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SociétéÉpisode 4/3

Liban : Israël transforme le sud en enfer pour 300000 enfants

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-16
Illustration: Liban : Israël transforme le sud en enfer pour 300000 enfants
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830000 déplacés. 300000 enfants traumatisés. Des attaques nocturnes indiscriminées. Le sud du Liban n’est plus qu’un champ de ruines sous les frappes israéliennes. Emmanuel Massar, coordinateur de Médecins Sans Frontières, témoigne depuis Saïda. Son récit est glaçant.

Une stratégie de destruction totale

Alex Motrich, ministre des Finances israélien, l’a affirmé sans détour : « Transformer le sud du Liban en un nouveau Ragunis. » Ragunis ? Cette ville réduite en cendres lors d’un précédent conflit. Ce n’est pas une menace en l’air. C’est un objectif officiel. Un plan de destruction systématique.

Emmanuel Massar, sur place, ne cache pas son effroi. « Si c’est ça l’objectif, ça fait excessivement peur pour l’avenir de ces gens. » Les frappes israéliennes ne se limitent pas aux infrastructures militaires. Elles touchent tout : civils, hôpitaux, écoles.

14% du territoire libanais est sous ordre d’évacuation. Mais partir n’est pas une option pour tous. « Beaucoup de vieillards, de personnes vulnérables ne peuvent pas évacuer. Pour eux, c’est une condamnation à mort. » Les mots sont durs. Les faits, plus encore.

Trois cent mille enfants dans la tourmente

Trois cent mille enfants déplacés. Trois cent mille. Ce chiffre résonne comme une condamnation. Ces enfants survivent dans des conditions « horribles », selon Massar. Pas d’abris. Pas de nourriture. Pas de soins médicaux.

Les écoles, autrefois sanctuaires d’apprentissage, servent maintenant d’abris de fortune. « Dans certaines classes, deux à trois familles vivent ensemble. Jusqu’à 50 personnes dans une seule pièce. » Imaginez. Des enfants entassés, sans espace, sans espoir.

« Ils sont mutiques, prostrés. Les symptômes sont très inquiétants. » Les équipes de Médecins Sans Frontières tentent d’apporter un semblant de normalité. Des jeux. Des activités. Mais comment apaiser des enfants qui entendent les bombardements chaque nuit ?

Des frappes qui ne distinguent pas

Cette nuit, cinq frappes ont frappé Saïda. Cinq frappes sur une ville civile. « Les sites civils ne sont absolument pas protégés. » Massar établit un parallèle glaçant avec Gaza. « L’armée israélienne attaque de façon indiscriminée toutes les cibles qu’elle veut. »

Les infrastructures médicales sont aussi dans le viseur. Hôpitaux, cliniques mobiles, convois humanitaires. « Il n’y a pas de condamnation de ça. » Le silence international est assourdissant.

Les besoins sont immenses. L’accès à l’eau est un défi. La nourriture manque. Les soins médicaux sont inaccessibles. « L’aide disponible est absolument insuffisante. » La France a envoyé 60 tonnes d’aide. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de désespoir.

Des esprits fracassés

Les déplacés sont traumatisés. Beaucoup ont fui plusieurs fois. « Ils espèrent arriver dans un endroit sûr, mais toutes les nuits, il y a des bombardements. » Les adultes sont en détresse. Les enfants, mutiques. Les familles, brisées.

« Les impacts sur le long terme seront graves. » Les équipes de Médecins Sans Frontières tentent d’apporter un soutien psychologique. Mais comment reconstruire des esprits fracassés par la peur et la violence ?

Les parents, eux-mêmes traumatisés, peinent à rassurer leurs enfants. « Quand on est soi-même traumatisé, c’est difficile de prendre soin de ses enfants. » La solidarité existe. Elle ne suffit pas.

Une situation inacceptable

Emmanuel Massar est catégorique. « Il faut protéger les civils. Arrêter les bombardements indiscriminés. » Mais les mots semblent tomber dans le vide. Les frappes continuent. Les destructions s’accumulent. Les civils meurent.

« Je crains que ce ne soit que le début. » Les autorités israéliennes ont clairement exprimé leur objectif. Transformer le sud du Liban en un champ de ruines. Et elles y parviennent.

Les enfants paient le prix fort. 300000 enfants dont l’avenir est volé. 300000 enfants qui grandissent dans la peur et la violence. 300000 enfants qui méritent mieux que cet enfer.

L’enquête continue.

Sources

  • France 24
  • Témoignage d'Emmanuel Massar, Médecins Sans Frontières
  • Déclaration d'Alex Motrich, ministre des Finances israélien

Par la rédaction de Le Dossier

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