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Des identitaires français taguent un graffiti visant Gisèle Pelicot à Belfast

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-16
Illustration: Des identitaires français taguent un graffiti visant Gisèle Pelicot à Belfast
© Illustration Le Dossier (IA)

Une image qui détonne

Le décor est pavoisé de drapeaux unionistes. Pourtant, une image détonne. Alors que le défilé du Twelfth battait son plein dans les rues de Belfast, un graffiti est apparu sur la vitrine d’un magasin du quartier de Sandy Row. Un message court, d’une violence crue. Il vise Gisèle Pelicot — devenue symbole de la lutte contre les violences sexistes après le procès des viols de Mazan.

L’enquête de Mediapart, signée Matthieu Suc, pointe des militants identitaires français. Invités aux célébrations unionistes, ils auraient profité de ce séjour en Irlande du Nord pour taguer ce graffiti. Un acte qui, s’il est confirmé, dépasse le simple fait divers. Il s’inscrirait dans une stratégie de diffusion transnationale de discours misogynes.

Les faits

Le 12 ou 13 juillet 2026, la communauté protestante d’Irlande du Nord célèbre le Twelfth. Une fête unioniste marquée par des feux de joie, des parades militaires et musicales. Mediapart la décrit comme « en théorie festif et familial », depuis l’apaisement des tensions avec les catholiques.

Mais cette année, les célébrations ont été perturbées. Des graffitis misogynes ont été tagués sur la devanture d’un magasin du quartier de Sandy Row, à Belfast. Le défilé était toujours en cours. Les auteurs présumés ? Des militants d’extrême droite français, invités par des groupuscules unionistes.

L’enquête ne précise pas le contenu exact du graffiti. Elle indique qu’il ciblait Gisèle Pelicot — victime des viols de Mazan, une affaire qui a secoué la France. Le procès s’est achevé en décembre 2024. Les identitaires français auraient profité de leur séjour pour commettre cet acte.

Mediapart reste la seule source à rapporter ces faits. Les circonstances exactes — l’heure précise, l’identité des taggeurs, l’éventuelle complicité de militants britanniques — ne sont pas encore établies. Aucun autre média n’a corroboré l’information.

Le contexte

Gisèle Pelicot est née le 7 décembre 1952 à Villingen, en Allemagne. Victime de viols orchestrés par son ex-mari, Dominique Pelicot — qui la droguait pour la livrer à des inconnus —, elle a choisi la publicité des débats. Le 31 décembre 2024, Le Figaro révélait qu’elle était élue personnalité la plus marquante de l’année selon une enquête Odoxa. Son visage, son nom, sont devenus des symboles.

Voilà ce que les identitaires français auraient visé. Mais pourquoi Belfast ? Le Twelfth est une célébration clé pour la communauté unioniste d’Irlande du Nord. L’Ordre d’Orange, fondé en 1795, organise ces parades. Historiquement marqué par des tensions avec les catholiques, l’événement s’est récemment ouvert à des invités étrangers.

Mediapart suggère que des militants d’extrême droite français ont été conviés par des groupuscules britanniques. Une porosité nouvelle, qui dépasse les frontières. L’Ulster Volunteer Force (UVF) — groupe paramilitaire loyaliste fondé en 1966 — ou d’autres factions unionistes entretiennent des liens avec l’extrême droite européenne. Mais l’enquête ne détaille pas quels groupes précis ont invité les Français.

Le traitement judiciaire

À ce stade, aucun élément judiciaire n’est documenté. Mediapart ne mentionne ni dépôt de plainte, ni enquête ouverte par les autorités nord-irlandaises ou françaises. Les identitaires mis en cause n’ont pas été identifiés nommément. Leur nombre, leur âge, leur appartenance exacte à tel ou tel groupuscule restent inconnus.

La présomption d’innocence s’applique pleinement. Les faits sont rapportés par une seule source, Mediapart, qui les attribue à des « militants » sans les nommer. Aucune confrontation, aucune garde à vue, aucune mise en examen signalée.

Le Police Service of Northern Ireland (PSNI) n’a pas communiqué sur ce graffiti. Du côté français, le parquet n’a pas été saisi, selon les informations disponibles. L’enquête de Mediapart pourrait toutefois déclencher des réactions judiciaires — si les faits sont confirmés et les auteurs identifiés.

Ce que ça dit de la France

Ce fait divers dépasse le simple tag. Il révèle une porosité croissante entre des groupuscules extrémistes français et britanniques. Une convergence autour de la diffusion transnationale de discours misogynes.

Gisèle Pelicot est devenue une cible pour l’extrême droite. Son procès, médiatisé, a cristallisé les haines. Certains voient en elle l’incarnation d’un féminisme qu’ils rejettent. D’autres, plus radicaux, l’utilisent comme un symbole à abattre. Le graffiti de Belfast n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une stratégie de harcèlement — numérique et physique — qui traverse les frontières.

Les identitaires français ne sont pas nouveaux. Des groupuscules comme les Zouaves Paris, le GUD ou des mouvances plus récentes ont déjà tenté des alliances avec des homologues européens. Mais l’Irlande du Nord est un terrain particulier. Le conflit unioniste-républicain, les paramilitaires, les traditions orangistes offrent un terreau fertile pour des alliances contre-nature.

Pourquoi des Français iraient-ils taguer à Belfast ? Parce que le discours misogyne n’a pas de frontière. Parce que Gisèle Pelicot est devenue une icône mondiale. Et parce que ces groupuscules cherchent à étendre leur influence, à tisser des réseaux, à normaliser leur violence.

Mediapart le souligne : cet incident « illustre aussi les connexions nouvelles entre groupuscules d’extrême droite britanniques et français ». Une connexion qui inquiète. Car si des militants français peuvent agir impunément à Belfast, quels autres actes préparent-ils ? Et avec quels alliés ?

L’affaire est encore mince. Une seule source, des faits non corroborés, des auteurs non identifiés. Mais elle pose une question : jusqu’où ira cette internationalisation de la haine ? Le graffiti de Sandy Row n’est peut-être qu’un début.

Sources :

  • Mediapart — « Des identitaires français profitent d’un séjour en Irlande du Nord pour s’en prendre à Gisèle Pelicot », Matthieu Suc, 16 juillet 2026.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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