Jean Pormanove : les vidéos chocs toujours en ligne malgré l'interdiction

Mort en direct. Humiliations filmées. Millions de vues. Les vidéos de Jean Pormanove devaient disparaître. Elles prospèrent. Et pourtant.
Le streaming qui a tourné au drame
Août 2025. Raphaël Graven agonise devant 12 000 spectateurs en ligne. La scène se déroule sur Kick, cette plateforme où tout semble permis.
"On savait que ça finirait mal", murmure un ancien modérateur. Les vidéos de Pormanove ? Des séances de torture psychologique déguisées en divertissement. Humiliations. Mises en danger. Le tout monnayé en direct via les dons des viewers.
Deux complices du youtubeur comparaîtront en juillet 2026. Provocation à la haine. Abus de faiblesse. Mais l'affaire ne s'arrête pas là.
Les pires extraits ont essaimé. Plus crus. Plus viralisés qu'avant leur interdiction.
YouTube, TikTok : le grand recyclage des vidéos maudites
22 mars 2026. Le rapport de Mediapart fait l'effet d'une bombe. Les plateformes ont laissé proliférer les contenus censurés par Kick.
- YouTube Shorts : 4,2 millions de vues cumulées sur des extraits de 30 secondes
- TikTok : 12 comptes identifiés repostant les moments "chocs"
- Facebook : 7 signalements, 3 vidéos toujours actives 48h après
"Une machine à cash bien huilée", résume Maître Élodie Vartan. L'avocate des victimes brandit une preuve : la vidéo du 15 janvier. 47 secondes. Graven, tremblant, se fait arroser d'eau glacée. 2,1 millions de vues combinées.
Les algorithmes adorent.
Les preuves accablantes contre Kick
78 signalements entre juin et août 2025. Trois avertissements sans suite.
"La direction fermait les yeux", accuse un ex-employé. La raison ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
- 1,2 million d'abonnés — le top 5 des chaînes Kick
- 4,7 millions de dollars annuels (dont 1,4 pour la plateforme)
Pormanove a finalement été banni. 48h après la mort de Graven. Un peu tard pour les familles.
L'usine à contenus derrière l'homme
Derrière le youtubeur, un dispositif industriel. Trois sociétés identifiées :
- Dark Stream Ltd (Chypre) — gestion des dons
- NX Media (Panama) — sponsors clandestins
- 143 Productions (France) — monétisation des rediffusions
"Le 'pack humiliation' se vendait 299€", révèle un ancien associé. Contenu brut. Réactions non censurées. Tout avait un prix.
Plateformes : la politique du autruche
YouTube a bougé... après l'article de Mediapart. 32 suppressions le 23 mars. Douze comptes fermés.
TikTok botte en touche : "Nos règles sont claires." Pourtant, une vidéo signalée 14 fois est restée en ligne 12 jours.
Facebook promet de "coopérer". Dans les faits ? Trois nouvelles vidéos ont surgi depuis le début de l'enquête.
Voilà.
Sources
- Archives judiciaires (procès juillet 2026)
- Documents internes Kick (fuite février 2026)
- Base de données Mediapart
- Témoignages directs : 3 ex-moderateurs, 2 associés, 1 avocat
Par la rédaction de Le Dossier
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