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Godelive Mukasarasi : La femme qui répare les blessures invisibles du génocide rwandais

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-07
Illustration: Godelive Mukasarasi : La femme qui répare les blessures invisibles du génocide rwandais
© YouTube

Le cri silencieux des survivantes

"Les survivantes ont été réduites au silence." Ces mots de Godelive Mukasarasi frappent. En 1994, le génocide contre les Tutsis du Rwanda a laissé derrière lui des vies brisées. Des familles entières décimées. Des femmes violées. Des enfants nés de ces viols. Des blessures invisibles qui ne cicatrisent pas.

Godelive Mukasarasi, elle-même survivante, a fait un choix. Ne pas laisser la souffrance définir sa vie. "J'ai refusé." Trois mots qui disent tout. Elle a fondé Sévota — une organisation qui accompagne les femmes et les enfants issus des violences sexuelles. Plus de 1000 personnes aidées. Des vies reconstruites, une à une.

Mais ce silence ? La honte. La peur. La stigmatisation. Les survivantes portent le poids de ces violences. Godelive leur offre un espace pour parler. Pour être écoutées. Pour reprendre le contrôle de leur histoire. "C’est une forme de guérison." La parole comme outil de reconstruction.

Les enfants du hasard

"Les enfants nés du hasard." C’est ainsi que Godelive Mukasarasi les nomme. Ces enfants issus de viols pendant le génocide ont longtemps été stigmatisés. "Enfants de malheur." "Enfants de la brousse." "Judas." Des mots qui blessent. Des mots qui enferment.

Aujourd’hui, leur image change. Ils ne sont plus définis par les circonstances de leur naissance. Ils sont reconnus pour leurs talents. Leurs ambitions. Leurs réussites. "Nos enfants sont beaux, sont très beaux pour le Rwanda." Une chanson, écrite par les survivantes, symbole de cette transformation.

Mais le chemin a été long. Ces enfants, souvent rejetés par leurs mères, ont dû trouver leur place dans une société marquée par le traumatisme. Godelive Mukasarasi et Sévota ont été leurs guides. Leurs défenseurs. Leurs réparateurs.

Le traumatisme transgénérationnel

Plus de 30 ans après le génocide, le Rwanda est un pays jeune. 70% de sa population est née après 1994. Mais le traumatisme, lui, persiste. Il se transmet. De génération en génération.

Pour Godelive Mukasarasi, ce phénomène est clair. "Le traumatisme se transmet aujourd'hui de manière transgénérationnelle." Les jeunes Rwandais doivent intégrer un passé qu’ils n’ont pas vécu. Une mémoire collective douloureuse.

Comment accompagner cette nouvelle génération ? Des enseignants formés. Des thérapeutes. Des personnels institutionnels préparés. "Ils doivent être formés pour aider à transformer ce traumatisme en mémoire constructive." Un défi immense pour un pays en reconstruction.

Le procès Pellicot : Un tournant en France

Godelive Mukasarasi évoque un autre combat. Celui de Gisèle Pellicot. En France, le procès Pellicot a marqué un tournant. Une reconnaissance des violences sexuelles. Une lutte contre l’impunité.

"Le procès de Gisèle Pellicot en France a marqué une routine." Une routine ? Non. Une rupture. Une prise de conscience. La société française a commencé à regarder en face la réalité des violences sexuelles. Les victimes ont été entendues. Leurs voix, enfin reconnues.

Pour Godelive Mukasarasi, ce procès est un écho. Un rappel de l’importance de la justice. De la mémoire. De la réparation. Les survivantes du génocide rwandais, comme Gisèle Pellicot, méritent d’être écoutées.

La Réparatrice

"La Réparatrice." C’est le titre du livre de Godelive Mukasarasi. Un titre qui dit tout. Elle répare. Les vies brisées. Les mémoires oubliées. Les liens sociaux déchirés. Elle reconstruit, pierre par pierre, un Rwanda meurtri.

Son engagement est né d’une promesse. Pendant le génocide, alors que ses enfants et son mari étaient menacés, elle a prié. Elle a promis de créer une œuvre charismatique. Une œuvre pour les survivants. Pour les survivantes. Pour les enfants du hasard.

"Chaque fois que je vois un jeune né de violence sourire, nous sommes de bons." Ces mots, simples, disent tout. Le sourire d’un enfant. La réussite d’une mère. Une victoire contre l’oubli. Une victoire contre la honte.

Godelive Mukasarasi continue son combat. Avec Sévota, elle accompagne, elle répare, elle reconstruit. Une femme. Une voix. Une lumière dans l’obscurité.

À suivre.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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