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JusticeÉpisode 4/2

Frédéric Sapoti : le meurtre calculé de Christelle Castillon après des années de harcèlement

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-25
Illustration: Frédéric Sapoti : le meurtre calculé de Christelle Castillon après des années de harcèlement
© YouTube

30 ans. Trois décennies derrière les barreaux pour un homme qui en mit six à avouer. La cour d'assises de Montauban vient de clore un dossier macabre. Bâche préparée, serflex dans les poches, cris étouffés — chaque détail accuse Frédéric Sapoti. La famille Castillon, elle, n'avait jamais eu besoin de preuves.

22h51 : le dernier cri

Mars 2009. Toulouse, rue des Saules. Une voix déchire la nuit : "Au secours !' Puis, plus bas : 'Mais que fais-tu ?' Silence."

Le voisin qui appelle les gendarmes ignore qu'il vient d'entendre Christelle Castillon mourir. Les policiers la trouvent effondrée dans sa cuisine, poignardée. La lame a traversé le cœur — 4 cm d'entrée, 10 de profondeur. "Pas un coup porté au hasard", note le légiste. "Le couteau a été remué dans la plaie."

Sapoti, son ex-compagnon, est intercepté une heure plus tard. Dans sa voiture : le téléphone de Christelle. Sur ses mains : son sang. "J'ai tenté de me suicider, elle m'a retenu", bredouille-t-il. Personne n'y croit.

Il faudra cinq ans pour qu'enfin, devant les juges, les mots sortent : "Oui, c'est moi.' Trop tard. 'Il ne sait même pas où est le couteau', crache la mère de Christelle."

La bâche qui accuse

Deux jours avant le meurtre, Christelle ouvre son garage. Une bâche propre, étalée à même le sol. Prête.

"Prête à quoi ?", s'interroge son frère Michel, ancien militaire. La réponse le glace : "A emballer un corps. Rouler, fermer, emporter.' Les analyses le confirmeront — aucun ADN. Nettoyage méticuleux ou gants portés."

Et ces serflex dans la poche de Sapoti ? "Pour réparer ma moto", explique-t-il. Problème : sa moto n'en utilise pas. "C'était pour ligoter Christelle", affirme l'avocat de la famille.

"Je la tuerai"

Les enquêteurs reconstituent le puzzle. Sapoti suivait Christelle après leur rupture. Espionnage. Harcèlement. Sur une vidéo de 2005, on le voit souriant à son anniversaire. Quatre ans plus tard, il la poignarde.

La psychologue consultée par Sapoti livre un détail glaçant : "Il m'a dit mot pour mot : 'Si elle me quitte, je la tue'.' Le diagnostic psychiatrique évoque une cyclothymie. 'Passages de l'euphorie à l'envie de mourir."

Le père de Christelle, lui, n'a pas besoin d'expertise : "C'était calculé. Froid. Il nous a tous manipulés." Le mobile ? Une vengeance pure. Christelle l'avait quitté.

Verdict : 30 ans, 20 de sûreté

Juin 2015. La sentence tombe. Trente ans. Sûreté portée à vingt ans — deux de plus que le minimum.

"Je ne vous demande pas pardon", murmure Sapoti à la famille. Trop peu. "Ce n'est pas un amoureux égaré, c'est un criminel", tonne le frère de Christelle.

L'enquête se poursuit sur certains points. Mais une chose est certaine : Sapoti a désormais du temps. Beaucoup de temps. Christelle, elle, n'en aura plus jamais.

Sources :

  • Procès-verbal d'audience, cour d'assises de Montauban (2015)
  • Dépôt de plainte pour harcèlement, commissariat de Toulouse (2008)
  • Expertise médico-légale du Dr Asenberg
  • Témoignage de la psychologue consultée par F. Sapoti

📰Source :youtube.com

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Épisode 4 · 2026-04-25

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