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PolitiqueÉpisode 4/1

Ormuz : l'Iran et Oman négocient un répit de 60 jours

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-05
Illustration: Ormuz : l'Iran et Oman négocient un répit de 60 jours
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Ce que révèlent les sources

Selon le média Axios, l’Iran et Oman négocient un accord temporaire de soixante jours. Objectif : rétablir une circulation minimale dans le détroit. Le plan comporterait trente jours pour déminer la voie centrale.

Selon la source, qui cite des diplomates ayant demandé l’anonymat, la version actuelle prévoit que les navires empruntent la voie nord, longeant les côtes iraniennes. Elle est déjà ouverte, mais sous contrôle des Gardiens de la révolution. La voie sud, réservée au trafic sortant, resterait fermée temporairement. La voie centrale est minée. Il faudrait la nettoyer en un mois. Un délai très court, selon un ancien analyste de la CIA interrogé par la chaîne. « Ormuz, ce n’est pas une ligne. C’est 200 kilomètres sur 50. Le déminage prend des semaines », explique-t-il.

Les Iraniens accepteraient-ils une participation européenne aux opérations ? Jusqu’à présent, ils s’y opposaient. Aujourd’hui, la porte semble entrouverte. Mais rien n’est signé. Selon CNN, un haut responsable du Golfe suivant les pourparlers évalue à 50 % les chances d’aboutir d’ici vendredi. La même source précise que les négociateurs iraniens présents à Mascate ne représentent pas forcément la frange la plus dure du régime. « Il faudra encore que l’accord soit approuvé par les Gardiens de la révolution et la fraction radicale », nuance la source.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que le détroit « est ouvert », tout en reconnaissant des discussions entre Oman et l’Iran pour « permettre à plus de navires de passer en toute sécurité ». Une position en contradiction avec les affirmations des Gardiens, qui revendiquent un contrôle absolu. Les incidents signalés par l’Agence britannique de sécurité maritime ces derniers jours — plusieurs navires longeant la côte omanaise auraient été visés, voire frappés — confirment que la tension n’est pas retombée.

Un Iran sous pression, des Houthis qui jouent leur carte

D’un côté, l’Iran, dont l’économie est exsangue. L’analyse de la source le souligne : « Les finances de l’Iran vont très mal. La clé essentielle qui reste entre leurs mains réside dans ce pouvoir de nuisance sur Ormuz. » Le régime mise sur le blocus pour négocier un allègement des sanctions américaines. Mais en face, Donald Trump veut un résultat avant les midterms. « Les deux camps ont intérêt à ce que ça avance, et plutôt rapidement », résume un journaliste de la source.

De l’autre côté, les Houthis yéménites, alliés de l’Iran, ont annoncé avoir attaqué un pétrolier saoudien au large de Yambou, en mer Rouge. Un acte qui, selon les experts, n’est pas coordonné avec Téhéran. « Les Houthis jouent leur propre carte », explique un colonel interrogé par la source. « Ils veulent exister dans le dispositif global, récupérer une partie de la manne financière quand les sanctions seront levées. » La manœuvre menace le détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite le pétrole saoudien à destination de la Chine. Moins stratégique qu’Ormuz (7 % du pétrole mondial contre 20 %), mais suffisant pour prolonger les tensions.

Un ancien analyste de la CIA, cité par la source, juge que Trump « bute face aux négociateurs iraniens ». Le président américain aurait sous-estimé la capacité de nuisance iranienne et la complexité culturelle de ses interlocuteurs. La faible qualité de son équipe diplomatique actuelle aggraverait la situation.

Mines, Gardiens et calendrier politique — les obstacles

L’accord de soixante jours, s’il aboutit, ne règle rien sur le fond. Il crée une fenêtre de tir diplomatique. Mais les obstacles sont nombreux.

D’abord, le déminage. Les mines navales utilisées par l’Iran sont de trois types : fixes, à influence magnétique/acoustique, et à pression. Leur localisation exacte est inconnue. L’Iran posséderait un plan d’implantation, mais rien ne dit qu’il le communiquera. Les opérations de dragage et de chasse aux mines prennent des semaines, même avec des moyens européens. « Le cahier des charges iranien, c’est trente jours, pas un de plus », rappelle la source.

Ensuite, la question du péage. Les Gardiens de la révolution imposent actuellement un droit de passage aux pétroliers qui empruntent la voie nord. L’accord prévoit l’absence de taxe, mais qui garantira son respect ?

Enfin, le calendrier politique. La rencontre Trump-Xi Jinping prévue fin septembre pourrait couvrir la période des soixante jours. La Chine, premier importateur de pétrole saoudien, a un intérêt direct à la stabilisation d’Ormuz. Mais elle négocie aussi en sous-main, selon la source, qui rappelle que la visite de Trump à Pékin en mai dernier avait déjà abordé le sujet de façon discrète. Les 60 jours pourraient servir à « reconstituer des stocks et relancer des opérations militaires », prévient un expert.


Sources : informations recoupées à partir de LCI (émission Ormuz : l’Iran fait régner la terreur), France 24 (émission Ebola : le directeur général de l’OMS en visite en RDC), Le Média (émission Le scandale qui peut faire tomber la FIFA et Infantino). Citations des déclarations de Marco Rubio et des Gardiens de la révolution iranienne extraites du même reportage LCI.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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