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Jackson, le prédateur des sites de rencontre qui a réécrit la loi sur le viol

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-03
Illustration: Jackson, le prédateur des sites de rencontre qui a réécrit la loi sur le viol
© YouTube

Quand le rêve tourne au cauchemar

21 juin 2014, fête de la musique. Laura pousse la porte d'un appartement niçois, croyant rencontrer Anthony Laroche, 37 ans, décorateur à Monaco. Elle tombe sur Jackson, 68 ans, retraité bedonnant. Et pourtant, trois mois plus tôt, tout semblait si parfait.

"Les yeux bleus d'acier, une mâchoire carrée" — le profil Tilt de "Anthony Laroche" utilisait des photos volées. Jackson peaufinait son piège depuis des semaines. Appels quotidiens. Promesses d'amour. "Ma chérie, je veux faire ma vie avec toi".

"Un prédateur qui jouait avec leur vulnérabilité", résume Maître Mohamed Mactouf, avocat des victimes. Ces femmes cherchaient l'amour. Elles ont trouvé un monstre.

La mécanique implacable du prédateur

Bandage des yeux. Menottes. Acte sexuel. Le scénario ne changeait jamais. Jackson exigeait le noir complet, un bandeau sur les yeux. "Comme dans 50 nuances de Grey", se vantait-il.

Florine Sylvan, journaliste à BFMTV, a suivi l'affaire dès les premiers jours : "Il ciblait des femmes fragiles. Laura venait de rompre. D'autres étaient seules. Toutes ont mordu à l'hameçon."

24 victimes identifiées. 200 contactées. Dans son appartement, la police découvre des dizaines de photos de femmes dénudées. Des trophées. Voilà.

"Pas de viol, ça n'ira pas loin"

22 juin 2014. Laura porte plainte. La réponse du gendarme la glace : "Pas de viol, ça n'ira pas loin." Une violation flagrante de la procédure.

"Un gendarme n'est pas juge !", tonne Maître Mactouf. Sans son intervention, l'enquête n'aurait jamais démarré.

Les autres victimes raconteront la même histoire. Même bandeau. Même appartement. Même trahison. Le système judiciaire, lui, mettra neuf ans à réagir.

Neuf ans de combat judiciaire

2014-2023. Un marathon épuisant pour les victimes. Première mise en accusation, puis revirement de la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Le coup de théâtre vient de la Cour de cassation.

6 novembre 2025. L'arrêt LOI n°2025-1057 crée une jurisprudence historique : le viol par surprise inclut désormais les mensonges numériques. "La surprise, c'est le mensonge qui tue le consentement", martèle Maître Mactouf. La Cour ordonne même la publication de son arrêt — une première.

L'ultime bataille

Mai 2023. Jackson comparaît en appel. Condamné à 8 ans, il plaide le consentement. "Absurde", rétorque l'avocat des victimes. "Comment consentir à un homme qu'on n'a jamais vu ? À un acte qu'on n'a jamais accepté ?"

Les victimes, elles, attendent une seule chose : être reconnues. Le verdict tombera en juin 2026.

Trois failles béantes

L'affaire Jackson a mis en lumière :

  1. L'impunité des prédateurs en ligne
  2. La méconnaissance du viol par surprise
  3. Le traitement catastrophique des plaintes

51% des Français avouent une infidélité (TopSanté). Mais là, il ne s'agit pas d'infidélité. C'est de viol. Avec un V majuscule.

La justice a tranché : le consentement obtenu par mensonge n'existe pas. Reste à faire entendre cette vérité.

Sources :

  • Enregistrements du procès (Tribunal de Nice)
  • Arrêt de la Cour de cassation (n°2025-1057)
  • Dépêches BFMTV (2023-2026)
  • Code pénal (articles 222-23 à 222-26)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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