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Hamza, 14 ans : comment l'extrême droite a fabriqué un chef de gang

Par la rédaction de Le Dossier · 30 juin

Un gamin de 14 ans, pas un caïd

Un journaliste remontait le canal Saint-Martin pendant la canicule et a croisé Hamza. Le garçon l'a visé avec son pistolet à eau. « J'étais tout mouillé », raconte-t-il. La scène est banale.

On accuse Hamza d'arroser des passants. Il aurait volé une chaise de bistrot, puis l'aurait mise sur sa trottinette pour se balader. « C'est le maître du canal Saint-Martin », ironise un commentateur. Il ferait payer une « douane » — deux euros pour ne pas être trempé. Les vidéos tournent sur les réseaux. Les médias s'emparent de l'histoire.

Mais qui est vraiment Hamza ? Un gamin de son âge. « C'est chiant ces machins-là », résume la vidéo du Média. « C'est attendrissant une minute. Et insupportable la suivante. » Il teste les limites, fait l'intéressant, provoque. Rien que de très normal pour un adolescent.

Sauf que des copains plus âgés le suivent. Eux le filment sous tous les angles. Ils en tirent profit. Résultat ? Le garçon devient une célébrité locale. « Tout le monde le reconnaît aux abords du canal », rapporte la vidéo. « Il y a carrément des gens qui lui demandent des autographes. » Des journalistes le traquent pour l'interviewer.

Un gamin de 14 ans qui ne sait plus s'arrêter. « Je sais pas, vous avez jamais vu une cour de récré ? », interroge le commentateur.

Jean-Bexon, chef d'orchestre de la panique

Jean-Bexon, journaliste à Boulevard Voltaire, a publié « une quantité astronomique de tweets » sur Hamza. Chaque vidéo où le garçon apparaît finit sur son compte, avec des commentaires alarmistes.

Exemple : Hamza pousse une fille en maillot de bain dans l'eau. Jean-Bexon ajoute : « La douane pousse des jeunes femmes dans le canal. Un comportement dangereux en temps de canicule, un choc thermique peut-être mortel. »

La vidéo du Média cite d'autres tweets. Le journaliste enchaîne les pseudo-révélations. Sa préférée ? « Le gamin aurait déjà fait une farce à la police. » Prison ferme, conclut-il.

Jean-Bexon n'est pas seul. Boulevard Voltaire, Le Figaro, Frontières — « tous les torchons du même acabit », dit la vidéo — relaient l'histoire. « Tout le monde ne parle que de lui », affirme le commentateur. « Le collégien turbulent du canal dépeint comme un véritable chef de gang. »

Les médias de Bolloré amplifient. La machine tourne. La peur rapporte.

Comment ça marche ? La mécanique de l'instrumentalisation

L'extrême droite ne commente pas les faits divers. Elle les sélectionne, les amplifie, les instrumentalise. « Plus l'échéance électorale approche, plus le robinet s'ouvre », analyse la vidéo. « Il faut faire du bruit, du choc, du symbole. »

La nuance ? Toujours perdante. Face aux récits imposés, aux récits inventés.

Et si un sujet se complique, on en change. On trouve un autre visage, plus simple, plus viral, plus manipulable. « Un adolescent turbulent de 14 ans fera parfaitement l'affaire », conclut le commentateur. « Peu importe ce qu'il fait réellement. Peu importe le réel. Ce qui compte, c'est ce qu'on peut en tirer. »

Le reste n'est qu'un détail. Tant que la machine tourne.

Hasard du calendrier ? Le contrefeu parfait

L'affaire Hamza arrive à point nommé. Avant, la mort de Louis, 17 ans, à Narbonne occupait l'extrême droite. Le jeune homme, placé à l'aide sociale à l'enfance, aurait perdu la vie après avoir été tabassé par cinq personnes âgées de 16 à 20 ans.

L'extrême droite « bavait sur l'affaire », selon la vidéo. Elle en faisait des caisses. Jusqu'à ce que les premières informations tombent : les agresseurs sont européens. Pire : certains se revendiquent de l'extrême droite.

« Machine arrière toute », commente la vidéo. « Le petit Hamza et ses conneries d'ados serviront bien pour faire le contrefeu. »

La mécanique est rodée. L'extrême droite désigne des ennemis, toujours perçus comme l'étranger. Celui qui viendrait perturber la « si paisible vie des bons petits Français ». Des Français « irréprochables », aspirant uniquement à la tranquillité et au calme.

Hamza, 14 ans, incarne cette menace. Un gamin au pistolet à eau. Un chef de gang. Un danger public.

Et les autres, dans tout ça ? Deux poids, deux mesures

La vidéo du Média pose une question : où étaient les mêmes voix quand le fils d'Éric Zemmour — au hasard — a « foncé dans deux piétons qui n'avaient rien demandé alors qu'il était complètement bourré au volant de sa bagnole » ?

Silence radio.

« C'est mieux de demander des comptes à un petit mineur », ironise le commentateur. « De pointer du doigt les pseudo-défaillances de ses parents parce qu'il a le malheur de tirer au pistolet à eau sur des flics en pleine canicule. »

Il fait 40 degrés à l'ombre. « C'est bon, on devrait survivre. »

Hamza n'est qu'un symptôme : la panique morale comme outil politique

L'affaire Hamza n'est pas un cas isolé. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large : créer une panique morale, détourner l'attention d'autres affaires, servir un agenda électoral.

Les médias de Bolloré jouent leur rôle. Le Figaro, Frontières, Boulevard Voltaire — tous amplifient. Les politiques s'indignent. « À quand la prison ferme pour le gamin qui arrose les passants et vole une chaise ? », demande un commentateur.

La réponse ? Il a 14 ans. Il est mineur. La justice applique la loi. Mais la loi n'intéresse pas ceux qui veulent du choc, du symbole, de la peur.

Hamza, lui, continue de traîner au canal. Ses copains le filment. Les médias le traquent. Les politiques s'indignent. Et la machine tourne.

Pendant qu'on parle d'Hamza

Ce 30 juin, le constat est clair : l'extrême droite a trouvé son bouc émissaire — un adolescent de 14 ans, un pistolet à eau, une chaise volée.

Pendant ce temps, d'autres affaires avancent. La mort de Louis à Narbonne. Les violences policières. La grève du SAMU social de Paris. Les salariés dénoncent une « dégradation continue des conditions de travail ». La suppression de 1 200 nuités d'hôtel pour les sans-abri.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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