ONAF : le milliard qui gêne Bercy

Un milliard d’euros : le chiffre qui change tout
L’ONAF a frappé fort. Entre 2024 et 2026, ses enquêteurs ont confisqué plus d’un milliard d’euros d’avoirs criminels. Le Monde a révélé ce chiffre. Inédit. Jamais un service anti-fraude français n’avait atteint un tel montant en si peu de temps. Et pour cause : l’ONAF n’existe que depuis le 1er mai 2024.
Né de la fusion de la direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) et de la direction des vérifications nationales et internationales (DVNI), cet office est un bébé de Bercy. La direction générale des Finances publiques (DGFiP) et la direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI) le pilotent conjointement. Sa mission ? Traquer les fraudeurs les plus sophistiqués.
Mais un milliard, est-ce vraiment beaucoup ? Rapporté aux 100 à 120 milliards d’euros d’évasion fiscale annuelle estimée par le syndicat Solidaires Finances Publiques, la proportion est dérisoire. L’ONAF ne saisit qu’environ 1 % de ce qui lui échappe. — Et pourtant.
La suite est édifiante. Saisies de fraudes fiscales, escroqueries à la TVA, détournements de fonds sociaux, trafics douaniers. Mais aucun nom donné. Aucune affaire emblématique. L’ONAF communique un total, pas ses cibles.
Pourquoi ce silence ? Parce que les enquêtes sont en cours ? Parce que les dossiers sont sensibles ? Ou parce que les vrais poissons — ceux qui pèsent des centaines de millions — restent insaisissables ?
L’ONAF, un bébé de Macron
Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne en 2022 : « Nous créerons un office unique pour lutter contre la fraude fiscale et douanière. » Promesse tenue en mai 2024, en pleine préparation du budget. Contexte : une pression de l’Union européenne pour renforcer les contrôles, et une opinion publique exaspérée par les scandales.
Cahuzac, Balkany, les Panama Papers… La liste s’allonge. Chaque révélation écorne la crédibilité de l’État. L’ONAF devait incarner la fermeté. Un service à compétence nationale, doté de pouvoirs étendus : perquisitions, saisies, gel d’avoirs. Un outil taillé pour les gros dossiers.
Mais dès sa naissance, Bercy a sous-financé l’office.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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