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Louis Hervé, 17 ans, tabassé à mort : le père accuse l'ASE

Par la rédaction de Le Dossier · 2024-06-29
Illustration: Louis Hervé, 17 ans, tabassé à mort : le père accuse l'ASE
© YouTube

Le guet-apens mortel

Il s'appelait Louis Hervé. Dix-sept ans. Le 20 juin 2024, on le retrouve inconscient, tabassé par cinq jeunes. Un guet-apens filmé, diffusé sur les réseaux. Nicolas Hervé, son père, témoigne sur BFM TV. Il dénonce l'ASE — une institution qui, selon lui, n'a jamais informé la famille des dangers que courait son fils.

Les agresseurs ont filmé. On voit Louis à terre, frappé. Les images montrent son agonie. « C'est horrible », dit le père. « Mon fils était vraiment un bon garçon. Je comprends pas pourquoi tant de haine sur mon petit garçon. »

Selon le père, les enquêteurs parlent de préméditation et d'un guet-apens. D'après Nicolas Hervé, les agresseurs auraient piégé Louis parce qu'il avait osé porter plainte. « Pour eux, quand on écoute les vidéos, tu vas pas aller au flic, tout ça », raconte-t-il.

Louis avait déposé une plainte pour harcèlement en mai 2024. Il ne l'a pas dit à son père. « Moi, on m'a jamais appelé », insiste Nicolas Hervé. Ni la justice, ni l'ASE.

Le 12 juin, Louis s'était réfugié à la gendarmerie. Victime de violences en réunion, il n'a pas déposé plainte. « Pour pas avoir de représailles », explique le père.

Huit jours plus tard, le piège se referme. Louis est attiré sur un chantier. Frappé, laissé pour mort. Les secours le découvrent à 9 heures du matin. Pas de papiers sur lui. L'hôpital le déclare SDF.

Un silence institutionnel

Nicolas Hervé apprend la mort de son fils à 17 heures. « Sa maman m'a prévenu », dit-il. Louis avait été retrouvé à 9 heures. Huit heures de silence pendant lesquelles personne n'a contacté le père.

« J'ai su par sa maman à 17 heures, alors qu'ils l'avaient retrouvé à 9 heures. Il a fallu qu'on aille à Perpignan pour le voir tout de suite parce qu'ils attendaient pour pouvoir l'opérer. » Louis respirait encore. Inconscient. Plusieurs hématomes au cerveau. Les médecins l'opèrent. L'opération réussit. Mais l'état s'aggrave. Trois jours plus tard, la famille doit dire adieu.

Le père raconte : « Il a attendu que toute ma famille arrive. Trois minutes après, il est parti. »

Il dénonce l'ASE : « Personne ne m'a contacté. » Il répète : « Personne. » Avant la mort de Louis, aucun éducateur n'a alerté la famille sur les violences. « Moi, j'arrivais à voir mon fils. Le foyer m'appelait juste quand il fugait », explique-t-il.

Louis était placé à l'ASE depuis plusieurs mois. Il souffrait de troubles TDAH. « Il n'a pas la notion du danger. Il suit tout le monde, parce qu'il est très sociable », dit son père. « Je l'ai donné à la protection de l'enfance. Je comprends pas pourquoi on m'appelle pas. »

L'ASE en accusation

Trois des cinq agresseurs étaient placés à l'ASE. Pas dans le même foyer que Louis, mais dans le même système. « Je ne comprends pas pourquoi ces gens-là sont placés au même endroit que mon fils », lâche Nicolas Hervé.

Après la mort de Louis, il s'est rendu au foyer. « Tout ce qu'ils ont pu me dire, c'est qu'ils sont pas assez pour ne pas les laisser sortir. »

Depuis le drame, aucun responsable de l'ASE n'a pris contact. « Personne ne m'a appelé. »

Interrogé sur BFM TV, Nicolas Hervé dit : « J'ai demandé de l'aide à tout le monde, à tout le monde. » Il avait placé Louis dans un ITEP auparavant. Il en était ressorti — harcèlement. « Il a toujours eu des problèmes avec les jeunes. Il était le souffre-douleur. »

Le père exprime son amertume : « L'aide sociale à l'enfance, ça n'a pas protégé mon fils. » « J'ai du mal à dire le mot “aide sociale à l'enfance” parce qu'effectivement, ça n'a pas protégé mon fils. »

Une plainte ignorée

En mai 2024, Louis avait déposé plainte pour harcèlement et violences. Cette plainte n'a jamais été communiquée à son père. « Moi, on m'a jamais appelé », insiste Nicolas Hervé. « Ni ma compagne, la mère de Louis. »

Le père a appris l'existence de cette plainte après la mort de son fils. Il n'en avait pas été informé auparavant. « Louis ne m'avait rien dit. »

Il avait passé le week-end précédant le drame avec Louis. Fête de la pêche à Trèbes. « On a discuté toute la nuit. On a rigolé. » Louis ne lui a rien dit des menaces. « Il se sentait peut-être coupable », suppose le père.

Le père se souvient aussi d'un épisode en 2022 : Louis avait sauvé une dame victime d'un AVC. « Mon fils aidait toutes les personnes handicapées, tous les jeunes. Il ouvrait les portes, il portait les courses. Toujours bonjour, toujours à sourire. »

Le procureur écarte le mobile raciste

Le procureur de la République a rapidement exclu un mobile raciste, face aux rumeurs sur les réseaux sociaux.

Nicolas Hervé est catégorique : « Nous, on a aucun lien politique. Franchement, je vote même pas. » « Mon beau-frère, c'est un Malien. Dans notre famille, on était métissé. » Pour lui, cette accusation est une « récupération ».

L'hommage du père

Nicolas Hervé a lancé une cagnotte pour soutenir la famille. Il répond personnellement à chaque message. « Pour la mémoire de mon fils », explique-t-il.

Il parle de Louis avec des mots simples. « C'était un garçon gentil. » Il raconte ses passions : la guitare, la pêche. Louis voulait devenir YouTubeur. Ils avaient créé une chaîne ensemble.

« La musique, c'est la seule chose qu'il a toujours réussie. Ça l'a toujours canalisé », dit le père.

Il termine l'interview avec une phrase poignante : « Tu es une pépite. »

À suivre.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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