La géolocalisation de Rima Hassan : LFI dénonce un « scandale d’État »

Surveillance illégale : les faits qui dérangent
Le téléphone de Rima Hassan a transmis sa position. À son insu. Pendant combien de temps ? Impossible à savoir pour l'instant. Mais une certitude : la loi est claire. La géolocalisation sans consentement constitue un délit.
Et pourtant. Les services de l'État ont franchi le pas. Laurent Nuñez, patron du renseignement intérieur, s'est retrouvé sous le feu des questions à l'Assemblée. Les députés insoumis n'ont pas mâché leurs mots : « C'est la méthode Barbouze ! » a tonné l'un d'eux.
Trois questions claquent comme des coups de feu :
- Qui a donné l'ordre ?
- Sur quelle base légale ?
- Combien de citoyens sont concernés ?
Nuñez botte en touche. « Sécurité nationale », marmonne-t-il. Mais les dossiers, eux, restent vides. Aucune preuve. Aucune menace concrète. Juste une eurodéputée gênante qu'on a voulu mettre sous surveillance.
Rima Hassan : pourquoi elle dérange
Son crime ? Avoir une voix qui porte. Franco-palestinienne, l'eurodéputée ne cache pas ses engagements. La flottille pour Gaza en 2010. Les colonies israéliennes dénoncées au Parlement européen. Les meetings où elle compare l'occupation à l'apartheid.
La droite déteste ses positions. Le Quai d'Orsay les juge « déplacées ». Mais surveiller une élue pour ses opinions ? Voilà qui change la nature du débat. « On n'est plus dans la polémique politique, mais dans la répression d'État », analyse un constitutionnaliste contacté par nos soins.
Nuñez dans l'œil du cyclone
L'audition tourne au fiasco. Le numéro 2 du renseignement français peine à justifier l'indéfendable.
— « Y avait-il un risque terroriste ? » — « Pas à ma connaissance. » — « Des liens avec des réseaux violents ? » — « Aucun élément en ce sens. »
Les députés LFI sortent de l'hémicycle écumants. « Quand un État commence à fliquer ses opposants, plus personne n'est en sécurité », lance Mathilde Panot. La présidente du groupe promet : cette affaire ne restera pas sans suite.
La boîte de Pandore ouverte
L'affaire Hassan n'est pas qu'un incident technique. Elle révèle une dérive bien plus grave.
En 2024, la loi renseignement autorisait déjà 42 000 demandes de géolocalisation. Combien étaient illégales ? Personne ne vérifie. Les juges n'ont accès qu'à 5% des requêtes. Le reste ? Un trou noir administratif.
« Si ça arrive à une parlementaire, imaginez le citoyen lambda », souffle une source au ministère de la Justice. La CNIL, elle, garde un silence éloquent. Trop politique. Trop sensible.
Les partis dans le vif du sujet
- LFI : demande une commission d'enquête parlementaire
- PS : exige un contrôle renforcé des services
- EELV : parle de « descente aux enfers démocratique »
- LR : aucun communiqué à ce jour (oui, vous avez bien lu)
Seul Macron tente de minimiser : « Il ne faut pas dramatiser ». Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, le hashtag #StopPiratageÉtat explose. Preuve que la fronde dépasse les cercles militants.
Ce qui est en jeu
Derrière les déclarations outragées, l'enjeu est simple : voulons-nous vivre dans un pays où l'État trace ses citoyens comme des colis ? Rima Hassan aujourd'hui. Et demain ? Un syndicaliste ? Un journaliste ? Un simple manifestant ?
La loi est pourtant claire : la géolocalisation secrète nécessite l'accord d'un juge. Sauf urgence terroriste. Sauf que dans les faits, les dérogations pleuvent. Les contrôles ? Quasiment inexistants.
« C'est l'effet cliquet », analyse Me Dupond-Moretti. « On avance toujours plus vers la surveillance généralisée. Jamais en arrière. »
Conclusion : une ligne rouge franchie
L'affaire Hassan sent le sapin. Pas celui de Noël — celui des libertés publiques. Quand un État espionne ses élus, il signe son propre réquisitoire.
La balle est maintenant dans le camp de la justice. Et dans la rue. Car comme le rappelait un vieux slogan : « Qui surveille les surveillants ? » La réponse, aujourd'hui, fait froid dans le dos.
Sources
- Le Monde
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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