Madagascar : Le colonel Rangianirin trahit la Genè Z

La chute d'un héros devenu bourreau
Le colonel Rangianirin a retourné sa veste. Brutalement. Ceux qui l'ont porté au pouvoir — les jeunes du mouvement Genè Z — le qualifient aujourd'hui de traître. "Celui à qui les jeunes ont donné le pouvoir et qui les a trahis". La formule est cinglante.
Six mois. C'est le temps qu'il a fallu pour que les promesses se transforment en cauchemar. Eau, électricité, souveraineté économique ? Rien. À la place, des rafles nocturnes et des sourires forcés devant les caméras. Pendant que ses hommes arrêtaient des manifestants, Rangianirin dansait sur scène lors d'un festival. Le symbole est cruel.
La nuit tombe sur Antananarivo
Ils viennent la nuit. Des véhicules sans plaques, des visages masqués. La semaine dernière, six militants de Genè Z ont disparu dans ce ballet macabre. Trois sont réapparus — meurtris, terrorisés. Les trois autres ? Personne ne sait.
Les témoignages font froid dans le dos. "Ils m'ont mis le canon dans la bouche en me demandant d'avouer", raconte l'un des libérés. Avouer quoi ? Avoir été payé pour manifester. Une accusation grotesque, mais efficace. Amnesty International parle de "méthodes dignes des pires régimes autoritaires". Et pourtant.
Résister malgré tout
Samedi dernier, vingt jeunes ont osé défier l'interdit. Leur cortège silencieux serpentait dans les rues d'Antananarivo. "On veut juste de l'eau et la liberté de parler", murmure une étudiante. Rien de révolutionnaire. Juste l'essentiel.
Mais dans le Madagascar de Rangianirin, réclamer l'essentiel devient un crime. Combien de temps tiendront-ils ? La question brûle les lèvres.
Amnesty sort l'artillerie lourde
L'ONG ne mâche pas ses mots. Son dernier rapport accuse carrément le régime de "violations systématiques des droits humains". Les chiffres sont têtus : 14 disparitions forcées recensées en mars, 37 arrestations arbitraires.
"Une stratégie délibérée de terreur", analyse Amnesty. Le pouvoir joue gros. Trop gros ?
L'île à la croisée des chemins
Voilà où nous en sommes. Rangianirin a trahi ses alliés. Ses méthodes rappellent étrangement celles du président Angel — celui-là même qu'il avait juré de renverser.
Mais quelque chose résiste encore. Ces vingt jeunes dans la rue. Ces témoignages qui fuient malgré la censure. L'histoire n'est pas écrite. Pas encore.
Sources :
- Amnesty International
- Correspondante Gaë Borger
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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