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FinanceÉpisode 4/1

MaPrimeRénov’ : 5 millions évaporés dans les poches d'un réseau organisé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-23
Illustration: MaPrimeRénov’ : 5 millions évaporés dans les poches d'un réseau organisé
© Illustration Le Dossier (IA)

Roissy, terminus pour un fraudeur

19 avril 2026, 6h17. Le vol EK763 de Dubaï se pose sur le tarmac français. Ludovic B. n'ira pas plus loin. Les douaniers l'attendent comme on guette un rat qui reviendrait au piège.

Sept mois de cavale. Sept mois de virements frauduleux. Le réseau pompait allègrement dans les caisses de MaPrimeRénov’ depuis juin 2023. "Ils créaient des sociétés écrans pour des travaux jamais réalisés", révèle un enquêteur. Et l'État payait. Sans poser de questions.

La recette magique : comment voler l'État en trois étapes

MaPrimeRénov’ devait rénover des logements. En 2026, le programme rénove surtout les comptes en banque de fraudeurs. Leur méthode tient en trois mouvements :

  1. Ouvrir des SARL bidons (toujours avec de beaux noms écolos)
  2. Remplir des dossiers pour des chantiers imaginaires
  3. Empocher les virements automatiques

"Certains montants dépassaient 200 000 euros par dossier", souffle un expert comptable. La facture totale ? 5 millions. Et encore — ce sont seulement les sommes qu'on a pu tracer.

Dubaï, soleil et comptes offshore

Ludovic B. vivait là-bas depuis février. Un choix qui ne surprendra personne. Dubaï est devenue la Mecque des fraudeurs français, avec ses villas climatisées et ses banques complaisantes.

Son arrestation ne marque pas la fin de l'affaire. Loin de là. Où sont ses complices ? Qui fermait les yeux dans les administrations ? Et surtout — combien d'autres réseaux profitent encore du système ?

Un programme en kit

MaPrimeRénov’ cumule les failles depuis des années. La Cour des comptes alertait dès 2024 : "Les contrôles a posteriori sont insuffisants." Deux ans plus tard, rien n'a changé. Pire : le budget a augmenté.

"Ça ressemble à un supermarché en libre-service", ironise un ancien ministre. Les fraudes représenteraient entre 15 et 20% des versements selon des sources internes. Un trou noir de plusieurs milliards.

L'État victime ou complice ?

Les dates parlent d'elles-mêmes :

  • Juin 2023 : premières fraudes détectées
  • Janvier 2024 : dernier virement frauduleux
  • Avril 2026 : première arrestation

Entre-temps ? Rien. Aucun renforcement des contrôles. Aucune alerte publique. Le programme a même été prolongé en 2025.

"Quand on laisse traîner un portefeuille..." commence un policier. Il n'a pas besoin de finir sa phrase.

Sources

  • Le Parisien (22 avril 2026)
  • Documents judiciaires
  • Données internes MaPrimeRénov'

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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