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Les disparus de Mourmelon : Pierre Chanal, un militaire suspecté dans une série de crimes non élucidés

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-09-11
Illustration: Les disparus de Mourmelon : Pierre Chanal, un militaire suspecté dans une série de crimes non élucidés
© YouTube

L'énigme de la nationale 77

En janvier 1980, Patrick Dubois, un jeune appelé, quitte le camp militaire de Mourmelon pour une permission. Il ne reviendra jamais. L'armée l'inscrit sur ses listes de déserteurs. Sa famille est convaincue qu'il ne s'agit pas d'une désertion.

Les disparitions s'enchaînent. Servais en 1981. Pascal Sergent quelques mois plus tard. Tous jeunes appelés, tous évaporés sans trace. Aucune alerte, aucune enquête sérieuse — juste des formulaires administratifs estampillés "désertion".

En 1982, Olivier Dier est retrouvé mort. L'autopsie n'établit pas de cause de la mort. Pourtant, le capitaine Vaillant commence à voir un motif : des disparitions qui surviennent le jeudi ou le vendredi, entre 16h30 et 18h30, sur la route nationale 77. Les victimes partagent un profil troublant de similarité — grands yeux, cheveux bruns, visages juvéniles.

En 1985, Patrice Denis, un civil, disparaît en se rendant au camp. La machine judiciaire se réveille enfin.

Le combi et les chaînes

Le tournant arrive en août 1988. Un militaire, Pierre Chanal, est surpris en train de séquestrer un jeune homme dans son Volkswagen. À l'intérieur : des cordes, des chaînes, un sac en toile cirée. L'homme a les cheveux bruns, des grands yeux.

L'enquête établit bientôt que Chanal stationnait à Mourmelon pendant toutes les disparitions. Des cheveux retrouvés dans son combi correspondent à trois victimes. Mais les preuves sont fragiles, les expertises contestées. L'armée freine des quatre fers.

En 1996, on découvre d'autres indices dans le véhicule. Trop tard — Chanal bénéficie d'un non-lieu en 1995. Le procès n'aura lieu qu'en 2003.

Il ne viendra pas. Le jour de l'audience, on retrouve l'adjudant-chef pendu dans sa cellule. Suicide ou dernière manipulation ? La vérité meurt avec lui.

Une justice en lambeaux

Les familles des victimes se heurtent à un mur : l'armée refuse de voir une série criminelle, la justice manque de moyens, les expertises ADN balbutient.

Aujourd'hui, six corps manquent toujours à l'appel. Les parents de Patrick, Servais ou Pascal sont morts sans savoir. Cette affaire n'est pas qu'une sombre histoire criminelle : c'est le récit d'un système qui a failli à ses victimes.

Et ces zones d'ombre, personne ne les éclairera jamais.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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