LVF : Ces Français qui ont tué pour Hitler

Quand la France levait une armée pour Hitler
18 juillet 1941. Le Vélodrome d'Hiver résonne de cris haineux. Jacques Doriot, fasciste notoire, harangue la foule : "La France doit combattre aux côtés du Reich !" Devant lui, des milliers d'hommes — pas des soldats contraints, mais des volontaires enthousiastes. Des militants d'extrême-droite. Des repris de justice. D'anciens militaires en uniforme, médailles cliquetant sur la poitrine.
"Pour que mes enfants aient une vie meilleure", marmonne l'un d'eux. Le mensonge prend forme. Le 26 août, premier défilé. Pierre Laval sourit dans les tribunes. Fernand de Brinon, collaborateur zélé, salue le départ des troupes. Direction : l'enfer du front de l'Est.
Biélorussie, 1942 : le baptême du sang
Ils arrivent en hiver. La Wehrmacht les intègre au 638e régiment. Première mission : tenir le front devant Moscou. Première défaite : Djukovo. Le choc.
Puis vint l'arrière-front. Et là...
"J'ai fait pendre toute la racaille juive qui m'est tombée sous la main." La lettre d'Henry Lacroix, commandant du 1er bataillon, glace le sang. En mars 1942, les Allemands lui décernent la Croix de guerre. Son exploit ? Avoir transformé des villages biélorusses en charniers.
Dans son carnet, le légionnaire Dominique Brunelli décrit froidement : "30 pendaisons aujourd'hui. Ça calme les récalcitrants." Une photo jaunie montre des soldats français posant, hilares, près d'un cadavre qui se balance au bout d'une corde.
L'invention d'un verbe : "abraliser"
- Les rapports allemands parlent d'"opérations de pacification". Les carnets français, eux, utilisent un terme nouveau : "abraliser". Détruire un village. Méthodiquement.
Exemple à Krubka, octobre 1942. Des paysans accusés d'aider les partisans. Fusillade. "Un soldat a pris un nourrisson par la cheville, lui a tiré une balle dans la tempe avant de le jeter dans la fosse commune", racontera un témoin.
Les bourreaux ? André de Messine. Henry Lacroix. Roger Aubert. Trois noms français. Trois criminels décorés par le Reich.
L'impunité, seconde trahison
- Retour en France. Les survivants de la LVF se fondent dans la masse. Quelques procès expéditifs. Beaucoup de silences complices.
Pourtant les preuves existent. En 1944, Roger Aubert balance ses anciens camarades : "Le capitaine Carot ? Sa Croix de fer, il l'a gagnée en liquidant trois villages."
Mais qui veut entendre ces voix ? La France préfère tourner la page. Les rescapés biélorusses, eux, n'oublient pas : "Les Français ? Pires que les Allemands parfois."
Épilogue : Berlin, 1945
Les derniers survivants de la LVF finiront dans les rangs de la division SS Charlemagne. Ils mourront pour un Reich agonisant.
Leurs victimes, elles, n'eurent même pas cette chance.
Aujourd'hui, les archives parlent. Elles crient une vérité qui dérange : des Français ont pendu. Fusillé. Massacré.
Leur histoire n'est pas une page sombre de notre passé. C'est une tache de sang qui ne s'efface pas.
Par la rédaction de Le Dossier
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