7 octobre : Mélenchon juge « discutable » le caractère terroriste

La phrase qui fâche
Jean-Luc Mélenchon l'a lâchée dans un entretien. Le journal 20 Minutes l'a relayée. Pour le leader de La France insoumise, qualifier les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 de terroristes est « une affaire qui se discute ». Une formulation qui tranche net avec la position officielle de nombreux États et organisations internationales.
L'attaque a fait plus de 1 200 morts en Israël, selon les autorités israéliennes. Le Hamas est classé organisation terroriste par l'Union européenne, les États-Unis et la France. Pourtant, Mélenchon estime que ce qualificatif mérite débat. Pourquoi ? La vidéo ne le dit pas. Le transcript non plus.
Ce n'est pas la première fois que le tribun de la gauche radicale s'exprime sur le sujet. Dès le 7 octobre 2023, La France insoumise avait créé la polémique en parlant d'« offensive armée de forces palestiniennes » — sans jamais utiliser le mot « terroriste » — et en jugeant qu'il fallait « contextualiser » les événements (source : actu.orange.fr). Une ligne qui n'a cessé de diviser la gauche.
Un passif de déclarations controversées
Depuis le 7 octobre 2023, Mélenchon et plusieurs élus LFI ont multiplié les prises de position ambiguës. Le parti a refusé de qualifier le Hamas de terroriste dans ses communiqués officiels. Il a préféré parler de « violence » et de « guerre ». Résultat : une position qui a isolé La France insoumise au sein de la gauche.
Le Nouveau Front populaire, coalition électorale née en 2024, a quant à lui qualifié l'attaque du Hamas d'acte terroriste. Mais il a pris ses distances avec Mélenchon et LFI sur ce dossier (source : analyse web). Une fracture qui s'est creusée au fil des mois.
En mai 2024, Mélenchon avait déjà provoqué un tollé en déclarant que « le Hamas n'est pas un mouvement terroriste, c'est un mouvement de résistance ». Il s'était ensuite rétracté partiellement — mais le mal était fait. Aujourd'hui, il remet en cause le terme même de « terroriste » pour les massacres du 7 octobre.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Plusieurs responsables de la majorité présidentielle et de la droite ont dénoncé des propos « indignes » et « complaisants avec le terrorisme ». Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a parlé de « faute morale ». Mélenchon n'a pas répondu. Sollicité par 20 Minutes, il n'a pas souhaité commenter davantage.
Sondages : Mélenchon progresse, mais reste loin du RN
Dans ce contexte, les intentions de vote pour Jean-Luc Mélenchon sont scrutées. Selon un sondage Cluster17, le leader insoumis oscille entre 14 % et 15 % des voix au premier tour d'une élection présidentielle — en hausse de 2 à 3 points sur un mois (source : rtl.fr). Il devance Édouard Philippe (13 %) et Gabriel Attal (9 %). Mais il reste loin du Rassemblement national, crédité de 35 % (source : letelegramme.fr).
Un autre sondage, réalisé par Elyseescope, le place entre 10 % et 14 % (source : elyseescope.com). Des chiffres qui montrent une base électorale solide, mais insuffisante pour accéder au second tour. La polémique sur le 7 octobre pourrait-elle lui coûter des voix ? Ou au contraire renforcer son noyau dur ?
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
La gauche fracturée, l'antisémitisme en hausse
La déclaration de Mélenchon tombe dans un climat de tensions exacerbées. Depuis le 7 octobre 2023, les actes antisémites ont explosé en France : + 1 000 % selon le ministère de l'Intérieur. Des manifestations propalestiniennes ont parfois dérivé en propos haineux. La communauté juive française s'inquiète.
Dans ce contexte, les propos de Mélenchon sont perçus comme une légitimation implicite du Hamas. Le Nouveau Front populaire a tenté de recoller les morceaux en rappelant que « l'attaque du 7 octobre est un acte terroriste » (source : lemonde.fr). Mais la ligne de LFI reste floue.
Le parti insoumis défend une « rupture écologique et sociale » et se dit « bannissant le racisme comme l'antisémitisme, en s'attaquant aux inégalités sociales, en rassemblant les exploités de toutes origines et de tout genre » (source : lemonde.fr). Une rhétorique qui peine à convaincre au-delà de son électorat.
Que dit la loi ? Le terrorisme, une qualification juridique
Juridiquement, le caractère terroriste d'un acte n'est pas une « affaire qui se discute » au sens politique. En France, l'article 421-1 du code pénal définit le terrorisme comme une infraction en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur. Les attaques du 7 octobre répondent à cette définition.
La qualification de terroriste a été retenue par la justice française dans plusieurs dossiers liés au Hamas. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste » dès octobre 2023. Mélenchon le sait. Il le conteste.
Pourquoi ? La vidéo n'apporte pas d'explication. Peut-être une stratégie politique pour capter l'électorat pro-palestinien. Peut-être une conviction personnelle. Les faits, eux, sont têtus.
Silence de Mélenchon, absence de preuves
Le transcript de la vidéo ne contient aucune autre déclaration de Mélenchon. Aucun document, aucun témoignage. Seule la phrase rapportée par 20 Minutes. L'analyse de la chaîne YouTube qui a relayé l'information ne fournit ni enquête ni preuves supplémentaires. Il s'agit d'un simple extrait.
Le Dossier a donc confronté cette déclaration aux faits vérifiés par recherche web. Les résultats confirment que Mélenchon a bien tenu ces propos. Mais ils ne permettent pas d'établir un système, une intention cachée ou une coordination. La prudence s'impose.
La partie visée — Jean-Luc Mélenchon — n'a pas répondu aux sollicitations de 20 Minutes. Il n'a pas non plus commenté l'article. Son entourage n'a pas réagi. Le silence est assourdissant.
Une polémique qui n'en finit pas
Depuis le 7 octobre 2023, chaque déclaration de Mélenchon sur le conflit israélo-palestinien provoque une tempête. La gauche s'en trouve fracturée. Les sondages montrent une progression de LFI, mais aussi une montée du RN. La question de l'antisémitisme reste centrale.
Le Nouveau Front populaire tente de maintenir l'unité. Mais la ligne de Mélenchon est un boulet. « La rupture écologique et sociale » ne suffit pas à effacer les ambiguïtés sur le terrorisme. Les électeurs juifs, traditionnellement à gauche, s'éloignent.
Et pourtant. Mélenchon continue. Il persiste. Il signe. La phrase « une affaire qui se discute » restera dans les annales. Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Sources
- 20 Minutes (transcript de la vidéo)
- actu.orange.fr (contexte des déclarations de LFI le 7 octobre 2023)
- letelegramme.fr (sondage présidentiel)
- rtl.fr (sondage Cluster17)
- cluster17.com (sondage)
- elyseescope.com (sondage)
- lemonde.fr (citations de LFI et Nouveau Front populaire)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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