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Guillaume Pley : management toxique, racisme et messages à des mineures — l'enquête qui accable

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-06
Illustration: Guillaume Pley : management toxique, racisme et messages à des mineures — l'enquête qui accable
© YouTube

Sept mois de travail. Plus de cinquante témoins. Des preuves écrites, authentifiées par pièce d'identité. Le 5 août 2026, Les Inrockuptibles publient une enquête sur Guillaume Pley, fondateur de Legend, mis en cause pour management brutal, racisme banalisé et relations inappropriées avec des jeunes filles mineures. Joint par le journaliste, Pley n'a pas répondu.

30 % de turnover par an — le management selon Pley

Selon l'enquête, Guillaume Pley exigeait un turnover minimum de 30 % par an dans ses équipes. « Prendre la main-d'œuvre comme un outil, un instrument, s'en servir, l'épuiser, et puis de toute façon il y aura du réassort », résume Iban Raïs, journaliste auteur de l'enquête.

Les témoignages décrivent des semaines de plus de 60 heures. Des arrêts maladie à répétition. Des salariés qui perdent du poids, qui perdent leurs cheveux. Un monteur est resté enfermé toute une nuit dans la rédaction — personne n'a remarqué qu'il était encore là.

Chez Energie, où Pley a débuté, il a humilié un stagiaire en pleine rédaction : « Regarde-toi, personne ne voudra de toi dans ce milieu. Regarde à quoi tu ressembles. » Des remarques grossophobes.

Racisme et référence à Hitler : le récit qui tue

L'enquête dévoile un climat de racisme banalisé. Selon deux sources ayant authentifié leur témoignage par écrit, Guillaume Pley aurait demandé à ses auteurs de s'inspirer des discours de Hitler pour rendre leurs intros plus « impactantes ».

Une source racisée raconte des blagues sur ses origines, une essentialisation permanente, des poncifs racistes déversés sans filtre. « Il était tout le temps ramené à ça », explique Iban Raïs.

Des centaines de messages à des mineures — la « team player »

De 2011 à 2018, Guillaume Pley a envoyé des centaines de messages à des jeunes filles qui se faisaient appeler la « team player ». Un jeu de mots avec son nom de famille.

Les messages, publiés par Les Inrockuptibles, montrent une drague lourde, des compliments sur le physique, des propositions de rendez-vous. Pley a le double de leur âge. Il leur souhaite leur anniversaire chaque année. Il leur demande leur âge. Une jeune fille lui répond « 17 ans dans un mois ». Il lui répond : « Surtout dans un an, 18 » — avec un clin d'œil.

L'une d'elles, qu'il a vue plus de 50 fois après les émissions, reçoit ce message : « Je pense qu'on aura très envie de s'embrasser. » Il lui parle depuis qu'elle a 14 ou 15 ans.

La demande de suppression des preuves

Il ne se contente pas d'envoyer des messages. Il exige aussi le silence. « J'aurais pas confiance si tu supprimes pas. » Un message retrouvé sur Snapchat. Il a réussi à effacer l'historique sur Instagram, mais pas tout. Les conversations laissent des traces.

Depuis la publication, d'autres jeunes femmes se sont manifestées. Iban Raïs reçoit de nouveaux témoignages. « Il y a d'autres sources qui sont venues me parler depuis la sortie de l'enquête », confie-t-il.

L'absence de RH — une rédaction en cours de récréation

Pas de RH, pas de procédure, pas de protection. Chez Legend, il n'y avait pas de service des ressources humaines. La directrice financière gérait les conflits internes. « Quand tu n'as pas de RH, ta rédaction se transforme en cours de récréation », analyse Iban Raïs.

Sophia, une employée, a envoyé une lettre à la direction pour alerter sur les dérives. Elle a été mal reçue. Sa lettre, publiée dans l'enquête, montre que la direction n'a rien voulu entendre.

Le silence de Guillaume Pley

Pley a choisi le silence. Ni lui, ni son directeur des productions Stéphane Langlais, ni aucun membre de son entourage n'a répondu aux sollicitations d'Iban Raïs. « Il ne nous a pas répondu. C'est une réponse en soi », note le journaliste.

Une vidéo de TPZ sur le même sujet a été censurée suite à un extrait de 14 secondes.

Et maintenant ?

Iban Raïs a reçu de nouveaux témoignages depuis la publication. La parole se libère.

Legend, média qui fait 85 millions d'écoutes par mois et 6 milliards 5 de vues en 2025, continue de générer des audiences colossales. Mais le revers de la médaille est lourd. Le système Pley, de Energie à Legend, repose sur l'épuisement des équipes, l'humiliation, le racisme et la prédation sur des mineures.

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant. Quelles suites judiciaires ? Les plaintes vont-elles tomber ? Rien n'a filtré.

Ce que l'on sait, c'est que Guillaume Pley a construit un empire sur le dos de centaines de jeunes salariés et de fans mineures. Le système a tenu des années. Il commence à se fissurer. Les preuves ne mentent pas. Et pourtant.

Sources : Les Inrockuptibles (enquête d'Iban Raïs, 5 août 2026), Le Monde (enquête de juin 2025 sur Legend), TPZ (vidéo censurée), Mediapart (enquête antérieure sur Franck Gastambide), Rhinoceros (vidéo d'analyse).

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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