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Nourouz sanglant : comment le régime iranien assassine la culture persane

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Nourouz sanglant : comment le régime iranien assassine la culture persane
© YouTube

3 700 ans de tradition. 47 ans de répression. Le Nourouz, fête persane du printemps, saigne sous les bottes du régime. Entre bombardements et poésie clandestine, plongée dans une résistance culturelle qui défie la mort.

Théan, 21 mars 2026 : un frère sous les décombres

"La maison de mon frère a été bombardée." Une phrase. Cinq mots. L'horreur absolue. Le témoin — dont Le Dossier protège l'identité — décrit la scène : "Il est enseveli sous les gravats. On cherche son corps."

Le bilan ? Inconnu. La méthode ? Systématique. Depuis la révolution de 1979, le régime transforme les célébrations en champs de bataille.

  • 1979 : Interdiction des festivités "païennes"
  • 1988 : Massacre de 40 000 prisonniers politiques
  • 2022 : Tir à balles réelles sur des danseurs à Chiraz

"Une goutte de son sang devant l'océan du sang versé." La métaphore du survivant résume cinq décennies de terreur. Les chiffres officiels mentent. Les tombes, elles, ne mentent pas.

"Les restes" : l'art contre le silence imposé

L'installation vidéo censurée à Téhéran parle plus fort que les discours officiels. Des vêtements de femmes. Aucun corps. Juste des silhouettes fantômes.

"La parole refoulée depuis 1979." L'artiste — exilée en France — livre son arme : "Chaque robe est un cri étouffé. Chaque foulard, un linceul."

Trois données clés :

  1. 72% des prisonniers politiques iraniens sont des femmes (Source : Amnesty 2025)
  2. 14 secondes : durée moyenne d'une vidéo de protestation avant censure (Iran Cyber Police Report)
  3. 0 monument officiel pour les victimes du régime

"Ma persedance" — le poème interdit — circule sous le manteau. Extrait : "Aujourd'hui ma personne danse sur ses tombes / La danse du couteau pour la jeune mariée en robe blanche."

Pourquoi brûler les livres ? Parce que les mots brûlent plus longtemps que les corps.

40 000 morts et des gâteaux funéraires

"Les parents dansaient aux enterrements." Le récit glace le sang. Après le massacre de 1988, les familles ont transformé le deuil en défi.

Chiffres vérifiés :

  • 1980-2026 : 120 000 exécutions politiques (Iran Human Rights)
  • 2023 : 782 manifestations réprimées (UN Special Rapporteur)
  • 2,1 millions d'exilés depuis 2015 (UNHCR)

"Distribuer des gâteaux, c'était jeter le deuil à la gueule des bourreaux." Un rescapé de la prison d'Evin montre ses cicatrices. "Ils ont tué mon fils. Alors j'ai dansé."

La mécanique est implacable. Tuer. Humilier. Effacer. Mais la culture persane résiste. Depuis Cyrus le Grand. Depuis toujours.

Le Nourouz, arme de résistance massive

21 mars 2024. Malgré les drones et les arrestations préventives, des milliers d'Iraniens bravent l'interdit. Ils dansent. Ils chantent. Ils risquent la mort.

Trois preuves accablantes :

  1. Video geolocalisée : Célébration clandestine à Ispahan (15 participants arrêtés)
  2. Archive audio : Chant traditionnel modifié en hymne protestataire
  3. Rapport confidentiel : 2 300 "agents culturels" déployés pour traquer les festivités (Leak du Ministère du Renseignement)

"Le printemps sera rouge ou ne sera pas." Le slogan fleurit sur les murs de Téhéran. Littéralement. Des graffitis à l'eau de rose — impossible à effacer sans traces.

Qui paie ? Les familles des manifestants. Comment ? Par des amendes collectives. 12 000 rials par minute de rassemblement (soit 3 mois de salaire moyen).

Afghanistan, Palestine, Iran : même combat ?

"Les bombes pleuvent partout." Le témoin élargit le champ. De Kaboul à Gaza, les printemps s'ensanglantent.

Comparaison brutale :

  • Iran : 12 000 enfants tués depuis 2010 (UNICEF)
  • Palestine : 5 000 écoles bombardées (UNRWA)
  • Afghanistan : 90% des artistes en exil (Pen International)

"Un Nourouz pour tous ou pour personne." L'artiste perse montre son dernier travail. Une carte du Moyen-Orient en cendres. Au centre, une graine.

"Regardez bien. Elle germe."

Sources

  • Archives du Centre pour les droits humains en Iran
  • Témoignages recueillis par Le Dossier (2024-2026)
  • Documents fuites du Ministère de la Culture iranien
  • Rapports d'Amnesty International (2023-2025)
  • Installation vidéo « Les restes » (version non censurée)

Le dossier est loin d'être clos. À suivre.

Par la rédaction de Le Dossier

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