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Marine Le Pen condamnée mais libre : Bardella, le successeur qui monte

Par la rédaction de Le Dossier · 2025-07-07

La justice a tranché : coupable, mais pas trop

« Les faits sont graves. » C’est par cette phrase que la cour a ouvert la lecture de son arrêt, selon le journaliste Nicolas Schulz, présent dans la salle pour France Télévisions. La peine prononcée en première instance le 31 mars 2025 était plus lourde : quatre ans de prison dont deux ferme, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. En appel, le ton change.

Trois ans de prison dont un an ferme — aménagé sous bracelet électronique. L’inéligibilité tombe à 45 mois, dont 30 avec sursis, soit 15 mois ferme. Et ces 15 mois, Marine Le Pen les a déjà purgés depuis le 31 mars 2025. La cour a estimé que l’infraction à la probité avait été purgée. Elle invoque la jurisprudence du Conseil constitutionnel : ne pas entraver le choix des électeurs. Une balance, dit le politologue Jérôme Jaffré. La justice a pesé le pour et le contre. Elle n’a pas voulu désigner le candidat.

Pourquoi cette clémence ? La défense a changé de stratégie. En première instance, Marine Le Pen était arc-boutée, attaquant la présidente du tribunal, niant toute faute. En appel, elle a plaidé la bonne foi, la méconnaissance des règles du Parlement européen. Elle n’a pas critiqué les juges dans la presse. Cela a compté, selon Nicolas Schulz. Le résultat : une peine d’inéligibilité qui s’achève juste à temps pour la présidentielle.

Mais la condamnation reste lourde. Un an de prison ferme, même sous bracelet, est inédit pour une candidate à la plus haute fonction de l’État. La constitutionnaliste Anne-Charlène Bezzina le rappelle : « Il ne faut pas oublier que l’inéligibilité est une peine complémentaire. La peine principale est au centre du jeu. » Marine Le Pen est désormais une délinquante condamnée pour détournement de fonds publics.

Le bracelet ou la candidature ? Le dilemme de Le Pen

Elle avait indiqué sur LCI qu’elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique. Mais aujourd’hui, les juges ne l’ont pas empêchée de se présenter. C’est à elle de choisir. Le bracelet implique des contraintes de déplacement. Christophe Barbier, éditorialiste à Franc-Tireur, imagine qu’elle pourrait déléguer à Jordan Bardella une partie de la campagne.

Les sondages Ifop, cités par le politologue Jérôme Fourquet, montrent que Jordan Bardella serait crédité de 36 % des voix au premier tour, contre 32 % pour Marine Le Pen.

L’électorat RN est caractérisé par un réflexe antisystème et pourrait ne pas être affecté par la condamnation.

Bardella, le plan B qui devient plan A

Jordan Bardella adopte une ligne économique plus libérale que Marine Le Pen, cherchant à séduire les patrons, ce qui suscite des tensions internes au RN. Jean-Philippe Tanguy, proche de Le Pen, incarne l’aile dure.

Que se passera-t-il si Marine Le Pen décide de se présenter ? Christophe Barbier imagine une délégation : elle pourrait laisser Bardella faire les meetings à sa place.

L’électorat RN : une citadelle assiégée

L’électorat RN a un réflexe antisystème. Il voit dans chaque condamnation une preuve de persécution. François Ruffin a déclaré : « Bienvenue dans la République des bracelets électroniques ! Elle avait dit qu’elle était pour l’inéligibilité à vie pour tout politique condamné pour corruption. » Boris Vallaud a rappelé : « Elle est coupable. C’est à elle de poser la question si, quand on est délinquante, on se présente aux électeurs. »

Et maintenant ?

La décision appartient à Marine Le Pen. Elle s’exprimera ce soir au 20 heures de TF1. Elle peut annoncer sa candidature, malgré le bracelet, ou renoncer. Chaque option a un coût. Le pourvoi en cassation est possible, mais n’aura pas d’effet suspensif sur l’inéligibilité déjà purgée.

Le parti doit rembourser plus de 4 millions d’euros. Onze personnes ont été condamnées dans cette affaire.

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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