Gaza : l'enquête qui révèle le grignotage israélien après le cessez-le-feu

360 mètres au-delà de la ligne jaune
En octobre dernier, le plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre divisait temporairement Gaza en deux. Une ligne jaune, nette sur les cartes. D'un côté, la zone sous contrôle du Hamas. De l'autre, l'armée israélienne, qui s'engageait à reculer progressivement. C'était la promesse.
Elle n'a pas tenu.
Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux par des Palestiniens montrent une tout autre réalité. Le 3 décembre dernier, un homme filme un bloc de béton jaune. Derrière lui, des bâtiments identifiables. Les enquêteurs les localisent par images satellite. Le verdict tombe : le bloc se trouve à 300 mètres au-delà de la ligne jaune officielle.
Ce n'est pas un cas isolé. Dans un autre quartier, quelques jours après le cessez-le-feu, la route est dégagée. Cinq mois plus tard, des blocs ont poussé à 360 mètres du tracé. Des remblais de terre — typiques des postes d'observation israéliens — apparaissent dans les mêmes cercles.
Les images satellite comparent octobre 2025 et mars 2025. En octobre, des bâtiments tiennent encore debout. En mars, il n'en reste rien. Rasés.
Jusqu'où l'armée israélienne a-t-elle avancé ? L'ONU a cessé de parler de ligne jaune. Elle évoque désormais une « ligne orange ». Selon la première phase du plan Trump, Israël devait contrôler 53 % de la bande de Gaza. Huit mois plus tard, l'État hébreu affirme en contrôler 60 %. Benjamin Netanyahu veut aller plus loin.
Des milices armées sous protection israélienne
Le grignotage territorial n'est pas la seule stratégie. Il y en a une autre, moins visible, mais tout aussi méthodique.
Israël soutient des groupes armés palestiniens qui s'opposent au Hamas. Ces milices sont actives sur les réseaux sociaux. Leur blason est identifiable. Leur chef parle. Leurs vidéos d'entraînement sont publiées sans crainte.
Les enquêteurs ont localisé le camp de base de l'un de ces groupes. Le bâtiment apparaît sur une vidéo d'entraînement. En comparant avec des images d'avant-guerre, ils découvrent que c'était une école. Aujourd'hui, des hommes armés s'y entraînent au grand jour.
Pourquoi le Hamas ne les attaque-t-il pas ? La réponse est simple : les quartiers généraux de toutes ces milices se trouvent dans la zone contrôlée par l'armée israélienne. Selon des experts cités dans l'enquête, ces groupes ne pourraient pas opérer sans l'aval de Tsahal.
Ces combattants palestiniens mènent des attaques contre le Hamas. Ils diffusent les images de leurs ennemis abattus. S'agit-il d'opérations conjointes avec Israël ? Le 30 janvier dernier, un chef de milice s'affiche au côté d'un commandant du Hamas tout juste capturé à Rafah. Le même jour, l'armée israélienne revendique dans un communiqué officiel l'arrestation au même endroit d'une figure du mouvement terroriste.
Coïncidence ? Les enquêteurs en doutent.
Un patch Tsahal sur la veste du chef
Les chefs des milices ne cachent pas leur proximité avec Israël. L'un d'eux, Oussama al-Mustal, arbore sur sa photo de profil un patch bien spécifique. Les enquêteurs identifient la marque : Armée de Défense d'Israël (Tsahal), une enseigne israélienne.
Est-ce un hasard ? Sur son site internet, l'entreprise indique être fournisseur pour le ministère israélien de la Défense. Le patch n'est pas un accessoire de mode. C'est un signe d'appartenance.
Ces milices tentent de gagner le soutien de la population locale. Elles distribuent des vivres, des jouets. Mais leur poids politique reste limité face au Hamas, qui n'a pas l'intention de se désarmer.
60 % du territoire, et après ?
Israël contrôle désormais 60 % de la bande de Gaza. C'est 7 % de plus que ce que prévoyait le plan Trump. Et Benjamin Netanyahu veut aller plus loin.
Les blocs de béton continuent d'avancer. Les bâtiments continuent d'être rasés. Les milices continuent de s'entraîner. L'ONU parle de « ligne orange ». Les experts parlent de grignotage. Les Palestiniens, eux, voient leurs terres disparaître.
Voilà où ça se complique. Le cessez-le-feu était censé être une pause. Il est devenu une couverture.
Les vidéos géolocalisées, les images satellite, les communiqués officiels — tout concorde. La stratégie israélienne est documentée. Les preuves sont publiques. Reste une question : jusqu'où ?
Sources :
- Réseaux sociaux (vidéos palestiniennes géolocalisées)
- Images satellite (comparaison octobre 2025 / mars 2025)
- Communiqué officiel de l'armée israélienne (30 janvier)
- Site internet d'Armée de Défense d'Israël (Tsahal)
- Experts cités dans l'enquête (non nommés)
- ONU (terminologie « ligne orange »)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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