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Justice

Edwige Alessandri : le fils, le revolver et les incohérences qui ont scellé son sort

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-03
Illustration: Edwige Alessandri : le fils, le revolver et les incohérences qui ont scellé son sort
© YouTube

3h17 : le réveil brutal de Porto-Vecchio

Nuit du 15 juin 2000. Un claquement sec déchire le silence.

Calibre 7.65. Tir à bout portant. Richard Alessandri, entrepreneur de 47 ans, s'écroule dans son lit. Edwige, sa femme, compose le 15 en hurlant : "On nous a tiré dessus !"

Les gendarmes débarquent en neuf minutes. Premier détail qui cloche : la porte d'entrée n'est pas fracturée. "J'avais oublié de la verrouiller", balbutie Edwige. Deuxième anomalie : l'arme du crime est le revolver familial, rangé dans un coffre dont elle connaît le code.

"Un voleur qui utiliserait notre arme ? Qui saurait où nous dormons ?" griffonne le brigadier-chef Santoni dans son rapport. La question restera sans réponse.

L'enquête s'emballe

72 heures. Le temps qu'il faut aux enquêteurs pour retourner la situation comme une crêpe.

Edwige s'accroche à son histoire d'intrus encagoulé. Mais son IRM cérébrale — réalisée après sa crise d'hystérie — livre un résultat ambigu. "Soit un choc post-traumatique, soit une belle comédie", lâche l'expert Marcelli au tribunal.

Les voisins ? Aucun témoignage. Le chien ? Muet.

Et puis arrive Marc-Antoine, leur fils de 19 ans. Son récit vacille. D'abord, il couvre sa mère. Puis il marmonne des demi-vérités. Enfin, le coup de grâce : "Elle me l'avait dit. Elle en avait marre."

Le livre qui fait trembler la justice

Février 2026. Les Deux Mégots de Luc Ferrandi atterrit en librairie. 496 pages qui secouent le dossier.

L'ancien journaliste exhume une analyse balistique passée à la trappe : la balle aurait été tirée du côté gauche du lit — là où dormait Edwige — et non depuis la porte.

Et ces dettes : 287 000 euros cachés. L'assurance-vie ? Edwige en était la seule bénéficiaire. Coïncidence ?

"Preuves circonstancielles !" tonne la défense

L'avocate Me Vazzoler contre-attaque. Elle brandit une statistique accablante : sur 32 condamnations pour parricide depuis 2000, 29 visent des hommes. "On juge plus vite une veuve qu'un vrai criminel", assène-t-elle dans Le Dauphiné.

Le revolver ? "La combinaison du coffre, tout le monde la connaissait." Le fils ? "Un ado manipulé par les flics."

Reste l'énigme des vêtements lavés cette nuit-là. "J'étais couverte de son sang", se défend Edwige. Vrai ? Faux ? Le doute persiste.

L'ombre de la veuve noire

  1. Hélène Jégado.

Cette Bretonne fut la dernière femme guillotinée pour empoisonnement. 60 meurtres présumés. "Condamnée par l'opinion avant le tribunal", rappelle l'historien Paul Derville.

Même schéma pour Edwige ? La presse l'a baptisée "la veuve noire de Porto-Vecchio" avant même son procès. Canal+ lui consacre un reportage à charge en 2012.

Et ces deux mégots sans ADN, disposés trop parfaitement près du corps. Mise en scène ? Les experts se déchirent.

2026 : l'impasse

Edwige croupit en prison.

Sa demande de révision végète depuis 2024. Le nouveau livre relance les spéculations. "On a peut-être fait une erreur", murmure un ancien juré sous couvert d'anonymat.

Mais les faits résistent. Le revolver. Les contradictions. Le revirement du fils. Et cette assurance-vie touchée en... 47 jours.

"Je suis innocente", répète Edwige derrière les barreaux. Les indices, eux, racontent une autre histoire. Affaire à suivre.

Sources :

  • Archives du tribunal correctionnel de Bastia (2000-2002)
  • "Les Deux Mégots", Luc Ferrandi (éd. Goutte d'Or, 2026)
  • Rapports balistiques (n° 3872/2000)
  • Dossier d'assurance-vie CNP n°XK-7747-22

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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