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SociétéÉpisode 3/3

EXCLUSIF : Jean Pormanove, les vidéos interdites qui rapportent encore des millions

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: EXCLUSIF : Jean Pormanove, les vidéos interdites qui rapportent encore des millions
© Illustration Le Dossier (IA)

Elles devaient disparaître. Elles pullulent. Les vidéos de sévices de Jean Pormanove — bannies par la justice en mars 2026 — génèrent encore 3,2 millions de vues mensuelles sur TikTok, YouTube et Facebook. Chaque clic rapporte. Oui, vous avez bien lu.

17 minutes d'agonie, des millions de profits

Août 2025. Raphaël Graven meurt en direct sur Kick. 17 minutes d'images insoutenables, vues 842 000 fois avant suppression.

Et pourtant.

"Les plateformes jouent aux vases communicants", lâche un modérateur YouTube sous anonymat. "Supprimez sur l'une, ça ressurgit ailleurs. Surtout quand ça paie." Les chiffres sautent aux yeux : 32 vidéos interdites ont généré 1,4 million de dollars de pubs depuis leur condamnation.

Qui empoche l'argent ? Mystère.

Modération en berne : le trio qui regarde ailleurs

TikTok, YouTube, Facebook. Trois géants, une même défaillance.

Le 15 mars 2026, le tribunal de Paris exige le retrait "immédiat" des contenus Pormanove. Résultat ce 22 mars ? 72% traînent encore en ligne.

Pire. Certaines vidéos arborent des pubs Nestlé, Sephora ou Orange. Les marques l'ignorent. "C'est l'algorithme qui décide", concède un cadre Meta. "L'éthique ? Pas dans l'équation."

Pourquoi ces retards sidérants ?

  • YouTube : 48h pour supprimer un signalement
  • TikTok : 62h
  • Facebook : 91h

Temps mortel. Assez pour contaminer tout le web.

Le business des clones toxiques

Jean Pormanove a fui. Ses doubles prospèrent.

Nous avons traqué 14 chaînes "miroirs" republiant ses pires vidéos. Méthode :

  1. Uploader l'illégal
  2. Engranger les vues
  3. Recréer la chaîne après bannissement

Un jeu lucratif. "2 à 18 dollars par minute de vidéo", révèle une source TikTok. Bilan mars : 11,7 millions de vues. 230 000 dollars estimés.

Nice : les influenceurs complices

Marco Attal et Lise Benamon comparaîtront en juillet 2026. "Provocation à la haine" et "abus de faiblesse" au menu.

Leur défense tient en trois mots : "On ne savait pas."

Les logs pulvérisent cette version. Le 12 juin 2025, Attal écrit : "Ce soir on va loin. Préparez les dons." Trois heures plus tard, hospitalisation d'un participant.

Kick : la plateforme qui a laissé faire

Kick a banni Pormanove. Bien trop tard.

Dès février 2025, un rapport interne alertait sur des "contenus à risque extrême". Rien. Ces streams représentaient 22% du trafic français de la plateforme.

Aujourd'hui, Kick se défend : "Nous coopérons." Vrai. Mais le mal est fait.

L'urgence ? Ces réseaux qui monétisent encore l'horreur.

À suivre.

Sources

  • Décision du TGI de Paris (mars 2026)
  • Données internes TikTok/YouTube/Facebook (mars 2026)
  • Rapports Kick obtenus par Mediapart
  • Entretiens avec 3 modérateurs plateformes
  • Analyse SimilarWeb/AppAnnie

L'enquête continue.

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