, un homme, et un courage politique que peu de préfets ont. Les autres départements, eux, continuent de subir. Les points de deal prospèrent. Les halls de HLM sont des no man's land. Les locataires honnêtes paient pour les voyous.
Le problème n'est pas que la loi manque. C'est que l'État manque de volonté. C'est que l'administration préfère la routine à l'action. C'est que le contribuable paie pour des politiques qui ne marchent pas, et que les rares qui marchent sont trop peu reproduites.
Et maintenant ?
L'expérience du 92 doit être étendue. Non comme une option, mais comme une obligation. La loi Narcotrafic de 2025 donne les outils. Il faut les utiliser. Chaque préfet doit rendre des comptes sur le nombre d'expulsions, de fermetures de points de deal, de saisies. Le ministère de l'Intérieur doit publier un tableau de bord mensuel, département par département. Ce qui se mesure, s'améliore.
Les syndicats de police, les associations de locataires, les maires — tous appellent à une généralisation. Pour une fois, ils sont d'accord. Il faut les prendre au mot. Le préfet du 92 a montré la voie. Il ne reste plus qu'à suivre. Ou à subir. Le choix est politique. Et le contribuable, lui, regarde, paie, attend. Jusqu'à quand ?
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Sur le même sujet

Hérault : dans le sillage des gendarmes de Béziers, l’alcool et les violences conjugales en première ligne

Val-d'Oise : lingot d'or et Mercedes saisis chez le patron de BTP qui cachait 2 millions à l'Urssaf
