Mali : la chute programmée du régime Goïta après le lâchage russe et la prise de Kidal

Trois faits. Trois chocs. Kidal est aux mains des rebelles. Les mercenaires russes ont plié bagage. Le colonel Goïta, introuvable depuis trois jours. La junte vacille — et cette fois, c'est irréversible.
Quand Kidal sonne le glas
Douze ans. Douze ans de lutte réduits à néant en quarante-huit heures. La forteresse du nord, reprise en grande pompe en 2023, s'est effondrée comme un château de sable. Les images satellites le montrent sans équivoque : les blindés russes filent vers le sud, abandonnant armes et positions.
"On nous a trahis", crache un capitaine malien joint par RFI. Les Wagneriens ont négocié en catimini avec le Front de libération de l'Azawad. Et pourtant. Leur retrait ne surprend personne dans les cercles militaires. "Ils protégeaient le pouvoir, pas le pays", analyse Wassim Nasr. La preuve ? Pendant que les Russes s'enlisaient dans le désert, les djihadistes du GATIA approchaient de Bamako.
Goïta : l'homme qui n'est plus là
Trois jours sans une apparition. Trois jours sans un ordre. Pour un homme qui micro-manageait jusqu'aux interviews de ses ministres, le silence est assourdissant. Deux scénarios circulent dans les couloirs du palais :
- Blessé — peut-être grièvement — lors de l'attaque de Kati qui a coûté la vie à son ministre de la Défense.
- Déposé par ses propres généraux, excédés par les errements stratégiques.
Son dernier coup d'éclat ? Une rupture brutale avec l'Algérie sur le dossier du Sahara occidental. Une erreur. Alger aurait donné son feu vert — pire, son soutien — à l'offensive rebelle.
L'étrange mariage qui tue la junte
Juillet 2024. Dans l'ombre, deux ennemis jurés scellent un pacte : le FLA, indépendantistes touaregs, et le GATIA, djihadistes notoires. Leur cible ? Goïta. Leur méthode ? Une guerre éclair sur tous les fronts.
- Au nord, le FLA prend Kidal et Tessit
- Au centre, le GATIA frappe Gao, Sévaré, Bamako
L'armée malienne, étirée comme un élastique, craque. "Ils ont sous-estimé des combattants qui se battent depuis avant leur naissance", martèle Nasr. Leur arsenal ? Basique. Efficace. Kalachnikovs, lance-roquettes, drones modifiés — la recette du chaos.
L'heure des comptes
Les preuves s'accumulent. Impitoyables.
- Les Russes plient : 300 mercenaires quittent Kidal après un deal avec les rebelles
- Le territoire se disloque : Tessit perdue, Gao en sursis, Bamako sous menace
- La caisse est vide : même la télévision d'État ne paie plus ses employés
- L'isolement est total : Alger hostile, Nouakchott méfiant, Abidjan froid
"Ce régime a cru que la force suffirait. Il se trompait", lâche Francis Patindé. Même les frères d'armes du Burkina et du Niger se taisent. Trop occupés à éteindre leurs propres incendies.
Après Goïta ? Le piège se referme
Deux noms émergent dans les chancelleries : Mahmoud Dicko, l'imam conservateur, et Omar Mariko, le socialiste. Une troisième voie ? Peut-être. Mais Patindé met en garde : "Dicko a bafoué les droits des femmes. Mariko carbure aux vieilles recettes."
Et pendant ce temps, Iyad Ag Ghaly, le chef du GATIA — recherché par la CPI — consolide ses positions. Ses hommes contrôlent déjà des villes, des routes, des frontières. La transition, si elle advient, devra composer avec lui. Voilà le vrai drame.
Sources
- Dépêches RFI (28/04/2026) sur le retrait russe de Kidal
- Communiqué du FLA confirmant l'accord avec Africa Corps
- Témoignages d'officiers maliens sous couvert d'anonymat
- Analyse satellite de l'Observatoire des crises sahéliennes
- Archives France 24 sur l'alliance FLA-GATIA (juillet 2025)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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