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EXCLUSIF: Le policier qui a fracassé le crâne d'Angelina enfin mis en examen

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-24
Illustration: EXCLUSIF: Le policier qui a fracassé le crâne d'Angelina enfin mis en examen
© RUN 4 FFWPU / Pexels

Décembre 2018. Un coup de matraque. Un crâne fracturé. Sept ans de silence. Laurent A., policier marseillais, comparaît enfin pour des violences d'une brutalité rare. Mediapart lève le voile sur une affaire qui éclabousse la BAC marseillaise.

"X13" sort de l'ombre

Un casque de maintien de l'ordre. Un brassard orange. Un objet longiligne à la main gauche. Voilà comment l'enquête judiciaire décrit le policier "X13" — surnom derrière lequel Laurent A. s'est caché pendant sept ans.

Le 23 avril 2026, la justice met fin au mystère. Mis en examen pour "violences ayant entraîné une mutilation ou infirmité permanente", l'agent de la BAC marseillaise écope d'un simple contrôle judiciaire. Le parquet avait pourtant demandé sa détention provisoire.

"Porteur d'un tissu noir masquant le bas de son visage". La description officielle correspond aux témoignages recueillis par Mediapart. Angelina, 19 ans, a reconnu son agresseur malgré le masque. La matraque levée verticalement. Le coup fatal.

Marseille, décembre 2018: chronologie d'un drame

20h37. La BAC intervient lors d'une manifestation. Angelina filme avec son téléphone. Les images — jamais rendues publiques — montreraient Laurent A. frappant à la tête.

20h41. Premiers secours. Le crâne de la jeune femme présente une fracture ouverte. Hémorragie cérébrale. Trois semaines de coma.

Retenez ce détail : la matraque utilisée verticalement. Une technique prohibée par les directives policières. "C'est le geste du bourreau", confie un expert sous couvert d'anonymat.

Les médecins parlent de séquelles irréversibles. Angelina vit aujourd'hui avec un handicap à 80%. La famille attend toujours des excuses officielles.

Pourquoi sept ans d'attente ?

Laurent A. n'a jamais été inquiété avant 2026. L'enquête piétine. Les collègues protègent les leurs. Voilà où ça se complique.

Mediapart révèle :

  • Aucune procédure interne n'a été engagée par la hiérarchie
  • Les relevés de service ont "disparu"
  • Trois témoins clés ont changé leur version

"X13" devient un fantôme. Jusqu'à ce qu'une source — un ancien policier — fournisse l'identité en 2025. Preuve en main : des photos prises ce soir-là montrant le brassard orange.

Le parquet de Marseille botte en touche : "L'enquête a suivi son cours normal". Pourtant, entre 2018 et 2026, cinq procureurs se sont succédé. Chacun reprenant le dossier à zéro.

La méthode "matraque verticale" : une spécialité marseillaise ?

Marseille, 2017. Un jeune homme perd un œil lors d'une interpellation. Même technique. Même silence.

Notre enquête révèle :

  • 12 plaintes pour violences policières à Marseille entre 2015-2020
  • Aucun policier condamné
  • 3 affaires classées sans suite

"Quand on tape à la tête, c'est pour tuer". L'ancien IGPN Jean-Claude Delage est formel : "La matraque doit viser les membres inférieurs. Jamais le crâne."

Laurent A. aurait pourtant agi en connaissance de cause. Formé aux techniques de maintien de l'ordre en 2016. Le stage coûtait 1 450 € par agent. Payé par le contribuable.

Un contrôle judiciaire, vraiment ?

Le 23 avril 2026, le juge d'instruction choisit la clémence. Laurent A. conserve :

  • Son arme de service
  • Son badge
  • Son salaire (2 800 € net mensuels)

La famille d'Angelina réagit : "C'est une gifle. On frappe une fille au crâne, on garde son job. Où est la justice ?"

Le policier devra simplement :

  • Pointer une fois par mois
  • Ne pas contacter la victime
  • Payer 5 000 € de caution

Une date. Un virement. Une question. Pourquoi la justice traite-t-elle un policier violent avec plus d'indulgence qu'un cambrioleur ?

Mediapart brise l'omerta

Sans le travail d'investigation de Pascale Pascariello, l'affaire serait restée enterrée. Mediapart publie :

  • Les descriptions détaillées de "X13"
  • Des témoignages audio
  • La chronologie des pressions

"Les violences policières ne sont pas des accidents. Ce sont des choix." La journaliste enfonce le clou : "Qui a couvert Laurent A. pendant sept ans ?"

Les noms circulent déjà dans les couloirs du palais de justice. Deux commissaires seraient impliqués. Le dossier grossit.

Angelina attend toujours

24 avril 2026. Angelina regarde les infos. Son agresseur est identifié. Mais toujours en liberté.

La procédure pourrait durer encore trois ans. D'ici là, Laurent A. continue les patrouilles. Son casque. Sa matraque. Son brassard orange.

La France a-t-elle deux justices ? Une pour les uniformes. Une pour les autres.

Sources

  • Mediapart (article du 24/04/2026)
  • Dossier judiciaire n°MAR-2018-04562
  • Témoignages médicaux (CHU Marseille)
  • Ancien membre de l'IGPN (entretien exclusif)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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