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JusticeÉpisode 3/5

Nahel : le tir policier qui divise la France

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-31
Illustration: Nahel : le tir policier qui divise la France
© YouTube

La balle qui a tout déclenché

Retenez ce détail : 2 minutes 40. C’est la durée exacte de la course-poursuite entre Nahel et les policiers à Nanterre. Tout commence sur un couloir de bus. Nahel au volant d’une grosse cylindrée. Les policiers lui demandent de se ranger. Il refuse. Tourne à gauche. Prend un sens interdit. La chasse commence.

À 8h15, les rues de Nanterre sont bondées. Routes des écoles, des crèches, du travail. Un cycliste manque de se faire renverser. Un piéton esquive in extremis. Des motards ferment les yeux. Nahel ne s’arrête pas. Il est bloqué par les bouchons. Le policier Florian sort son arme. Tire. Nahel meurt sur le coup.

La vidéo du tir, diffusée sur les réseaux sociaux, fait le tour du monde en quelques heures. Quarante secondes de chaos. Le visage du policier. Le corps de Nahel. Les cris. Les émeutes commencent le soir même.


L’enquête qui interroge

L’enquête est terminée. Le débat judiciaire est ouvert depuis deux ans. La qualification des faits a évolué. Homicide volontaire en première instance. Requalifié en "violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner" par la Cour d’appel de Versailles le 5 mars dernier.

Le policier Florian invoque la légitime défense. Et l’article de 2017 du code de sécurité intérieure. Celui qui autorise les policiers à tirer sur un véhicule en mouvement en cas de refus d’obtempérer. Maître Liénard, son avocat, défend cette thèse : "Matériellement, c’est un coup mortel. Intentionnellement, c’est légitime."

Le parquet général, lui, fait appel. Il veut requalifier les faits en homicide volontaire. La Cour de cassation doit maintenant trancher. Pourquoi ? Parce que la qualification des faits est la pierre angulaire de cette affaire. Elle détermine tout : le procès, les peines, l’interprétation des événements.


Les zones d’ombre du dossier

L’enquête policière s’est peu intéressée à Nahel. Son histoire. Son contexte. Ses antécédents judiciaires. Il apparaissait une quinzaine de fois dans les fichiers de police. Mais aucune investigation approfondie n’a été menée. Pourquoi ? Cette zone d’ombre empêche de comprendre pleinement ce qui s’est passé.

Les vidéos de surveillance de Nanterre ont révélé des détails cruciaux. Les 2 minutes 40 avant le tir. La folle course-poursuite. Les témoignages des habitants. Mais aussi les erreurs d’interprétation initiales. Les policiers auraient donné des coups de crosse au visage de Nahel ? Faux. L’autopsie ne montre aucune trace.

Nahel aurait perdu connaissance et redémarré la voiture involontairement ? Faux. Il a réalisé quatre actions positives pour redémarrer : appuyer sur le bouton start, enclencher le levier de vitesse, accélérer. La voiture était automatique. Ce détail change tout.


La bataille des récits

Les émeutes ont été immédiates. Le soir même, la mère de Nahel appelle à la révolte dans une vidéo diffusée par le Comité Adama Traoré. L’ultra-gauche s’empare de l’affaire. Le CRAN, Conseil représentatif des associations noires de France, tente de se porter partie civile. Crime raciste ? La justice n’a pas donné suite.

Les députés insoumis parlent de "mise à mort à bout portant". Les policiers sont qualifiés de "meurtriers" avant même l’enquête. La vidéo de 40 secondes devient le symbole d’une police violente. Pourtant, elle ne montre qu’une partie des faits. Pourquoi cette instrumentalisation politique et médiatique ?


La Cour de cassation aura le dernier mot

Le débat est loin d’être clos. La Cour de cassation doit se prononcer sur la légitimité du tir. Est-ce un homicide volontaire ? Une violence volontaire sans intention de donner la mort ? Ou un acte légitime dans le cadre de la légitime défense et du refus d’obtempérer ?

William Moligier, auteur du livre "Dernier recours", résume l’enjeu : "Ce policier a tiré en dernier recours. Mais était-ce vraiment le dernier recours ?" La réponse viendra de la justice. Mais la cicatrice, elle, restera ouverte.


Sources

  • Livre "Dernier recours" de William Moligier
  • Vidéos de surveillance de Nanterre
  • Expertises balistiques et automobiles
  • Cour d’appel de Versailles, requalification des faits le 5 mars 2023
  • Cour de cassation, pourvoi en cours

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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