Jean-Michel Bailey : le parrain de la Dépêche du Midi protégé par l'Élysée malgré les accusations

L'église de Valence-d'Agen, 2002 : naissance d'une omerta
27 juin 2002. Foule compacte devant l'église. Jacques Majoriee — ami intime de Bailey — vient de se suicider. La Dépêche du Midi titre : "Un homme d'action emporté par la calomnie".
Curieux oubli. Le journal passe sous silence les plaintes pour agressions sexuelles. Il va plus loin : le suspect devient martyr.
"Son sourire cachait les sévices de la calomnie", écrit Alain Beaut. Le même journaliste qui, 23 ans plus tard, balaie les témoignages des victimes : "C'était pas construit."
Annie Gourgueue, présidente d'une association de protection de l'enfance, se souvient : "J'ai écrit au préfet, au curé, au sénateur. Personne n'a répondu. Sauf Bailey." Sa réponse ? "La seule victime, c'est lui." (oui, vous avez bien lu).
Pourtant, le 19 février 2002, Majoriee avait été convoqué par la gendarmerie. Viols répétés sur des adolescents du CLAM. Le PV existe. Les témoignages aussi.
Bailey les efface. Il ne retient que la "délation". Une méthode éprouvée.
Presse, politique, impunité : les trois piliers du système
- Jean-Michel Bailey vise un 6e mandat de maire. Malgré :
- Les accusations de Nathalie Colin (viol à 12 ans, révélé par Mediapart en 2021)
- La plainte de l'association Gourgueue
- Les liens avérés avec Majoriee
Son secret ? Trois leviers.
1. La Dépêche du Midi
Chiffres qui tuent :
- 1,2 million de lecteurs en Occitanie
- 87% des maires de la région abonnés
- 4 Bailey aux postes clés
2. Les amis politiques
- 2016 : Hollande ignore la pétition demandant son limogeage
- 2025 : Hollande pose avec lui, sourire complice
- 12 novembre 2025 : Macron en visite officielle au siège
3. Le silence organisé
Carole Delga, présidente PS de la région, le reçoit en grande pompe. Sa réponse aux questions ? "La justice doit faire son travail." Traduction : pas question de froisser un allié.
Macron-Hollande : marionnettes ou complices ?
- Bailey soutient Macron contre Hamon. 2025, le président lui rend la pareille.
Le 12 novembre, mise en scène parfaite. Jean-Nicolas Bailey (fils et DG) déclare face à Macron : "Nous donnons des points de vue différents." Aucun article sur les victimes, bien sûr.
Laurent Benayoun, ex-rédacteur en chef de La Dépêche, devient directeur de cabinet de... Delga. Alain Beaut, celui qui couvrit l'affaire Majoriee, se présente aux municipales. Avec le soutien... du groupe Bailey.
Et pourtant. La machine tourne.
Valence-d'Agen : la loi, c'est moi
Octobre 2025. Nos journalistes tentent d'assister au conseil municipal. Refus catégorique. Un policier municipal — payé par Bailey — les bloque.
L'article L. 2121-11 est clair : les conseils sont publics. À Valence, seule compte la volonté du maire.
La mairie répond : "Faites une demande par mail." Mail resté sans réponse. Comme les 12 autres.
La terreur comme mode de gouvernance
- Un témoin clé reçoit un appel. Un colonel de gendarmerie l'avertit : "Quittez Valence quelques jours. Des motards arrivent de Paris pour tout casser."
Message reçu. Bailey protège les siens. Sans état d'âme.
Mediapart publie le témoignage de Nathalie Colin. Bailey recule. Il renonce à la présidence du département. Fin de l'histoire ? Pas vraiment.
Le voilà de retour. Plus puissant. Avec le soutien de :
- L'Élysée (Macron)
- L'exécutif (Hollande)
- La région (Delga)
Crime parfait ou déni organisé ?
Annie Gourgueue résume : "C'est la liberté absolue pour tout homme d'agresser. Les institutions embauchent ces gens. C'est elles que j'incrimine."
Les chiffres parlent :
- 0 procès pour Bailey malgré 3 plaintes
- 12 élus nationaux photographiés avec lui depuis 2021
- 1 visite présidentielle en 2025
Dernier symbole : la fresque à la gloire de Majoriee, peinte en 2003. Toujours visible. Comme si les victimes n'avaient jamais existé.
La question n'est plus "Bailey est-il coupable ?" Mais "Jusqu'où ira-t-on pour le couvrir ?"
Par la rédaction de Le Dossier

