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Colonisation française : l'humiliation programmée de l'arabe

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-03
Illustration: Colonisation française : l'humiliation programmée de l'arabe
© YouTube

Quand la colonisation fracture les familles

Lyautey l'avait cyniquement théorisé : « Pour faire une bonne colonisation, il faut des soldats et des prostituées. » Au Maroc, des quartiers entiers étaient dédiés à l'exploitation sexuelle des femmes locales. Devant leurs maris. Leurs fils.

Et pourtant, l'humiliation dépassait les corps. Elle s'immisçait dans les mots. Les colons tutoyaient les hommes, leur attribuaient des prénoms français. « La colonisation est entrée dans chaque famille », martèle Najwa Kassem. Une déchirure qui coupe encore les transmissions linguistiques aujourd'hui.

L'arabe, otage des fantasmes

Langue de poésie et de science, l'arabe s'est retrouvée piégée. D'un côté, les régimes autoritaires du Maghreb l'ont laissé dépérir. De l'autre, la France en a fait un épouvantail.

  1. Najwa Kassem propose d'enseigner l'arabe à l'école. Le tollé est immédiat. « Fracturer la France », tonne le ministre de l'Éducation. « Nourrir le communautarisme », renchérit un député. Des parents écrivent : « La France, c'est pas l'Arabie. » Comme si parler arabe empêchait d'être français.

Ironie cruelle : notre langue regorge d'emprunts à l'arabe. Algorithme. Algèbre. Même le mot « chiffre » vient de sifr (صفر) — le zéro, invention arabe. Mais ça, on l'oublie.

La honte, arme absolue

« Rase les murs. Parle bien français. » Cette injonction, des générations d'enfants maghrébins l'ont entendue. Résultat ? Une rupture. Des petits-enfants incapables de parler à leurs grands-parents.

La honte a fait son œuvre. Elle ronge encore. Pourtant, Kassem insiste : « On peut toujours se réapproprier son identité. » Cinq mots suffisent pour commencer. Une chanson. Un poème. L'essentiel est de briser le silence.

Mots piégés, regards biaisés

« Immigration ». « Communautarisme ». Ces mots-valises ont tout avalé — les nuances, les visages, les destins. « On vit dans une époque où les mots sont vidés de leur sens », constate amèrement Kassem.

Et si la solution venait des livres ? « Lire, c'est ne pas être un esclave », lance-t-elle. Lire Tayb Saleh. Lire Darwich. Découvrir que l'arabe ne se réduit ni au Coran ni aux invectives télévisées.

Réhabiliter, transmettre, célébrer

Une chanson libanaise écrite pendant la guerre. Un roman soudanais sur l'exil. L'arabe vibre dans ces œuvres qui résistent. Qui persistent.

La tâche est immense. Il faut défaire des siècles de mépris. Mais chaque mot appris, chaque texte partagé est une victoire. L'arabe n'est pas une menace. C'est une chance.

Sources :

  1. L'arabe pour tous de Nabil Wakim
  2. Saison de la migration vers le nord de Tayb Saleh
  3. Les informés de franceinfo, 22 avril 2026

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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