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Patrick Bruel : six plaintes, quatre mises en examen — l'étau se resserre

Par la rédaction de Le Dossier · 14 JUIN 2026

Six plaintes, quatre mises en examen

Les faits s'étalent sur douze ans. 2007 : une première plainte pour tentative de viol et agression sexuelle au festival du film de La Réunion. 2008 : un viol commis à Neï sur scène — les juges d'instruction estiment que des indices graves et concordants justifient la mise en examen. 2010 : une tentative de viol à Bruxelles. 2012 : une seconde plainte pour viol et agression sexuelle. 2019 : deux faits d'agression sexuelle et de harcèlement sexuel à Perpignan et Ajaccio.

Paul Conge, journaliste police justice de BFM TV, détaille les quatre affaires : « Un viol commis en 2008 à Neï sur scène, une tentative de viol qui aurait été commise en 2010 à Bruxelles, une agression sexuelle, un fait de harcèlement sexuel à Perpignan en 2019 et un fait de harcèlement sexuel à Ajaccio en 2019. Pour chacun de ces faits, les juges ont estimé qu'il y avait suffisamment d'indices graves et concordants pour justifier de cette mise en examen. »

Et puis, hier, deux nouvelles plaintes. L'avocate des plaignantes, Maître Gedge Benayoun, confirme sur BFM TV : « Encore hier soir, j'ai deux plaignantes qui m'ont contacté, une mannequin et une hôtesse de l'air. Elles m'ont elles-mêmes dit qu'elles avaient des connaissances qui avaient été victimes. Donc, je pense qu'on va être complètement sous l'eau du nombre de plaignantes. »

Total : six affaires. D'après les avocates des plaignantes, l'affaire Patrick Bruel pourrait évoluer rapidement, ce qui pourrait donner lieu à de nouvelles mises en examen.

Un contrôle judiciaire aux mesures restrictives

Depuis mercredi, Patrick Bruel est sous contrôle judiciaire. Des conditions très strictes. Interdiction de quitter le territoire français. Interdiction de contacter les victimes ou de se rendre à leur domicile. Obligation de suivre des soins psychologiques. Et une mesure qui sort de l'ordinaire : les juges lui interdisent de fréquenter les salons de massage. Pourquoi ? Parce que deux des plaintes pour lesquelles il a été mis en examen évoquent des faits commis dans des salons de massage, explique Paul Conge.

Il doit aussi verser 500 000 euros de caution. En cas de condamnation, il encourt jusqu'à quinze ans de réclusion criminelle pour le viol. En pratique, note Paul Conge, les cours d'assises prononcent plutôt dix à onze ans pour ce type de crime.

Et pourtant, la justice ne lui a pas interdit de se produire sur scène. « Les faits pour lesquels il était mis en examen ne concernent pas ses concerts », précise le journaliste. « Les faits dénoncés n'ont pas été commis dans les loges de concert ou dans les coulisses. » Bruel pourra donc maintenir certaines dates de sa tournée — malgré les annulations déjà intervenues sous la pression des maires.

La défense invoque la présomption d'innocence

Sa défense ? Maître Courvoisier. Elle réagit sur BFM TV, défend son client avec vigueur. « Bien sûr que des femmes peuvent mentir. C'est pas un gros mot que de le dire. Et ici, il faut examiner chaque dénonciation au cas par cas et ne pas faire une généralité. » Elle ajoute : « On ne peut jamais exclure des formes de contamination. » Et elle met en garde contre ce qu'elle appelle une « justice médiatique », pointant du doigt le travail de Marine Turchy, de Mediapart, qui « prend position et recueille des déclarations comme un officier judiciaire ».

Elle insiste : « Si vous voulez, cette manière de faire une généralité, c'est une manière quelque part de tromper le public. Comme si on souhaitait absolument faire dire à monsieur Bruel que toutes ces femmes étaient des menteuses. Les choses sont infiniment plus complexes et plus délicates que cela. On peut mentir, on peut se tromper, on peut avoir des perceptions qui évoluent au fil du temps. On peut être déçu, tout est possible. »

Elle rappelle aussi qu'en France, « environ 1 000 personnes par an sont indemnisées par l'État parce qu'elles ont été condamnées et incarcérées à tort. Ça veut dire qu'on peut être mis en examen et être au final innocenté. »

Patrick Bruel conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Les avocates des plaignantes : « L'affaire n'en est qu'à ses prémisses »

Du côté des parties civiles, le ton change. Radicalement. Maître Gedge Benayoun, qui représente plusieurs plaignantes, ne cache pas son attente. « Je ne suis pas du tout surprise et je m'y attendais. Quand la justice met quatre juges d'instruction, c'est quand elle s'attend elle-même à avoir beaucoup de plaintes. » Elle décrit un dossier qui va « complètement sous l'eau » — les témoignages affluent.

Elle précise que les deux nouvelles plaignantes — un mannequin et une hôtesse de l'air — ont été contactées par d'autres victimes potentielles. « Elles m'ont dit qu'elles avaient des connaissances qui avaient été victimes. » L'instruction pourrait donc s'élargir de manière significative.

Les associations féministes : « Acclamer un agresseur présumé innocent ? »

Céline Pic, porte-parole d'Osez le féminisme, était sur le plateau de BFM TV. Elle réagit aux propos de l'avocate de Bruel. « Là on a des dizaines et des dizaines de femmes qui décrivent le même processus. On a des témoignages à foison sur le fait que tout le monde savait que quand il était en concert, il fallait protéger les petites jeunes femmes qui pourraient être prises pour cible. »

Elle dénonce le silence qui a entouré l'affaire pendant des années. « Le silence de ces femmes pendant des décennies a été construit parce qu'il était connu, parce qu'il était puissant et parce qu'il a construit le silence. C'est ça l'impunité. »

Interrogée sur la tournée de Bruel, elle répond : « Patrick Bruel est libre de faire ce qu'il veut, et nous, association féministe, on est libre aussi de dire que oui, acclamer un agresseur, acclamer quelqu'un qui a X plaintes pour viol, acclamer un agresseur qui est encore présumé innocent aujourd'hui ? Ben chacun est libre ou pas d'aller voir Patrick Bruel. Mais nous, nous rappellerons quand même qu'il est mis en examen. Ça c'est factuel. »

Elle annonce des manifestations devant ses concerts. « On aura des pancartes : 'Patrick Bruel est mis en examen pour X viols, X femmes témoignent contre lui des mêmes faits'. »

L'avenir judiciaire et médiatique

Quatre juges d'instruction. L'enquête pourrait durer des mois — voire des années — avant un éventuel procès. Paul Conge rappelle que le chanteur encourt quinze ans de réclusion criminelle pour les faits les plus graves.

En attendant, Bruel reste libre de se produire. La défense invoque la présomption d'innocence. Les plaignantes et les associations féministes réclament justice.

L'enquête continue.

Sources

  • BFM TV, interview de Paul Conge, Maître Courvoisier, Maître Gedge Benayoun, Céline Pic.

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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