Jean-Michel Bailey accusé de viol sur mineur : la vérité derrière le silence médiatique

La révélation de Nathalie Collin
- Nathalie Collin, alors âgée de 48 ans, révèle à ses proches les viols qu'elle aurait subis dans son enfance. Les faits remontent à 1980-1982. Jean-Michel Bailey, alors âgé de 35 ans, est accusé d'avoir violé Nathalie, alors âgée de 12 ans.
"J'ai été ton objet sexuel durant les nombreux weekends que j'ai passés avec toi." Ces mots, Nathalie les adresse à Bailey dans un SMS envoyé en 2016. Un message poignant, où elle l'accuse sans équivoque : "Toi, Jean-Michel Bailey, ministre d'État d'une République qui se voulait exemplaire. J'avais 12 ans et tu en avais 35. Tu savais que ce que tu faisais était interdit. Moi, je l'ignorais."
Jean-Michel Bailey répondra quinze jours plus tard : "Qui tu es ? Je crois." Une réponse évasive, démontrant selon Nathalie une volonté de minimiser les faits.
La plainte et l'enquête préliminaire
En août 2019, Nathalie Collin porte plainte pour viol sur mineur. Une décision courageuse, mais rapidement confrontée à l'obstacle de la prescription. Les faits, ayant eu lieu entre 1980 et 1982, sont prescrits.
En mars 2020, Yvon Collin, père de Nathalie et ancien sénateur, écrit au procureur de la République de Paris et à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. "Je me dois de signaler à la justice les crimes ou délits dont j'ai connaissance." Une démarche qui mènera à l'ouverture d'une enquête préliminaire confiée à la brigade de protection des mineurs de Paris.
La confrontation éprouvante
Le 19 octobre 2021, Nathalie Collin et Jean-Michel Bailey se rencontrent lors d'une confrontation qui durera cinq heures. Un moment chargé d'émotion et de tension. "Il était pas serein pendant la confrontation. Il transpirait", raconte Nathalie. "J'avais la force de la vérité."
Pour Nathalie, cette confrontation était son procès. "C'était mon procès à moi en fait. C'était hyper compliqué." Une étape essentielle pour elle, même si les faits sont prescrits. "Elle a pu dire tout ce qu'elle avait besoin de lui dire", explique son avocate.
Le silence des médias
Malgré la gravité des accusations, peu de médias nationaux ont couvert l'affaire. Pourquoi ? Jean-Michel Bailey est le patron de La Dépêche du Midi, un groupe de presse influent dans le sud de la France. Un média qui distribue les autres titres nationaux dans la région.
"Si jamais il s'avisait de vouloir se venger d'un titre qui ne l'arrange pas, il pourrait menacer de suspendre la distribution", explique un journaliste sous couvert d'anonymat. Une menace qui explique le silence des grands quotidiens.
Dans La Dépêche du Midi, aucun article sur les accusations. Juste une interview de Bailey, où il insinue que la plainte serait une vengeance politique de Yvon Collin. "Je savais qu'il voulait m'atteindre par tous les moyens mais je n'imaginais pas qu'il emploirait les plus indignes."
La censure interne
La Dépêche du Midi est un outil de propagande pour la famille Bailey. Un journaliste du quotidien confie en off : "C'est une figure imposée. Il faut être du côté de Bailey. Il y a pas le choix."
La section commentaires sous l'interview de Bailey est désactivée. Un choix révélateur. L'article est signé d'un pseudonyme, mais plusieurs sources pointent Laurent Benayoun, alors chef d'édition Tarn-Garonne. Contacté, Benayoun nie avoir écrit l'article et renvoie vers Lionel Laparade, rédacteur en chef de La Dépêche. Ce dernier reste injoignable.
Classement sans suite et colère de Nathalie
En janvier 2022, la plainte est classée sans suite pour prescription. Une décision attendue, mais qui ne diminue en rien la colère de Nathalie Collin. "Quand le patron pédophile de La Dépêche du Midi se sert de son journal pour tenter de se défendre, je rappelle que le classement intervient pour prescription et pas pour insuffisance de preuves."
Jean-Michel Bailey reste silencieux. Une stratégie de défense bien rodée. "Il m'aurait attaqué, mais il sait très bien que s'il met le doigt là-dedans, il est mort."
Les questions sans réponse
Pourquoi les médias ont-ils gardé le silence ? Qui a censuré les articles ? Pourquoi Jean-Michel Bailey n'a-t-il jamais été poursuivi pour d'autres faits ? Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
L'enquête continue.
Par la rédaction de Le Dossier


