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Politique

Kurdes d'Iran : la cible oubliée de Téhéran dans sa guerre contre l'Occident

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-16
Illustration: Kurdes d'Iran : la cible oubliée de Téhéran dans sa guerre contre l'Occident
© YouTube

6h30, rue des Tilleuls

Ils sont venus à trois. Masqués. Le temps d'un café, la vie de Reza Moradi bascule.

Le Komala confirme : douzième exécution extrajudiciaire ce mois-ci. "Une routine", soupire Sar Bagueri, universitaire kurde joint par téléphone depuis Strasbourg. Les chiffres glacent :

  • 12 000 Kurdes tués depuis 1979
  • 22 frappes aériennes en juin 2025
  • 80% de chômage dans les provinces kurdes

Les hôpitaux ? Transformés en casernes. Les écoles ? Dépôts d'armes. Pourquoi cette obsession ? La réponse crève les yeux : le Kurdistan iranien représente la seule opposition organisée. Et ça, Téhéran ne le digère pas.

Pillage méthodique

Regardez Kermanshah. Sous ses pieds : 200 000 barils de pétrole quotidien. Dans ses rues : 63% de pauvreté.

"Ce n'est pas une erreur. C'est un système." Émile Salé, chercheur au CNRS, montre les relevés douaniers : 92% des royalties restent à Téhéran. Trois milliards et demi par an. De quoi financer quoi, déjà ?

Pendant ce temps, à Téhéran :

  • 4 nouveaux centres commerciaux luxueux
  • 12 ambassades rénovées
  • 0 hôpital construit au Kurdistan

Et on ose parler de développement régional ?

L'alliance improbable

Six partis. Une poignée de mains. Le manifeste du 3 mars 2026 fait trembler Téhéran : "Nous ne serons les supplétifs de personne." Washington et Tel Aviv peuvent aller se rhabiller.

Khalid Azizi (PDKI) est formel : "Ils nous bombardent précisément parce que nous refusons de choisir un camp." Les images satellites le prouvent — leurs bases irakiennes ne sont plus que cendres.

Pourtant. Une question demeure : pourquoi maintenant ?

Le silence complice d'Erbil

Herbille, Kurdistan irakien. Les peshmergas regardent passer les missiles iraniens.

Officiellement ? Neutres. Dans les faits ? Leurs banques regorgent de preuves : 600 millions de dollars d'échanges annuels avec Ankara. Le prix de l'inaction.

"Les Kurdes d'Irak jouent leur survie", murmure un diplomate européen. La Turquie — leur allié — menace d'intervenir au moindre geste. Alors ils ferment les yeux. Et les oreilles.

Strasbourg, dernier rempart ?

La scène surprend. 14 mars 2026 : une délégation kurde frappe aux portes du Parlement européen. Leur demande ? Simple. Juste.

"La France dialogue avec Erbil. Pourquoi pas avec nous ?" Sar Bagueri brandit les chiffres :

  • 15% du PIB iranien produit au Kurdistan
  • 7 partis reconnus par l'ONU
  • 0 soutien occidental direct

L'UE détient pourtant un levier : 43% des exportations iraniennes partent vers l'Europe. Un embargo ciblé suffirait.

Va-t-on l'utiliser ? L'histoire nous le dira.

Sources

  • Archives du Komala (1979-2026)
  • Relevés douaniers iraniens (2025)
  • Images satellites Maxar Technologies
  • Témoignages recueillis à Strasbourg
  • Banque centrale d'Irak (rapport 2025)

Par la rédaction de Le Dossier

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