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Lufthansa : les secrets inavouables d'une compagnie sous turbulence

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Lufthansa : les secrets inavouables d'une compagnie sous turbulence
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1955 : Un départ chaotique

En 1955, Lufthansa renaît. Dix ans après l’interdiction des Alliés, elle reprend du service. Quatre avions à hélice. Une flotte minuscule pour une nation en reconstruction. Hambourg devient son berceau. "C’était un événement national", se souvient Margot Roder, l’une des premières hôtesses de l’air.

Les années 1950 ? Une période de pertes financières. Les compagnies étrangères dominent le marché allemand. Argentine, Panama, Brésil, États-Unis : tous exploitent des lignes intérieures. Lufthansa lutte. Elle mise sur un service en cabine hors pair. Margot Roder incarne cette nouvelle image. "Un seul de ses regards vaut le prix du billet", écrit un journaliste de l’époque. Une stratégie qui paie. Lentement.

1977 : Le détournement de Mogadiscio

Le 13 octobre 1977, un Boeing 737 de Lufthansa est détourné. Quatre jours d’angoisse. Cinq jours d’horreur. "Ils nous ont arrosé avec de l’alcool du duty-free pour qu’on brûle mieux", raconte Gaby Dilman, hôtesse de l’air à bord. Le commandant Jürgen Schumann est assassiné. Son corps est jeté sur le tarmac.

Le GSG9 intervient à Mogadiscio. En sept minutes, les otages sont libérés. Trois terroristes neutralisés. Une opération chirurgicale. Mais le traumatisme reste. Gaby Dilman, surnommée "l’ange de Mogadiscio", reçoit la Croix fédérale du mérite. "Le chancelier Helmut Schmidt avait reconnu que nous avions fait l’impossible", confie-t-elle.

2015 : Le crash de Germanwings

24 mars 2015. Un Airbus A320 de Germanwings, filiale de Lufthansa, s’écrase dans les Alpes françaises. 149 morts. Un pilote suicidaire est à l’origine de la tragédie. "Ce jour-là a été le plus sombre de ma vie", avoue Carsten Spohr, PDG de Lufthansa. Les portes blindées, imposées après le 11 septembre 2001, ont empêché tout accès au cockpit. Une mesure de sécurité devenue piège mortel.

Les familles des victimes réclament des réponses. Mais certaines questions restent sans réponse. Pourquoi ? Comment un pilote peut-il faire cela ? La compagnie apprend à vivre avec ce drame. Mais le poids de la culpabilité reste lourd.

2020 : La pandémie et le gouffre financier

Le COVID-19 frappe de plein fouet. Lufthansa perd un million d’euros par heure. Les A380 flambant neufs s’alignent sur les pistes désertes de Teruel, en Espagne. Chaque avion coûte 400 millions d’euros. Une fortune immobilisée. "Aucun secteur n’a été plus affecté que le transport aérien", reconnaît Carsten Spohr.

La compagnie survit grâce au soutien de l’État allemand. Neuf milliards d’euros d’aide. Un sauvetage in extremis. Mais à quel prix ? Les actionnaires grognent. Les coûts salariaux pèsent lourd. Lufthansa doit se réinventer. Encore une fois.

Assumer son passé nazi

Lufthansa assume enfin son rôle sous le régime nazi. Une page sombre de son histoire. "Nous accordons à cette période l’attention qu’elle exige", déclare Carsten Spohr. Dans le nouveau Hangar One à Francfort, deux avions racontent cent ans d’histoire. Sans détour. Sans compromis.

La compagnie allemande reste un géant du transport aérien. Mais les défis sont immenses. Concurrence féroce. Coûts salariaux élevés. Marges bénéficiaires ridicules. Dix euros par passager. Une goutte d’eau dans un océan de dépenses.

Lufthansa survit. Elle a toujours survécu. Mais pour combien de temps ? La question reste ouverte. Les turbulences ne sont pas terminées.

Par la rédaction de Le Dossier

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