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JusticeÉpisode 3/1

EXCLUSIF: Le policier marseillais qui a fracassé le crâne d'Angelina et tué un jeune en 2020

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-29
Illustration: EXCLUSIF: Le policier marseillais qui a fracassé le crâne d'Angelina et tué un jeune en 2020
© KNKO Photography / Pexels

Deux victimes. Un policier. Zéro condamnation. Laurent A., 34 ans, incarne le système qui protège les siens. Malgré un crâne fracturé en 2018. Malgré un mort en 2020. Le parquet de Marseille se bat aujourd'hui pour l'empêcher de retrouver la liberté.

"Les os ont craqué sous les coups"

8 décembre 2018. Marseille brûle. Les Gilets jaunes manifestent. Angelina, 19 ans, marche dans une ruelle calme. Sans gilet. Sans cri. Sans projectile.

Un LBD l'atteint à la jambe. Elle tombe. Dix policiers en noir — visages masqués — passent devant elle. Deux s'arrêtent. Laurent A. et Vincent R., de la BAC Nord.

Les matraques s'abattent. Les pieds aussi. "J'ai entendu les os craquer", raconte un riverain sous anonymat. Angelina subit des lésions cérébrales irréversibles. Son crime ? Avoir croisé le regard des policiers.

Les caméras de surveillance ont tout filmé. Pourtant, l'enquête traîne. Jusqu'à ce 27 avril 2026 où le parquet exige enfin la détention de Laurent A. Pourquoi ce soudain empressement ? Parce qu'une deuxième affaire ressurgit.

Février 2020 : un tir mortel, une enquête enterrée

Février 2020. Un jeune de 19 ans meurt sous les balles de Laurent A. Classé sans suite. Légitime défense, affirme le procureur. Sans enquête approfondie. Sans autopsie indépendante.

Mediapart exhume aujourd'hui les incohérences du dossier. Le jeune aurait été "menaçant". Trois témoins disent le contraire : il fuyait. "Mains vides", insiste l'un d'eux.

La famille découvre tout en 2026. "On nous a menti", accuse la mère. Son fils devient un dossier. Un numéro. Comme Angelina.

BAC Nord : la honte de Marseille

L'affaire commence ici. Avec cette unité qui fait régulièrement la une pour les mauvaises raisons. Violences. Racisme. Corruption. En 2025, un rapport interne évoque des "pratiques systématiques hors cadre légal".

Vincent R. — le collègue de Laurent A. — a déjà écopé d'une suspension pour coups en 2019. Réintégré en 2021. Laurent A., lui, reste en poste après l'affaire Angelina. Après le mort de 2020.

"Ce n'est pas un problème d'individus. C'est une culture", tonne Me Dubois, avocat des deux familles. Les chiffres parlent : 87 plaintes contre la BAC Nord entre 2018 et 2026. Zéro condamnation.

2026 : le parquet se décide (enfin)

27 avril 2026. Le parquet de Marseille fait appel. Laurent A. doit rester en détention. "Enfin !", lâche le père d'Angelina. Mais pourquoi huit ans de silence ?

Les documents judiciaires révèlent des pressions internes. En 2019, un procureur adjoint réclame "l'apaisement". En 2021, un rapport disparaît. En 2024, un juge d'instruction jette l'éponge. "Impossible de travailler", écrit-il.

Aujourd'hui, le parquet évoque des "nouveaux éléments". Lesquels ? Les dossiers restent flous. Une certitude : sans Mediapart, rien n'aurait bougé.

Deux vies, un même bourreau

Angelina ne marchera plus. Le jeune de 2020 ne grandira plus. Leurs familles réclament justice. Pas des mots. Des actes.

Laurent A. risque dix ans. Vincent R., cinq. Peu, au regard des vies brisées. Mais ce serait une première. Une fissure dans le mur bleu.

"Nous voulons des comptes", résume la mère du jeune tué. Pas une compensation. Pas des excuses. La vérité. Rien que la vérité.

Sources :

  1. Dossier judiciaire du parquet de Marseille (2026)
  2. Enquête de Mediapart (avril 2026)
  3. Témoignages des familles recueillis par Le Dossier
  4. Rapports internes de la police nationale (2019-2025)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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