Netanyahou accusé d'avoir ignoré un avertissement avant l'attaque du Hamas : une enquête qui embarrasse

Accroche
45 minutes. C'est la durée de l'appel téléphonique entre Benjamin Netanyahou et le président émirati Mohammed ben Zayed, dix jours avant l'attaque du Hamas. Selon Haaretz, le dirigeant israélien aurait été prévenu d'une opération majeure en préparation. Une révélation explosive, à quelques semaines d'un scrutin crucial.
Les faits
L'enquête du quotidien israélien Haaretz — confirmée par France 24 et L'Humanité — affirme que Netanyahou a reçu un avertissement clair. "Une semaine et demie avant le 7 octobre 2023, le dirigeant émirati a appelé Netanyahou du palais présidentiel d'Abou Dhabi", précise le journal.
Le bureau du Premier ministre israélien dément catégoriquement. "Les informations de presse sont fausses. Il n'y a pas eu d'avertissement", assure-t-il à France Info. Netanyahou a annoncé porter plainte contre Haaretz pour "diffamation", qualifiant ces révélations de "totalement mensongères".
Pourtant, les Émirats arabes unis n'ont pas démenti. "Ils ne commentent pas les conversations entre dirigeants", note Public Sénat, sans infirmer le fond.
Le contexte
L'attaque du Hamas a fait plus de 1 200 morts israéliens. En réponse, l'armée israélienne a lancé une offensive à Gaza qui aurait causé plus de 73 000 victimes selon le ministère de la Santé local — des chiffres jugés fiables par l'ONU.
Depuis, Netanyahou rejette toute responsabilité. Il accuse les services de renseignement, dont plusieurs responsables ont démissionné. "Aaron Aliva, chef d'Aman, et Herdi, ancien chef d'état-major, ont pris leurs responsabilités", rappelle France 24.
Mais l'opposition exige une commission d'enquête indépendante. "Netanyahou a reçu des dizaines d'avertissements pour le 7 octobre et il les a tous ignorés. Il n'est pas apte", tonne l'ancien Premier ministre Naftali Bennett.
Le traitement judiciaire
Netanyahou a engagé une bataille juridique. "Il a chargé ses avocats d'intenter une action en diffamation contre le journal de gauche Haaretz", rapporte France Info. Une stratégie classique pour le dirigeant, habitué aux procès médiatiques.
Pendant ce temps, la Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt contre Netanyahou et son ministre de la Défense Yoav Gallant. Des poursuves symboliques, mais qui pèsent sur l'image internationale d'Israël.
Ce que ça dit de la France
L'affaire révèle l'attention particulière des médias français pour les crises internationales. France 24, L'Humanité et Public Sénat ont tous couvert cette enquête en détail — un traitement bien plus approfondi que pour des scandales politiques locaux.
Preuve de cet intérêt : douze pays européens, dont la France, ont imposé des sanctions contre les produits issus des colonies israéliennes. "Le gouvernement britannique évoque même un nettoyage ethnique", souligne Ouest-France. Une position ferme qui contraste avec la prudence habituelle de la diplomatie française.
La suite est édifiante. Alors que Netanyahou mise sur la sécurité et l'Iran comme thèmes de campagne, l'opposition tente d'unifier les mécontents autour de la réforme judiciaire et de la conscription des ultraorthodoxes. Un débat qui dépasse largement les frontières d'Israël.
ET MAINTENANT ? Les élections du 27 octobre pourraient marquer un tournant. Les sondages donnent l'opposition légèrement devant, mais rien n'est joué. À surveiller : la capacité de Netanyahou à retourner cette crise à son avantage, comme il l'a souvent fait par le passé.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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