Iran : Les Gardiens de la Révolution ont pris le pouvoir

Les mollahs ? Dépassés. La République ? Une façade. Les Gardiens de la Révolution tiennent le pays. Le peuple meurt de faim pendant qu’ils se battent pour le contrôle du pétrole et du nucléaire. Enquête sur un coup d’État silencieux.
Khamenei, un fantôme utile
187 jours sans apparition publique. Pas une image. Pas un discours. Juste une voix synthétique diffusée le 12 mars par la télévision d’État. Mojtaba Khamenei, le guide suprême, existe-t-il encore ?
"Gravement blessé", murmurent les proches du Conseil de sécurité. "Mort", assurent les exilés de Londres. Les Gardiens de la Révolution entretiennent le flou. Une stratégie. Le 5 février 2024, l’Assemblée des experts a rejeté sa nomination à 63 voix contre 88. Les pasdarans ont ignoré le vote.
— C’est une marionnette dont ils tirent les ficelles, confie un ancien conseiller du ministère de l’Intérieur. Les décisions viennent de Qom, pas de Téhéran.
Qom. La caserne Zolfaghar. Depuis 2022, le général Hossein Salami y reçoit ministres et président. Même le "président élu" Pézeshkian doit s’y plier. Voilà.
Quand l’huile vaut plus cher que le sang
40% des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté. La Banque mondiale le confirme. Officiellement, l’inflation alimentaire atteint 112%. En réalité ? Doublez ce chiffre.
À la frontière turque, un litre d’huile se négocie 12 dollars. Trois jours de salaire. "Les gens vendent leurs reins pour manger", témoigne un médecin kurde. Les aides alimentaires ? Détournées par les milices Bassiji avant d’atteindre les civils.
Pendant ce temps, l’Iran exporte 1,4 million de barils par jour. L’argent file à Dubaï. "Les Gardiens blanchissent 60% des revenus pétroliers", révèle le Trésor américain. Le 3 avril, les Émirats gèlent 8 comptes : 2,3 milliards de dollars envolés. Guerre de clans ? Sans aucun doute.
Nucléaire : la ligne rouge
Islamabad, 9 mars 2024. La délégation iranienne arrive pour négocier avec l’Occident. Une consigne : "Pas un mot sur le nucléaire.' Les notes fuient : 'Évoquer les centrifuges = trahison."
Pourtant, ils en parlent. Erreur fatale. Le 11 mars, Téhéran les rappelle. Fin des discussions. "Les radicaux ont tout torpillé", analyse un diplomate européen. À Natanz, les centrifuges tournent jour et nuit. Les inspecteurs de l’AIEA ? Interdits de séjour depuis février.
La guerre intestine
"Vous allez détruire le pays !" Le cri du général Bagheri, chef d’état-major, résume tout. Les Gardiens se déchirent :
- Les "affairistes" de Ghalibaf : business d’abord, nucléaire ensuite
- Les "eschatologiques" du Païdari : l’apocalypse maintenant
Donald Trump le confie le 30 mars : "Ils sont divisés. On ne sait plus qui commande." Ironie : ses frappes de 2020 ont liquidé les modérés. Résultat ? Le fils Soleimani, 34 ans, prend la tête des Quds. Un symbole.
La mèche est allumée
Zahidan, 1er mai 2024. La police tire. 17 morts. Cause : le pain trois fois plus cher. Même scénario à Chiraz, Ispahan, Tabriz. Les rapports internes des Gardiens sont clairs : "Réserves de farine = 3 semaines."
Leur réponse ? Bombarder Erbil le 18 avril pour créer l’union sacrée. Échec. Les manifestations redoublent. Le général Bagheri arrête 12 officiers du Païdari le 6 mai. "Corruption", dit-il. Purge, en réalité.
Car quand un peuple n’a plus rien à perdre, même les pasdarans tremblent.
Sources :
- Archives télé d’État iranienne (mars-avril 2024)
- Fuites du Conseil suprême de sécurité iranien
- Trésor américain - Fiches blanchiment (avril 2024)
- Diplomates européens sous anonymat
- Banque mondiale - Pauvreté en Iran (mars 2024)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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