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Cap Corse : le mystère des 1417 anneaux sous-marins enfin élucidé ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-18
Illustration: Cap Corse : le mystère des 1417 anneaux sous-marins enfin élucidé ?
© YouTube

Tout commence par un hasard

En 2011, les chercheurs Gérard et Christine Pergent scrutent l'écran de leur sonar lors d'une campagne dans le parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate. Des cercles parfaits apparaissent partout. « Des cercles parfaits qui apparaissaient partout sur l’écran de leur sonar », raconte Laurent Ballesta, plongeur scientifique.

Pendant dix ans, personne ne plonge pour vérifier. Le site est à vingt kilomètres des côtes, par plus de cent mètres de fond. « L’endroit était inaccessible et donc très attirant », explique Ballesta.

Juillet 2021. Une première plongée est organisée avec l'équipe d'Andromède Océanologie. Florian Aon et Julie Dars descendent. « 10 ans. 10 ans que je les imaginais et je les vois enfin », confie Ballesta.

À 120 mètres, un jardin sous-marin

Les anneaux se trouvent à 120 m sous la surface. Les plongeurs n'y restent qu'une vingtaine de minutes. Ces vingt minutes leur coûtent quatre heures de remontée — le temps de décompression, obligatoire pour éviter les accidents.

Le décor est « presque artificiel, un peu comme un jardin à la française », selon Ballesta. Chaque anneau se compose de trois éléments : un noyau central rocheux, un disque de sable clair, puis une couronne sombre de petits cailloux colorés.

« D’habitude, les plaines de sable sont comme des déserts, trop instables pour le développement d’une vie sous-marine foisonnante », explique-t-il. Pourtant, la vie est là. Des algues calcaires, des gorgones, des poissons.

Cartographie : 1417 structures sur 15 km²

Une mission de cartographie bathymétrique est lancée. Résultat : 1417 anneaux identifiés sur 15 km². « Elle en a compté 1417 », confirme Ballesta.

Il s'agit de récifs coralligènes — une construction biologique, pas géologique. « Je pensais trouver des choses inertes, des restes de petits cratères, mais sûrement pas quelque chose de vivant », dit-il.

Enquête multidisciplinaire

L'équipe d'Andromède Océanologie installe son QG. Rapidement, ils réalisent : face à un problème aussi complexe, il faut mobiliser plusieurs disciplines. Géologie, écologie, biologie.

« Est-ce qu’il y a des données dans la littérature peut-être ailleurs dans les océans ? » se demande Ballesta. « Et en cherchant, on n’a pas de comparaison en fait aujourd’hui. »

Hypothèses : de la bombe au trésor

Plusieurs pistes sont explorées. Des nids de poissons ? Des cratères de bombe de la Seconde Guerre mondiale ? « Le trésor de Rommel que les corps cherchent depuis des années », ironise un plongeur. « S’il y a pas une explication biologique comme ça, c’est le triangle des Bermudes », ajoute un autre.

Plongée sous pression

Quatre plongeurs expérimentés — Laurent, Thibaut, Roberto et Antonin — s'isolent pendant 21 jours dans un habitacle d'acier réglé à la même pression que celle qu'ils subiront à 120 mètres. « On attaque la descente », annonce l'équipe.

Protocoles inédits

Capteurs pour la recherche de gaz, prélèvements d'échantillons, et surtout une première : le carottage du noyau à cette profondeur, jamais réalisé par des plongeurs.

L'encoche qui change tout

À 112 mètres de fond, une grotte est découverte. Ce niveau correspond à celui du dernier maximum glaciaire.

Le scénario : des variations du niveau de la mer

Selon les données recueillies, le noyau central des anneaux s'est formé il y a 21000 à 18000 ans, dans quelques mètres d'eau, pendant le dernier maximum glaciaire. Puis la mer est remontée. Il y a 8000 ans, la couronne de rodolites (algues calcaires) a commencé à se former à grande profondeur. La serpentinite sous-jacente pourrait avoir libéré de l'hydrogène et du méthane, favorisant le développement biologique.

« Un paysage forgé par la terre, contraint par la mer mais perpétué par la vie », conclut Ballesta.

Un site de référence pour la Méditerranée

L'étude des anneaux permet de reconstituer l'histoire du climat et des variations du niveau de la mer en Méditerranée.

Protéger ce patrimoine

Le site se trouve dans le parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate.

Sources

  • Université de Corse : Gérard et Christine Pergent
  • Andromède Océanologie : Laurent Ballesta, Florian Aon, Julie Dars
  • Parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate
  • Marine nationale
  • Institut national de la plongée professionnelle
  • IFREMER

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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