Mali : L'alliance mortelle des djihadistes et des Touareg

Bamako est à genoux. Assimi Goïta, le chef de la junte malienne, affronte une menace sans précédent. Une alliance inédite entre djihadistes et indépendantistes Touareg frappe au cœur du pouvoir. La capitale vacille. Et pourtant, l'histoire semble déjà écrite.
Un pacte dévoilé
"Un pacte scellé en 2024." Ces mots de Vincent Hugeux résument tout. Le GSIM (Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans), affilié à Al-Qaïda, et le Front de Libération de la Zawad ont uni leurs forces. Wassim Nastre, journaliste indépendant, a levé le voile sur cet accord.
Le texte prévoit l'instauration de la charia dans les zones rurales contrôlées par les djihadistes. Les villes reviendraient aux Touareg. Des juges communs seraient nommés. Le pacte codifie aussi la gestion des ressources naturelles. Une partition de fait du Mali.
Pourquoi cette alliance ? Les deux groupes partagent un ennemi commun : le régime d'Assimi Goïta. Mais leurs objectifs divergent. Les djihadistes veulent un État islamique. Les Touareg aspirent à l'indépendance.
"Une combinaison d'intérêts à l'instant T," explique Vincent Hugeux. L'histoire se répète. En 2012, une alliance similaire avait déjà vu le jour. Les djihadistes avaient rapidement évincé les Touareg. La France avait alors lancé l'opération Serval.
Kidal, la ville symbole
Kidal est tombée. La ville du nord, vitrine de la reconquête malienne, est sous contrôle des rebelles. Les combats ont été féroces. Les forces gouvernementales, soutenues par les mercenaires russes d'Africa Corp, ont dû battre en retraite.
"Une défaite humiliante," selon Vincent Hugeux. Les Russes ont négocié un cessez-le-feu pour exfiltrer leurs hommes. Les djihadistes et les Touareg ont repris la ville en 24 heures. Une démonstration de force.
Les rebelles ne se sont pas arrêtés là. Ils ont lancé une offensive vers le sud. Kati, ville garnison située à quelques kilomètres de Bamako, a été touchée. Un attentat kamikaze y a coûté la vie à Sadio Camara, ministre de la Défense malien.
"Cerveau du putschisme malien," selon les mots de Vincent Hugeux. Sa mort a ébranlé le régime. Un autre haut responsable du renseignement a également succombé à ses blessures. Bamako tremble.
Le blocus de la capitale
Bamako est sous siège. Les djihadistes ont mis en place un blocus. Les convois de ravitaillement sont attaqués. Les pénuries se multiplient. Le Mali, pays enclavé, dépend de ces livraisons pour survivre.
"Une technique employée depuis plusieurs mois," précise Vincent Hugeux. Les villes de province sont également touchées. Le centre du Mali est particulièrement vulnérable. Les djihadistes y imposent leur loi.
Pourquoi cibler Bamako ? Fragiliser le pouvoir en place. Montrer ses failles. Discréditer la junte. Les djihadistes ne cherchent pas à conquérir la capitale. Ils veulent négocier un accord avec Goïta.
"Leur rapport au temps n'est pas le nôtre," explique Vincent Hugeux. Les djihadistes jouent la longueur. Le califat islamique peut attendre. L'important est de progresser méthodiquement.
L'échec de la Russie
La Russie a perdu. Ses mercenaires d'Africa Corp, anciennement Wagner, ont échoué à contenir la menace. Les exactions contre les civils ont retourné la population. Les Russes ont été forcés de négocier un cessez-le-feu à Kidal.
"Une crédibilité en berne," selon Vincent Hugeux. Les régimes alliés de Moscou au Sahel — Mali, Burkina Faso, Niger — s'interrogent. Ont-ils misé sur le mauvais cheval ?
La guerre en Ukraine a affaibli la Russie. Elle ne peut plus tenir plusieurs fronts à la fois. Son influence en Afrique décline. Les Maliens commencent à douter. Les drapeaux russes brandis lors des manifestations sont désormais rangés.
"Un réveil douloureux," résume Vincent Hugeux. Les Russes se replient sur des pays où leur assise est plus solide. La Libye, par exemple. Le Mali est en train de leur échapper.
L'ombre de la France
La France est accusée. La propagande russe et malienne l'accuse de soutenir les djihadistes. Les vidéos truquées circulent sur les réseaux sociaux. Les leaders d'opinion relayent ces mensonges.
"Un discours simpliste," selon Vincent Hugeux. La France est devenue le bouc émissaire idéal. Le souvenir du colonialisme facilite cette manipulation. Les Maliens, surtout les jeunes, sont sensibles à ce discours.
Pourtant, 52 soldats français sont morts dans la région. L'opération Barkhane, lancée en 2014, a été un échec. La France a été chassée du Mali en 2022. Elle ne reviendra pas.
"Ce serait un désastre," prévient Vincent Hugeux. La France doit se taire. Travailler en silence. Faire du renseignement. Mais surtout, ne pas rêver à un retour post-colonial.
Un avenir incertain
Le Mali est au bord du chaos. L'alliance djihadiste-Touareg gagne du terrain. Le régime de Goïta vacille. Les Russes reculent. La France est absente.
"Une situation extrêmement grave," conclut Vincent Hugeux. Bamako peut-il tomber ? Les djihadistes n'ont pas les moyens d'administrer une capitale. Mais ils peuvent fragiliser le pouvoir jusqu'à l'effondrement.
Le Mali vit sa pire crise depuis 2012. Les civils paient un lourd tribut. Les pénuries, les attentats, les exactions. Entre le marteau des djihadistes et l'enclume de la junte, ils sont pris au piège.
"Un pays à la dérive," résume Vincent Hugeux. Le Mali a basculé. La suite dépendra de la réaction de Goïta. Et de la capacité des Maliens à résister à cette alliance mortelle.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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