EXCLUSIF: Laurent Billionaire, l'escroc qui a ruiné ses fans

Marseille s'en mêle
Tout commence à Grasse. Mars 2025. Le parquet local ouvre une enquête discrète sur Laurent Correia — alias Laurent Billionaire — pour escroquerie et blanchiment.
Puis, six mois plus tard, le dossier atterrit à Marseille. Pourquoi ? Parce que les juges marseillais ont les reins solides. Ils traquent l'argent sale depuis des années. Et là, l'affaire pue.
"Compétences spécialisées en criminalité financière", glisse sobrement le parquet. Traduction : on ne parle plus de petites arnaques entre copains.
L'hémorragie
57 000 euros. C'est le trou.
25 victimes — des fans, des crédules, des désespérés — ont cru aux promesses de Laurent Billionaire. "Investissez avec moi. Des rendements garantis à 30%." Qui dit mieux ?
Le collectif AVI a compilé les preuves : relevés bancaires, captures d'écran, enregistrements. "Ce n'est pas une erreur, c'est un système", martèle leur avocat. Certains ont même souscrit des crédits pour alimenter le mirage.
Et pourtant. L'argent a disparu. Comme neige au soleil.
Le mode opératoire
Trois étapes. Un piège parfait.
D'abord, le décor. Voitures de luxe, jets privés, costumes sur mesure. Laurent Billionaire incarne le rêve — version instagrammable.
Ensuite, l'appât. Des rendements mirobolants. "Votre argent travaille pour vous." Sauf qu'en réalité, c'est lui qui travaille... leur épargne.
Enfin, le silence. Plus de nouvelles. Les virements s'arrêtent. Les questions restent sans réponse. Les victimes ? Coincées entre la honte et la rage.
Pourquoi Marseille ?
Grasse a lancé l'enquête. Mais c'est Marseille qui mène la danse maintenant.
La raison est simple : l'affaire dépasse le cadre local. Beaucoup plus. "Juridiction interrégionale compétente", précise une source judiciaire. Sous-entendu : il y a peut-être un réseau. Des comptes offshore. Des complices.
Laurent Billionaire aurait-il joué les apprentis sorciers avec l'argent sale ? La justice fouille.
Les victimes se taisent
25 plaignants. Mais si peu de voix.
La peur, bien sûr. "Certains redoutent des représailles", confie un proche du dossier. La honte, surtout. Comment avouer s'être fait pigeonner par un influenceur à cravate ?
Pourtant, les preuves sont là. Écrasantes. WhatsApp, contrats bidons, virements tracés. Tout accuse Billionaire. Mais l'homme continue de sourire sur les réseaux.
Business as usual.
JLC Family : le show doit continuer
Neuvième saison en cours. Laurent y joue les maris modèles — entre deux posts Instagram sur ses "investissements".
W9, la chaîne qui diffuse l'émission, garde un silence radio. Les victimes, elles, regardent ce cirque avec un goût de cendre. Certaines remboursent encore les crédits qu'elles ont contractés... pour alimenter l'arnaque.
Ironie cruelle : l'émission s'appelle "JLC Family". Mais dans cette famille-là, on dévore les siens.
La loi est formelle
5 ans pour escroquerie. 10 ans pour blanchiment. Les peines maximales font rêver.
Alors pourquoi l'enquête patine ? "Les dossiers financiers prennent du temps", explique un magistrat. Les victimes, elles, n'en ont plus. Certaines ont tout perdu — économies, logement, estime de soi.
Et Laurent Billionaire ? Il poste. Il like. Il vit. Comme si de rien n'était.
La litanie des scandales
2021 : les formations bidon. 2023 : le forex truqué. 2025 : l'affaire Billionaire.
Mêmes méthodes. Mêmes profils. Des influenceurs qui se prennent pour des Warren Buffett — sans comprendre la première ligne d'un bilan.
"La régulation est urgente", tonne le collectif AVI. En attendant, les arnaques fleurissent. Et les victimes pleurent.
Et maintenant ?
Marseille enquête. Les victimes espèrent. Laurent Billionaire poste sa dernière story.
Où est passé l'argent ? Mystère. Les 57 000 euros se sont évaporés. Comme ces 25 vies fracassées par un homme qui jouait les gourous.
La justice avance. Lentement. Trop lentement. Mais elle avance.
Par la rédaction de Le Dossier

